‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 50 sur 131 · L'EPIPHANIE · texte numérisé non relu

L'EPIPHANIE

ni té des biens qu'elles poursuivent ; sur la grandeur des espérances qu'elles sacrifient, et sur Tindignité delà vie iju'elles mènent. Mais hélas ! leurs yeux ne s'ouvrent à la lumière, que pour se refermer à l'instant , et tout le fruit qu'elles retirent de la vérité qui se montre et qui les éclaire , c'est d'ajouter au malheur de l'avoir jusqaes-là ignorée , le crime de l'avoir ensuite inutilement connue*

Les uns se bornent à raisonner sur la lumière qui les frappe , et font de la vérité, un sujet de contention et de vaine Philosophie : les autres y pas encore d'accord avec eux-mêmes souhaitent, ce semble de la connottre ; mais ils ne la cherchent pas comme il faut , parce qu*au fond ils seroient fâchés de l'avoir trouvée; enfin ^ quelques-uns plus dociles , se laissent ébranler par son évidence ; mais rebutés par les difficultés'et les violences qu'elle leur offre , ils ne lareçoivent pas avec cette joie et cette reconnoissance qu'elle inspire , quand une fois on l'a connue. Et voilà les écueils que nous apprennent aujourd'hui à éviter , les dispositions des Sages décrient , envers la lumière du ciel , qui yient leur montrer des routes nouvelles.

Accoutumés , par une profession publique de sagesse et de philosophie, à tout rappeler au jugement d'une vaine raison, et à se mettre au-dessus des préjugés populaires, ils ne s'arrêtent pas cependant, avant que de se mettre en chemin sur la foi de la lumière céleste, à examiner si l'apparition de ce nouvel astre ne pouvoit pas trouver ses causes dans la nature ; ils n'assemblent pas de tous les endroits, des hommes habiles pour raisonner sur un événement si inoui ; ils ne perdent pas le temps en de vaines difficultés , qui naissent plus d'ordinaire de l'opposition qu'on a pour la vérité , que d'une envie sincère de s'éclaircir et de la connoilre. Instruits par la tradition de leurs pères , que les Israélites captifs avoient autrefois apportée eu Orient, et que Daniel et tant d'autres Prophètes y avoient annoncé suv l'étoile de Jacob qui devoit un jour paroitre , ils comprennent d'abord qu'il ne faut point mêl^ à la lumière céleste, les vaines réflexions de l'esprit humain ; que ce que le ciel leur montre de clarté suffit pour les déterminer et pour les conduire ; que ta grâce laisse toujours des obscurités dans les voies eu elle nous appelle ^ pour ne pas ôter à la foi le mérite de sa soumission ; et que lorsqu'on est assez heureux pour entrevoir une seule lueur de vérité , la droiture du cœur doit suppléer ce qui'manque à l'évidence de la kL^mière : yidimus , et venimus.

Cependant combien d'ames dans le monde flottantes sur la foi , ou plutôt asservies par des passions qui leur rendent douteuse la vérité qui les condamne: combien d'ames ainsi flottantes voient bien qu'au fond la religion de nos pères a des caractères de véri|é que la raison la plus emportée et la plus fière n'oséroit lui disputer; que l'incrédulité mène trop loin ; qu'après tout , ^l faut s'en Xtniv k quelque chose ; et que ne rien croire est un parti encore plus incompréhensible à la raison, (^eles mystères qui la révoltent ; qui le voient, et qui s'efforcent d'endormir, par des disputes sans fio^ le ver de la

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tonscUnCc , q(iii l«ur reproche sans cesfée leur égarement et leutMîè ; rfui, smi» pr^tc«te dwy'éoiaîrcir, résistent à lavéfiTé<pii sernotttre ati foiéd èe IJeÙPcdéuÉ'; (fixî n^ t&tts^héM tfaê pour fàn^&it are dire ànit.iti^mes', cfù'mn*0ftiititTi!S(^héà}hiixri dtftné'sy qtit fièir*édr«ss'«nt aux picrs Hdbiler^ qtfe potif ^ f^itê nu tfôùVeau tttot J!f d*if»«^^ult^ de s'y ôtre.en- vaip,a<tre6sés ? Il seipble (|ae la religion neaokpltis que pour le discqur»; ce n*ê8( plus.qette affaire sériei^se, 'ojd n^o.ti.s. n'avohik pa% i^n; ipoiii^nt à perdra;! Q*est une simple niatière d*^fi-. tretieii, ftomioe «autrefpig dao.s l*Aré<»pa^ ; c'est un délas^^ii^eiit de l'oisiv^t^;. <;'e«t une de ces qi^srions-M}¥iiiie$^ qui remplissant le vide des cpnlKer§|itii^ns*«- et s^tttienupm l'ennui et la ^aaité dea.

