PREMIERE PARTIE
Lx vice dont j'entreprends aujourd'hui d'exposer les suites funestes; ce vice si universellement répandu sur la terre, et qui desoie avec tant de fureur l'héritage de J. G. ; ce vice dont la' religion
4So VENDREDI DE LA IV SEMAINE.
chrétienne avoit purgé TUnivers , et qui aujourd'hui a préyala sur la religion même , est marqué à certains caractères propres que je trouve tous dans l'histoire des égaremens de Tenfant prodigue.
Premièrement i il n'est point de vice qui éloigne plus le pécbeuif de Dieu ; secondement, il n'est point de yice qui, après l'aToir éloi-* gné deDien , lui laisse moins de ressources pour l'evenir à lui ; troisièmement, il n'est point de vice qui rende le pécheur plus insuppor«« table à lui-même ; enfin , il n'en est point qui le rende plus méprî-» sable aux yeux mêmes des autres hommes. Remarquez, je vous prie, tous ces caractères dans l'histoire du pécheur de notre Evangile*
Le premier caractère du vice dont nous parlons i est de mettra comme un abime entre Dieu et l'ame voluptueuse, et de ne laisser presque plus au pécheur d'espérance de retour* Voilà pourquoi le PrQdiguedeno^re Evangile s'en alla d'abord en un pays fort éloigné, et qui ne laissoit plus rien de commun entre lui et le père de famille : Peregrê pro/ectus est in regionem longinquam. En effet, il semble que dans tous les autres vices , le pécheur tient encore à Dieu par de foibles liens. Il est des vices qui respectent du moins la sainteté du corps et n'en fortifient pas les penchans déréglés : il en est d'antres qui ne répandent pas sur l'esprit de si profondes ténèbres « et qui lais-» éent du moins faire encore quelque Àsagedes lumières de la raison : enfin , il en est qui n'occupent pas le cœur à un tel point , qu'ils lui ôtent absolument le goût de tout ce <)ui pourroit le ramener à Dieu* Mais la passion honteuse, dont je parle, déshonore le corps, éteint la raison, rend insipides toutes les choses du Ciel , et élève un mur de séparation entre Dieu et le pécbeur, qui semble ôter tout espoir de réunion : Peregrè prqfectus est in regianetn longinquanté
Et premièrement, elle déshanore le corps du Chrétien; elle profane le temple de Dieu en nous ; elle fait servir à l'ignominie les mem^* bres de J. C; elle souille une chair nourrie de son corps et de son sang, consacrée par la grâce du baptême; une cbair qui doit recevoir l'immortalité , et être conforme à la ressemblance glorieuse de J. C. ressuscité; une chair qui reposera dans le lieu saint , et dont les cendres attendront sous l'autel de l'Agneau le jour de la révélation , mêlées avec les cendres d^s vierges et des martyrs ; une chair plus sainte que ces temples augustes , où la gloire du Seigneur repose ; plus digne d'être possédée avec honneur et avec respect , que les vases mêmes du Sanctuaire, consacrés par les mystères terribles qu'ils renferment. Or, quelle barrière l'opprobre de ce vice ne met-il pas au retour de Dieu en nous? Un Dieu saint devant qui les esprits «élestes mêmes sont impurs , peut-il assez s'éloigner d'une chair couverte de honte et d'ignominie ? Quand la créature ne seroit que cendre et poussière, la sainteté de Dieu souffriroit toujours de s'abaisser jusqu'à elle : eh I que peut donc se promettre le pécheur qui joint à son néant et à sa bassesse, les indignités d'un corps honteusement déshonoré? Peregrê prqfectus est in regionem longinquam*
