POUR LA FÊTE DE TOUS LES SAINTS
SUR LE BONfiEtJR DES JUSTES.
lieati qui logeât , quooiam ipsi è6nso1*bttntnr.
Bienhettireux ceux ^ui pleurent, parce qu'ils seront consolés^ Matti<. 5; S.
Sir
Si le liionde parloit ici k la placé dé Jëj^us-Cliridt , sans doute il ne tîendroit pas à Votre Majesté le même langage*
Heureux le î^riilcé, vous diroit-il , qui n'a jamais combattu que pour vaincre; qui n*a vu tant de Puissances armées contre lui, que pour leur donner une paix plus glorieuse ; et qui â toujours été plus grand ou que le péril ou que la victoire I
Heureux le Prince , qui durant le cours d'un règne long et florissant jouit à loisir des fruits de sa gloire , de Tamour de ses peuples, derestiiûe de tes ennemis , de radjuiraûon d^TUnivers, de TaTan*
^ LA TOUSSAINT
tage dis ses conquêtes ^ de la magnificence de ses onvrages ^ de la si gesse de ses lois , de Tespérance auguste d'une nombreuse posterai et qui n'a plus rien à désirer que de conseryer long- temps ce qu possède !
Ainsi parleroit le monde; mais, Siae , J. C. ne parle pas comn )e monde.
Heureux, vous dit-il, non celui qui fait l'admiration de son siècl mais celui qui fait sa principale occupation du siècle à, venir , et q vit danslemépris de soi-même, et de toutcequi passe; parce que royaume du ciel est à lui : BeaU pauperes spirUu , quoniam ipsoru est regnum cœlorum (JUatth, 5 ; 3)1
Heureux . non celui dant l'histoire va immortaliser le règne et I actions dans le souvenir des hommes, mais celui dont les larm* auront effacé l'histoire de ses péchés, du souvenir de Dieu mêm parce qu*il sera éternellement oonsolé} Beau qui iugent, quonia ipsi comolabuntur {Matth, 5 ; 5) !
Henreux, non celui qui aura étendu par de nouvelles conquét les bornes de son empire , mais celui qui aura su renfermer ses dési et ses passions dans les bornes de la loi de Dieu ; parce qu'il po sédera une terre plus durable que l'empire de l'Univers : Beati mite quoniam ipsi possideBunt terrqm (^Matih. 5 ; 4} •
Heureux , non celui qui, élevé par la voix des peuples au-dessi de tous les Princes qui l'ont précédé, jouit à loisir de sa grandeur de sa gloire, mais celui qui, ne trouvant rien, sur le trâne mêm digne de son cœur , ne cherche de parfait bonheur ici-bas que dai la vertu et dans la justice; parce qu'il sera raisasié : Beati qui es^ riunt et sitiuntj'ustitiam ^ quoniam ipsi saturabuntur {^Matth. 5 ; 6
Heureux, non celui a qui les hommes ont donné les titres glorici de grand et d'invincible, mais celui à qui les malheureux donnero devant J. C. le titre de père et de miséricordieux ; parce qu'il se traité avec miséricorde : Beati miséricordes , quoniam ipsi misei cordiamconsequentur {Matth, b'^'f).
Heureux enfin, non celui qui, toujours arbitre de la destinée j ses ennemis , a donné plus d'une fois la paix à la terre, ?nais celui a pu se la donner à soi-même, et bannir de son cœur les vices et affections déréglées qui en troublent la tranquillité ; parcequ'il appelé e^ifant de Bien : Beati pacifici ^ quoniamfiUi hei vQçuhu {Matth, 5; 9)!
Voilà, SiaE, ceux que J. €• appelle henreiix : et l'Evangile^l
V connoU point d'autre bonheur sur la terre que la vertu et Tinl
cence. 1
Grand Dieu ! ce n'est donc pas cette longue suite de prospéru inouïes dont vous avez favorisé la gloire dé son règne , qui peu^ rendre le plus heureux des Rois ; c'est par là qu'il, est grand , xA ce n*est pas par là qu'il est heureux. Sa piété a commencé sa fl cité. Tout ce qui ne sanctifie pas l'homme ne sauroit faire le bonhl
BONBEtllL bE* JUSTES. 3
(le rhomine. Tout ce qiii nt vous met pas dans un cmnt,' 6 mon Bieo , n'y met ou que de faux biens qui. Je laîssektt vide^ on qae des msL%uL réels ^ui î/e rempUsaem d'inquiétude; et j|^i^ consçiencç puxé esL la source unique des if raïs pkisirs.
C'est à cette térîté , Mi F. , que l'Eçlîse bbfne aujourd'hui tout le fruit de la soleniiité qu'elle lious propose. Comme Terreur où ï'oô est dans ie monde, que^ là vie des Saints a été triste et désagréable ^ est an des pHncipatik arfifices dont le tnotide se sert poui* nous empêcher de les imiter, l*Ep;Iise, en renouvelant aujourd'hui leor mémoire, nous fait souvenir en méme-tém]1s : que non -seulement ifï j<nutssent d'une félicité immortelle d^rti le cief/mais encore qu'ils ont été les seuls htenreux dfe là terre, Beati, etc. ; et que celui qui f^orie l'iniquité dans son* ^ëin, y ]Sorte toujours le tronble .et la frayeur; et que-là dewinéèdes géfis de bfrii est mille fois plus doudê et plus tranquille', eti c^'mdlide même ^'que celle des pécheurs: '"
Mais en quoi consiste le bontieu'r'des Justes en celte vie? y covisiste premièrement dans fa manifestadon de là Vérité cachée à\\x sages du monde , séCondemetit dans le goût de la charité tefusé aux amateuti( du monde : daiis Tes lumières de Ta foi qui adoucissent toutes les peines de l'aroe fidèle , et qui rendant celles du pécheur plii^ àmères , c'est mon premier point ; dans Ijès douceurs de la grâce , qui calment tontes les passions , et (|ul > refusées à un cœur corrompu ^ le laissent en proie à lui-même ^ c'est le dernier. Développons ces deux vérités si propres h rehdre la Vertu aimable, et les exemples des Saints utiles. Mais 4 avant de comihen6ér, îiuplorons le secoure de l'EspHt'Saint par l'intercession de Marie. Ave , Maria ^