Msis^iM^iPi^^ierégnedeDiau.ne vieini p^tis avec ^iservaticf^ if'Ui^^ 1 7 'r ao ). La vérité. bV»C pas le.fruU des conteniîon$ et dfss ^piues-, , luaisdes^ro^es e|< des soupirs i ce n>st qu'êu purifiant liotr^^osur â9i|:S lesileneeiçt dans la prière, qu!il fan t. «attendre « cp^m^^lc^ Stages^. la lumière-du câ^',. ett.se rend i*e ,4 fgn^ de la dmerihfr «t-dç'l^ connoître» Vn .cœuir cpr^Qmpp^f di| & ^Aogwstit>^ pe»^ fy(|tii:Ja.»v4rité ; . niais il ne saurbit la goûter, ni la trouT^r |»imabli9v %Ov^mt% beau. vous ^claifçlif) ^ty.ori^s instruire ^\o/iifipi^i;e$S9i)t dai^s jqs. f^ssioo^: la religion devi^^ndfn çl^li^ , dç^.gi^e ypus> ^jB^ezdeye/iyi; dbia3(e ,, içni-. pcranl,, éc[)^It^biç; ,e^ -vous aurefif {f^ foiii (dè$ qnie y^j^s. Y'ajiir.e^plus de vice. Ajai^i^ n^ajez.plps^'V^^Açrjêtjjqju^i la.rei^gip^fpit £aji^Sje,,et vous la tjrpuyçjrci^iincputesiabie :.ne haUse^ plusse^ maa^meSy et you^ ne coni€si^re^ plus ;se^ mjiikit^xJ^n/^iiKere.yeritafi, sQr4i4w anmtus non notent.. . ..... /.,., .. „,. .., . , ., ■ •..^. ..: . •

Au^UJîlij^JDJiriQGme;, d^jà cqnyain/c^ die lay^nté die.l/JEyau^ile^ irouyoit;eiiifpç^."4'^ns lla^^^^

xilésqui l'arrétdienl. Ce n'étoientpliis les songes des Manichéens qui rétoigribicHt'dë'la^rot ; tT ^^'séntbi6riaJ^hMak ^'î^ rki^Hiiiây^xe n ëtolént tJlliS î^> èorj^ti'âVlîfcfiyin^' t^îréWWdli^t^ ihfèVlivi^» êàVhU ,- Ambtoise liii* eh aVoît dé'^èlô^pé'WIii^Hît'ct'lrir myrt^rétf^MïaV&fblesL Cepeiidrfnt'irdoiltttît éfacbi*è: Ws^^méfëMië e|b'fl faffRriï- téttbheët* à^ ses pàtfsitD^è^I^ieàséyv ett d^Vè^i^V dî^fè^â» Bâ'r<^|'î;i?fil fléAdom* encore' iu'rfpé«('ê. H ^iitdfîV édUlfeîf ë J 'ëtt' ^jUW îà dWctrtaè^^ J^i (ti m • été ufite iri^slitii^^ ëk <^>îîc'ii'éai t5àé'V*bn%iitttik\?ll3'Vbï^^ lesquel!^ k'nte^Volt coWp^bdk'è^ <i|iï^6i'pWft l*V^a^dH'è^^ë«•â^ hearébs'é/MiWf/flbft^irt lohiollW;'eif'hëA^rtrfiït*pA>éli*e»fi«^ ^ 'éttkv.i sultaht sWis'éfe^^Ve^ éWÎgnaWt d'ëer'é•ééftife^*sains^c^»^è:V^^^ eudmiVâtéii^'d'J^nflSfdise', e^ tèUjétii^si^fï^pâ^l^ ttièdrliifbdétf'd^uh^ cœur qbifQjrt^îrfVMtés ntVàïi^diVsa cfiàAie,' èèbfrtrè liaMui-lnf ttîë . craigiiaiil d^ën^WédéRVî^'- irprotyosb-ii^ebcore des dbiit^/i^BuV'prcy.*' longer sd?'^W»fôrik • 11 ^otilbît efnWdrt'êfi'è éWàîrèi', 'parte *(iti'tféfbV * gnoitdë P«frV t¥6f)»: y/ri^é'^ôW ttifeWiHi'/ii^^frtWr, sdînûràMs'i^Âùg: iri Con/.y; è¥ jilbs^ <fr^fcîafve€fe* ^ l^Nàsiëtf àxA àë 'i^ étVeMri; îF i»é» l'èV jetoit la vè^ft»; 4tfi''sfe'îbbh<t^É^riW'i* ^tt^'pi^ce (^u'ïl'fô^rëgaVdoiê comme uA'è'iilaYh viétbrîense, quî^rêndft'etfffii'^t'àfmp^^ clèt lîlêHs^4yi'iT aimoit eiiéùrti^MfpfUehs'verba benè suadeniis , tânquath Ptiàrtunt* MassiUon, tome i. 12