En s^dnâ ii«v-, non-seulement ce vice déshonoré le' côrp^, il éteint même dans l'a me toutes ses lurfrïè'rés ^ et !é péchéuif' n'est plus •. capable de-çe/i^réftwon^ salutaire» £|ui^Ainiènei^t so4v«|»t. am»; ame iukdeid. Le prodigue de notice Ëyi^^gil^e ^û^si aveug lé^if r sapai^on ît* ^ne voit ppii^t Je tort qu*il se if^it.fu s'éloignant >de 1^ ^fliaij^on p%ti»r*f) nelle^l'în'g^raU^ude dont il se rend cç^pable,enYe«*s le p^ d0 fian^ille |<^ les dangecs auxquels il s'expo^i^ ejiToalaBJ^étre.le ^fivi arbitre, de aat* destinée ; les biei^s^pcçs jnèniçs q^'il v^le.eh partant^pour.fin pays fort éloigné /sans:, lp.q9n&eil\et«jL*^Yft^: d/ç. celui à q^i il .^levait 4u,moins les sentimens de respect et de déférence, que la nature toote,> seule inspire. Il part , et ne voit pins que par les yeux de sa passion : "
Te^ eatjç caractère de qel;te .patûooTîtifbttnnée : >elletëpaiid*ttn n uage • ép.ais ^s ur la xài^on,; des. h^mùie^ . sages, « Labiies \ , éelahiés- , . perdent ici tout d'un coup toatolflur 'bab^l^té et;t6aiie:leur:sag^ssef. • tous les pcipcipes ^e conduite ftOAt ^flra£;ést'<en on instbntspott sefaiti ~ une nouvelle mani«i:e de pen^çr.i<âùr4iOuics lies 4dée& ooimmiined sent prosG;rit^f;oe ns'e^t;plaa la iumiàr<ftt'le.confté&l, c'est ,iin)pcnbhanto impëlaeux qui 4écide et qui règle tQtttASjles^démaFcbea'ifoo «oblie œ ' qu'oq doit aux autres et ce qu*pn &^ doit>àii$oi^^nièm« ;.«n s'piveuglé sur sa farti;»^ç»:siir son devoir, 9jii:;sai?é|>tt(a(ioili, «sttfisès ihtéréts »• sur les bieq^éances'inémes: do^t 1^^. autres passions iant:8i |ailMlsea;^ et tandis qu'on, 4e, donna en,js^etâQle>att public» lAulto'pffieservoâC pas soi-^m^ipe, ûri s'aveugle '»ur &atforlu«leVet Amnon'petdla vie et . la coaronf^e^poM^ p,'avoir pm ^iocr^iAOR: ipjiiite «ibiilesie. Oh s*a«. veuglesar leidievoir; et remportée .femsEiedeilHitipliarflre'ite'topviicnt plus.qu&^pfepl^ est un esclave,^ elW^^lie sa.naiAAaactt<^>'sa<i[loîfe,* sa fierté.^, e); né voit plus c|ans,ç^ h^bi»». que i'.obJ0ti idq !M paaâioa ; honteuse* Oa s^veugle.sjur-Jif ree0nni6issâncev<^£'^f^^''D^'A plus:, d'yeux \ ni, pour la fidéliléjd'UfriA > Ai pour l'ingratitude dojdt ^1 va se rendre coypabliç, envers un.Ai;fU«.qiii>X^atoii %îré^ iâ'. poussière «. pour le^pL^(^^;fffp)e|r6fk?.de^ JiUdA; 4cput»qn4)SQn:aMraBaii}eMé0 . toutes ses .]tu^\f^evsont éteint«a<«Oa Vaveiigle;s«r icsu|ilrils$(tAt>le» fils du cç^ dç^$;»p^fn9iii^.v;oit«pl|ifkia maison deson.pèreBMpdsée^auxl» justes res^f;^^\PAefl%4^ eQf»n$,;dflfJaccitb) il enlève Dtoa; tk «etoôit. plus jque |SA pj^sfpQ. On s'jivefig)^ sinr-les .faienséance^;,v^4«S)dtiiXt » vieillards deSusannenesont ptits:tQUcbév., ni dela.ds^ifcë d«>leiftB]*^ âge f.nl detlag^avité,4e leur^qf^âM^tèpef ni du rang ^u^s^fiiiénncaM «ii , Israël. ;. emportés p^ff'leur.jdf^^i^rfibjle Icagilîté, ilf n!èR:«dmioiaseni' . plus ^.'indéoçpc^, ,^t pè roagisi^nt pas. de leur c<mfuaioa même.. On. . s'aveugle ;mr l,e^dî^conr5 publips^'^HérodiasRe covgitiplns d'avoir', tout un rp^anpie pour (émoii^.de sahoi^te.et de sa faiblesse: £nfiny on s'aveugle sur Ifiiidigniié i^énke de l!objet: qui nous captive; ett Samson*, ifaJg^^ jjç^p^rieiiçe déjà jfaUe deJa perfidie^-de Dalila, tiei . laisse pas de.lt^i confier encore son seiuret et ssl leadrësiei G'estainsi^ ô mou Pie\i !, que vous punissez leis pa6sioiis.de Webair parJesté- > nébres de l'esprit ; que votre lumière ne luit plus sur les âmes aduH Massillon, toux i« "^i
4Ça VENDaEDl I>E |.> H^ SEMAINE.