,7» L'ÉPIPHiLNIE ^

êolvends» La himière du cîel ne trouve donc aiqosrd*lini poîfit de doates à dissiper dan», l'esprit des Mages, parce qu^elle ne trouve point dans leur cœur de passions à combattre; et ils méritent dede- Tenii^ les piiémices des gentils , et les premiers disciples de la foi qui d^oit soumet ti^e toutes les ,na tîons à TËTangile : Fidimus , et venimus-.

Ce n'est pas qu*il ne faille souvent ajouter à la lumière qui nous éclaire 9 le suffrage de ceux qui sont établis pour discerner si c'iest le bou esprit qui nous poussé: Tilluston est si semblable à laTérité, qu'il est malafaé quelquefois de ue pas s'j méprendre. Aussi les IMages 9 pour miteux s'assurer' de la vérité du prodige qui \e^ conduit, viennent droit à Jérusalem; ils consultent les prêtres et les docteurs, les seuls qui peuvent leur découvrir la vérité qu'ils cher"cbent; ils demandent unitilënt et sans détour, au milieu de cette grande ville : où est le Roi des Juifs nouvellement né? Uhi est qui rtatus tit itea; Judœoritm? Ils né prbposent pas leur question avec des adbuêissemens capables de' leur attirer une réponse qui les séduise ; ils véulelit être édaircis ; ils ne veulent pas être flattés ; ûs cherclieibt la -tétité sincèrement; et c'est pour cela qu'ils la trouvant : ,&&ie^/^iii' n<zftfi e^fy etc.

IHotivelle dîspositioti assêss rare parmi les Fidèles. Hélas ! nous ne trouvons pas la vérité, pàr<5é'q6é noosne la cfaerdhons pas avec un cœur droit et sincère. ]^ous répandons sur tous les pas que nous faisons pour la trouver , des imagés qui nous la foiît perdre de vue: nous consultons, mais noiis mettons "nos passions dans un jour si favorable; nous les exposons avec dés couleurs si adbucies, et si semblables à la vérité, que nous nous faisons répondre que c'est elle : nous ne voulons pas être instruits , ii6us voulons être trbmpés , et ajouter à la passion qui nous captive , une autorité i^ui nous callme,

Tel}e est l'illusâon de la. plupart ^es hommes ^ et de pei^x mêmes souvent qui, touchés de Dieu, sont revenus des cgaremens djs.la vie m<>ndaine^ Oui, 9^. F^ ,. quelque sincère que «paroisse d'ailleurs notre conversion , si nous ]:eiitren$ en nous-mêmes , pou^ verrons qu'il ^st toujours en nous quelque point , quelque attachement secret et ppv^égié, sur leq|ife( nops ne sommes pas f^e l^p^ne foi , sur lequel npus nJio^rui|ims jamai^ gp'à demi le guide d^ notrfe conscience^ sur lequel nous ne ch^cho^s pas sincèreinent la. vérité; sur leqi^el y en un mot , nous sérions mêmç fâchés de l'avoir trouvée : et delà les foiblesses des gens diç.bien fournissent. tous les jours tant de tcaits à la dérision des mondain»; delà nous attirons tous les jours à la vertu 4cs reproches et des censures, qui ne déviaient retomber que sur nous«mêmes. Cependant^ à nous entendre^ nous aimons la vérité » nous voulons qu'on nous la £asse connoitre* Mais, line preuve que ce n'est là .qu'ion vain discours , c'est que sur tout ce qui regarde cette passion .chérie, que nous avons comme sauvée du débris de toutes les autres , tous ceux qui dous ^vironnent gardent uapitofond silence; nos an^is se taisent, nos supérieurs sont obligés d'user de ménagement y nos inférieurs sont en garde et prennent des

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ptédantiotts Cominuetllei ; on ne bous en parle qu*avec deà adoucis* semeus qai tirent nn yoile sur notre plaie ; nous sommes presque les seuls* à ignorer notre misère v tout le monde la voit , et personne n*oseroit nous la faire voir à nons'-méme»: on sent bien que nous ne cherchons pas larërité de bonne foi , et que la main qui nous décoa«' Triroit notre plaie , loin de nous guérir , ne rëussiroit qti'à nous faireune plaic' nouvelle.

David necoonnt etnerespeota la sainteté deNathan^ qtiedepnis sur** tout que ce Prophète lui eût parlé sincèrement sur le scandale de«acon* daîte. Dèa ce jour il le regarda jusqu'à la fin comme son iil)^teur et comme son père: et auprès do nous on perd tout son mérite^ dêa qa*on nous a faitoonnoître à nous-mêmes. Auparavant on étoit éclairé, prudent , charitable; on avoit tous les talens propres à s*at* tirer Testiroe et la confiance; les Jean- Baptiste étoîent écoutés avec plaisir , comme autrefois d*un roi incestueux ; mais depuis qu'on nous a parlé sans feinte, mais depuis qu'on nous a dit : // ne vous est pas permis ( Matth, 14 ; 4 ) 9 on est déchu dans notre esprit de toutes cea grandes • qualités ; Le sèle n*est plus qu'une humeur; la charité^ qu'une ostentation, ou noe envie de tout censurer et de tout contredire; la piété, qu'une imprudence ou une illusion, dont on couvre son orgueil ; la vérité, qu'un fantôme qu'on prend pour elle. Ainsi» souvent convaincus en secret de l'injustice de nos passions, nous voudrions que les autres en fussent les approbateurs : forcés par le témoignageîatérieur delavéritéde nous les reprocher à nous-mêmes^ nous ne ponvens souffrir qu'on nous les reproche; nous sommesblessés *<fue les autres se joignent à nous contre nous-mêmes. Semblables à Saiil , nous* exigeons que les Samuel approuvent en publicoe que noua condamnons en secret ; et , par une corruption de cceur , ' pire pent*étre que nos passions elles-mêmes , ne pouvant éteindre la Térilé au fond de notre cœur < nons voudrions l'éteindre dans le cœur de tous cent qui nous approchent. J'avois donc raison de dire que nous nous faisons tous honneur d'aimer la vérité, mais que peu la cherchent avec un cœur droit et sincère , comme les Mases*

Aussi, le peu d'attention qu'ils font aux difficultés qui sembloient ks détourner de cette recherche , est une nouvelle pretive qu'elle étoit liticère et de bonne foi. Car, M. F. j quelle singularité ne présentoit pas d'abord à leur esprit là démarche extraordinaire que la grâce leur propose? Seuls ^u milieu de leur nation, parmi tant, de sages et de savans ^ sans égard à leurs amis et à leurs proches , malgré les discours et les dérisions publiques, tandis que toui le reste, Ott ^ méprise cette étoile miraculeuse, ou eh regarde l'observation , et le dessein de ces trois Sages , comme un dessein insens/^ et une foi* blesse populaire, indigne de leur esprit et de leurs lumières, seuls ils tedéclarent contre le sentiment commun ; seuls ils suivent le nouveau guide que le Ciel leur montre ; seuls ils abandonnent leur patrie et leurs enfans, et ne comptent pour rien une singularité dont la lu-* nière céiêsie leur découvre la nécessité et la sagesse: Tidimus^et venimus»