t^res et çorcompties, et que l^ur cop.ufr iasçiu^ ^lo^^cilrdl ; Jferqp^
pnfecm, e/U in re^onem longiffq^^'^'
Enfin , cetre déplorable passif met dans le cœur un dégoût in- TÎncible pour les choses da Ciel: otfi n>st plus foncbé ^e rieli. Lassé de ses proprés itiTsères,* onToudroiï bien que!q[tièfoîs revenir àliieu , et totit I16US en éloigne; et le cVéùt' tout entier se révolte contre nous méme^; i^tun'dégoAt affreux' nous saisit, eï nous lie à nos propres 'foibléssés^ et le'cœnt^ à'ecbtitnmé a ne pltls sentir que des -nlaisirs vife îtft injures , languit , et ne" trouve en lui aucun seiitiment pour la piété. '"'
Bien plus, tout ce qui ^'^|;,^/f9#i^ilép9C>lQ.C^«at^^CMitenx de la volupté, n'Intéresse plus. Les devoirs mêmes de la société , les fonctions d^^uitfé charge , \e\ Bien^éânceii d'tine dignité \ les soin» doluesttqoesy teut lasse, tout deif4efit Insipide,' hors là pàësion. $àltasar n^es't.'plus aippUSk^ué au gpuVertiëtriènt de ses 'p'éiiples ', et ne sait pas même que L^ennemi, déjà à laf^tte de sa tapitafe, va hii enlever le lendemain la Vie et la -cou^onh'e. Salonion est plus attentif à bltir des temples prô&nesaux dieuM-des femmes étràngfères , qu*à soulager sou peiifde cpie^ss^iprofus/iohs font gémir sou^' le pot^des ' charges publiques. Les: enfiins' Â'Héli négligeilt leis fonctions du sacerdoce: La* femme detBabyloue,- toute plongée daM leà'dîélices', dit dans sea cœur "T Je ne ve^x phis-^e^me feit^eadèrer'; il n'y aura plus ni soinij ni' embarras < ni cbtfgilns 'qui n'ocèu périt 'f'i^ffep re^ gina yé,»et Inetam'non vi4eiKy{^J^)?ôû."i'Si 7.). La féiMnc dont il est parlé dbns les^^nyverbes', n^P^i^'^ Souffrir darré I'*êtiée3iitë'd'une famille;- iesérieax'd^Uif-domesttqùe lui devient* insupportable : N'eu 'vaiens m dfVHa^^fisUîere péétha^'suit(^ Ptov: *) ; îi). Delà oh se fait des oocupètituis qui toutef lie'tehdeUt ^n*èf àéiiVf'îr'là'vdlupté, <lcs-spectacléyf/ipoihnes, des^ltfOlUK^à )fi^rnicieusë9r;''-^#'liarmonies lascives, îles peintures obscènes. 'HémdeW ttV>énrep7â^s 'dé' plaisirs quedanslevdâbféset dans lesIfesfing.iSàliiUonihtilHpH'eies concerts, et, son palais mt»i(ât<xl»'tonte$ 'patuiéi dahli de' YôMpié et 'dé réîoiii4tBneé.M{inaàsèa met dansle teînple'méihe d^ Seigneuf feS ifnages d» ves'infafues^plQisirs; C*est 4eeara(Aè<e ^é 6é\ t6'{>a'^i^on ; de remplir le cœur t«at' entier l 'on ne^peut'ptus-s'èccilpRPt'^iiê d'elle; on en esi'po^séd^, 'eniirré; 6k la retroiiT^ pat^-rotii*; ibéï 'éii fetràcè les funestes iffci«gek),aiout «n réveille les' injustes désii%'; le monde-, la solttoée^ 1» préseacer ^'éloignement , l«s dbjetS'léS'pfhi indifféiréns , ]e4 occupations iés plus sérieusesVl^^^P^^'^^i^t^vi^méme^ les aut«4s sacrés, les'mystères terri blés :ehrai>pH1éntie'éc>u venir; et tout dsvient impur, comme dit rApètre^^ celiiiqy lest déjà 'impur lui-
ménM : Pifregrè^prqfectùs eH ùi rFf>ionipni^io»^injïkùfh:fi¥gàrâez derrière, vous , ame infidèle '^ rappeler ci*s >prèm?ers!sl^fitinién's'dé pudeur el^de vertu- arvec lesquels vous Met née, et ràjez tour lé rhetoin que votfs avez iifit danl la voie de rihiquit^^, depuis le j^r fatal que cevice honteux^^ouHla' yi^re^eo^uri et cotiibiéà de£»ciis vous vocfs