i8o. L'EPIPHANIE

Dernière instraction : Ce qui fait, M. F. , que la vépîté se monfre presque totyour^ ioutilcntent » nous, c'est que non» n'en jojg;eons pas par les lumières qli'alle laisse d«Q» notre ame, in«i» par L'impres* sion qu'elle fait sqr le re^Ue desi liomoies an. milien dêsqaeia nous -vivons'; nous ue oonsultoos pas la vérité dans n#lffe eotnr^ MMfes oe GonsttUoj^ft qiie l'idée qiu'en oivt.lesauiresi. Ai«ai, en^vaini mille fois la himièredu ciel nous trouble , nous éclaire sur kis>^KMea<|aencnia< devrions suiv^r^; le premier coup d'tœtl que novsJBtona ensuite sur Texem^e d^s autres hommes-qui vivent comme noniif noaa-raasnre, et répant^n nouveau nuage aur notre cceoç. Dan* oea momens heu» reux , où nous ne consultons la vérité qne dans notce pref>ve oonscience, nous npus condamnons; nops tremblonsvsnr raveniv; nous* nous proposons une nouvelle vie. Un moment: aprèsysentrés dans le ' inonde, et ue consultant plus que l'exemple comsAun y nciiis nons justifions ; nous nous rendons lafausse paix que noaa^adrioMa'perdne; nous nous défions de la vérité que l'exemple oomanin -contredit; pous la retenons dans, l'injustice ; nous ]m sacrifions k l'errenr et à l'opinion pQUi<|ue, elle nous devient suspecte^ parse qu'elle- nons choisit tout seuls pour noua favoriser de sa lunùère, ette'eat la^aingularité même de son bienfait qui nous rend ingrats etr^bdleSteNoua ne saurions comprendre que travailler a son aalnt<, c'estseâiatînguer du reste des hommes; c'est vivre seul an miliea detUtimultitiide; c'est être tout s^nl de son parti , au milieu d'nn moqde^. ou <pii nouacondamne, ou qui- nous méprise; c'est, eo/immot^ décompter pour rien les estemples , et n'étre^oufihé que des devoirsi KavsinesavM'ioaa comprendre que se perdre, c'est viv^re comme le» avirea;. c'est se cpnfbmner, à lamultitude ; o'eatnese dâstingner sur ammdjtnsiè monde.; c'est ne former plus qu'un même cerps«et unmémeinHmde>aviee'lttr, puisque le monde est déjà jugé^; queoesiioe.ooiips de'l'Mtet^^hrist» qjai périra avec son phef et ses* membres-; cette cité erranneUo fi^appée de malédiction ) et condaiBfiée. àiun anaithèmoiétornei.

Oui, Mi F',, le plus gratid obkacle que la grâce et ïà vérité trou- Tent dans nos cœurs, c'est rdpînipn publique. Combien d'ames timides n'osent' prendre le bon parti, parce que le monde, auquel elles sont eii spectacle , ne seroit.pàs pour elles! Ainsi ce roi d'Assyrie n'osoit se déclarer pbut le Ûieu dé I^'aniel^ parce que les Granils de~sa cour auroient conÂ^àmné sa démarche. Combien d*ames fbibles, qui, dégoûtées dés plaisirs , ne. cooréift après eux que par ^XLfi faux honneur, et pour ne pas se distinguer die celles qui leur en montrent -l'exemple? Ainsi, Aaron, au milieu des Israélites ^ danloit autour ^u veau d'or, et ofTroit avec eux de l'encens à l'idble qu'il détestoit , parce qu'il n'avoit pas la force de résister tout seul à l'erreur publique. Insensés que nous sommes ! c'est Texemple public tout seul qui nous rassure contre la vérité, comme si les Hommes étoieut notre vérité, ou que ce f&t snr.la terre, et non pas dans le cîe] j comme les Mages, que nous dussions chercher là règle et la lumière qui doit nous conduire.

Il est v^ai que souvent ce n'est pas le respect humain qui éteint la

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Térité dans nôtre cœur, inais les peines et les violences quelle nous of&e : a«ssi «lie nous attriste oanme ce Jeune faonme de TErangile , et Bans ne la reeevaMS pas ayec celle )oie q«e témoigoè^irt les Mages q^wmd ik rerârem r«toile miraculease : f^i^iéntes séeltûnt , gopùisunt gofuié» magrto vtpldè ( Mtmh^ aS ; lo )• lis avaient vu la magnificence (lelérnsale»9 la pompe de ses édifices, la majesté de son Temple, Téclat et iafrandenr de la conr d'Hérode ; «nais l'Evangile ne remarque pas qa'iis eussent été sensibles à ce vain spectacle des pompes huinaines. Ils 'voient tona ces grands objets delà cupidité, sans attention, saiia plaisir, sans goàt, sans ancune marque extérieure d'admiration et de surprise; ils ne demandent- pas à voir leiTlrésors et les richesses du Temple, comme ces Envoyés de Babylone le demandèrent autrefois à Eaéchias : uniquement occupés de la lumière du del, qpH s'éieit montrée à«iix^ ils -n'ont plus d'yeux )>onr loat.ce qui safkaasedana le monde ; sensibles à Ul seule vémé , qui les a édairés, toat le resta leur est indifi'érsjit'Ott k cfiarge; et leur coeur, dés-» abusé de tout , ne trouve plus que la vérité qui les réjouisse , qui les intéresse^ et qui les conaole: Videtiti'S sJieUktn , ^Mvisi sunt^udio magno valdè.

Bonr nous 9 M. F., |»eut~étre que les premiers rayona de Térité « que la bonté de Dieu versa dans aotr« e«^r, excitèrent en nous une joie sensible. Le projet d'une nouvelle vie 9 qiie noms lormàmes d'abord ; la nouveauté des lumières qui nous éclairoient , et sur les* quelles nous n'avions pas enpore ouvert les yeux , la lassitude même et le dégoût des passions, dont notre cœur ne sentoit plus que les amertumes et les peines ; la nouveauté des occupations , que nous nons proposions dans un changement : tout cela nous offroit des images agréables; car la nouveauté toute seule plai(. Mais ce pe fut là qu'une foie d'un moment, comme dit l'EvangUe: ^ahorame:ipui0 tare in ittceejtis(^/oan, 5; 35). A mesure que la vérité se montroifc de plus près , 'i;I le nons parut, comme à Augustin encore pécheur^ moins aimable et moins riante : Quanta propiùsadmovebatur^ tantà amplîorhm ihcutiebat terrqrem ( 5. ^ug, in Co'nf. ). Quand après ca premier coup d'œil nous eûmes examiné a loisir et en détail JLes da^ voirs qu'elle ilôps pr^escrivoit; les séparations douloureuses, dont elle nons alloit faire une loi; la retraite , la prière, I^f.,maçjératJ4>i|j^^ les violences , qu*elle nons roontroit comme indispeçspl^le^; la via sérieuse, acéupée, intérieure, où ellenous alloit engager : ah! dès- lprs> comme ce'Jeuiie homme de l'Evangile, nous commençâmes k noua éloigner d'elle tristes et inquiets'; toutes nos passions lui opposèrepl^ de nouve^iik obstacles ; tout s'offrit à nous sous des ims^esipgp^iriçf et nottveflies *, et ce qui d'abord nous avoit paru si attifâ^t^ ffPPi^P* ché de p?(is'pt*ès, tie nous parut plus qu'un objet af/^rcu^x., pne "woîf rude, effrayante et 'impraticable à la foiblesse humaine: Adhoram exuiutteênimûet^'tUé ' ' *"'

Ok àGnt*ltti amas' qui, comme les Mages, après avoir cbhnti la vérité, ne Veulent plus voir qu'elle; n'ont plus d'yeux p«ni*re riionde, pour la ^Ide de ses plaisirs , et û vanité de ses pompès'et da Veft

ïSa L'ÉPIPHAWlE

spectacles; ne ïrouTent dejoie qu*à s'occuper de la ▼ërilë , qa*àfaif« de la vérité la ressource de toutes leurs peines , raiguillon de leur paresse y le secours de leurs tentations, les plus chastes déliées d« leur ame ? Et certes , M. F. , que le monde , que ses plaisirs, que ses espérances 9 que ses grandeurs paroissent vaines , puériles, dégoûtantes, à une ame qui tous a connu > à mon Dieu! et qui a connu la Térité de vos promesses éternelles ; à une ame qui sent que tout ce qui n'est pas vous , n'est pas digne d'elle , et qui ne regarde la teri'e que comme la patrie de ceux qui doivent périr éternellement ! Riea ne peut la consoler, que ce qui lui montre les biens véritables; rien ne lui paroît digne de ses regards, que ce qui doit demeurer éler-^ neliement ; rien ne sauroit plus lui plaire , que ce qui doit plaire toujours ; rien n'est plus capable de l'attacher, que ce qu'elle ne doit plus perdre; et tous les vains objets de la vanité ne sont plus pour elle, ou que les embarras de sa piété, ou que de tristes monnmens qui lui rappellent le souvenir de ses crimes : Fidentes siellam , gawisuntgaudio maffno valdè*

Voilà la vérité reçue dans les Mages avec soumission , avec sincérité, avec joie; voyons dans la conduite des Prêtres, la vérité dissimulée : et après nous être instruits de l'usage que nous devons faire de la vérité par rapport à nous , apprenons ce que nous lui devons par rapport aux autres.

SECONDE PARTIE

liE premier devoir que la loi de la charité envers nos frères exige de nous , est le devoir de vérité. IVous ne devons pas 9 tous les hommes des soins , des prévenances , des empressemens ; nou$ leur devons à tous la vérité : les difrérent>ss situations que la naissance et lès dignités nous donnent dans le monde ^ diversifient nos devoirs i l'égard de nos frères; celui delà vérité dans toi|les les situations est le même ; nous la dev.ons aux Grands comme aux petits ; à nos Mai* très comme à nos sujets; à ceux qui la haïssent comme à ceux qui l'aiment; à ceux qui veulent s'en servir contre nous ^ comme à ceux qui désirent en faire usage pour eux-mêmes ; il est des conjonctures , bu la 'prudence permet de cacher et de dissimuleril'a.mour que nous levons pour nos frères ; il n'en est point oji il nous soit permis de leur dissimuler la vérité : en un mot, la vérité n'est point à nous; nous n'en sommes que les témoins, les défenseurs, et \e^ dépesifaires ; c'est la lumière de Dieu dans l'homme , qui dpit éclairée tout'le monde; et lorsque nous la dissimulons , nous sommés injustes enverâ'nos frères à qui elle appartient comme à nous^ et ingrats envers Ifj'^ère des lumières qui l'a répandue dans notre a;ne.

Cependant, le monde est plein de dissimulateursde.la^>véHtés nous ne vivpns, ce semble, que pournous sédiiiffe lesuna les au* très; et ^ jipciété , dont la vérité ^evroit être le premier lien ,« n'est j)lus5|u'iiii^fommercedei>jiite, de duplicité, etd ai*(ifice*QrT07Qns^

DE NOTRE-SEIGNEUR. rtS

èânê la conduite des Prêtres de notre Evangile, tons les divers genres de dissimnla tiens t dont les hommes se rendent tous les^ours eoapables envers Im vérité : nous y trouverons une dissimulation de silence, une dissimnlmtion de complaisance et d'adoucissement* une dissimulation de feinte et de mensonge.

Une dissimulation de silence. Consultés par Hérode sur le lieu où le Christ devoit naître ^ ils répondent à la vérité que Bethléem étoit le lieu marqué dans les Prophètes y où devoît s'accomplir ce grand événement : jitilli dixerunt, in Bethléem Judas {^Mai, a j 5); mais ils n'ajoutent pas que Tétoile prédite dans les Livres saints ayant enfin paru, et les rois de Saba et de T Arabie venant avec des présens adorer le nouveau Chef qui devoit conduire Israël , il ne falloit plus douter que les naées n'eussent enfin enfanté le Juste : ils n'assemblent pas les peuples pour leur annoncer cette heureuse nouTelle : ils ne courent pas les premiers à Bethléem , pour animer Jérusalem par leur exemple. Renfermés dans leur criminelle timidité, ils gardent un profond silence : ils retiennent la rérité dans l'injustice : et tandis que les Etrangers viennent des extrémités de l'Orient publier tout haut dans Jérusalem 9 que le Roi des Juifs est né , les Pré** très, les Docteurs, se taisent, et sacrifient à l'ambition d'Hérode les intérêts de la vérité, l'espérance la plus chère de leur Nation, et l'honneur de leur ministère.

Quel avilissement pour les Ministres de latérite ! la bienveillance du Prince les touche plus que le dép6t sacré de la religion dont ils sont chargés : l'éclat «du trône étouffe dans leur cœur la lumière du ciel ; ils flattent par un silence criminel un roi qui les consulte, et qai ne pouvoit apprendre que d'eux seuls la vérité; ils l'affermissent dansTerreor, en loicachanr ce qui auroit pu le détromper. Et comoment la yérité ponnr.a-t-elle jamais aller jusqu'aux Souverains , si les Oints du Seigneur . eux-mêmes qui environnent le trône, n'osent l'annoncer» et se joignent à tous ceux qui habitent les Cours , pouc la cacher et la taire ?

Mais ce devoir, M. F. , à certains égards , vous est commun avee nous; et cependant, il est peu de personnes dans le monde, de telles mêmes qui vivent dans la piété , qui ne se rendent tons les jours coupables envers leurs frères de cette dissimulation de silence. On croit avoir rendu à la vérité tout ce qu'on lai doit , lorsqu'on ne se déclare point contre elle; qu'on entend tous les jours les mondains décrier la vertu, soutenir la doctrine du monde , justifier sei^ abus et ses maximes, affotblir ou combattre celle de l'Evangile» blasphémer souvent ce qu'ils ignorent, et s'ériger eu juges de la foi même qui les jugera; qu'on les entend, dis-je, sans souscrire à leur impiété, il est vrai, mais sans Timprouver tout haut, et se> contentant de ne pas autoriser leurs blasphèmes ou leurs préjugé» 4e son suffrage.

Or 9 je dis que comme nous sommes tous charpies en particnliar des intérêts de la vérité, la taire, quand of^ l'attoque à|lécQ4*iVY4:t

184 LÉPIPHAWIE

4«vaj»t non» « c*est derenir soi^mèaie son pertécutovr et son adycf* Miire. Ma&ft i'ajoiue que tihis Aur-ioiU, que Dieu a édaiisé, sw^ manquer slors à â*aœoiir qof yoiu dorea à vos fiâères, piHsquc ;vos .obligations augsaeotoiàt à leur égai4 , à pfopoiticn des ^r«ces que DievL vous a faites : vous vaos rendci encore ooapabfté envers Bien .d'ingraU^ule.i you3 nje refio^pfAfst^ ^9 fL»$fi^ ^ vous ^orHoiit « le bie^fiajt ^^ 1^ gra^e et .de la vicfit^é dppt ^1 tous a favoiri/ié ai^ nMi#ei)i de vos passions insensées. J\ 9 édairé y.os ténèbres : il vous a rappelé à Itfi V lorsque vou^ suiviez des voie^ fausses et injust^es. &|ios doute fin répandant ainsi la lumière daiif votre cfoeur , il n'a pas en égard à yous seul; i^ a prétendu q\ifi vos proches, vips fixais « vo^ sujets, vqs.inaitre^, y itroMY^e^QieJ^kt » o\l Ijeuf ipfjLr^c^on» oi| leur censure : il ^ vouln favoriser votre siècle , votre nution , .vot^ç patrie , ^n vpj^ ^Topisant; car il ne ^r^içie d^ ^\n^, que poi^r ^ f jdnt on )a coudainnatio^ jdes pécheujrs : ^op. dessein a été ^e fnfiftrp eji vo]us une luinière qifi pût luire |au xi;iilfe;i^ 4^^ téi^èbres ; qi^ p^pétnàt la vér^^ Pt^F^i IÇf boinm^^ i et qji^^ rendit jténiojjiptiage .f I41 justice et à )a sagesse 4^ aa loi» ^u sii)ie|i de$ Pféi^§;^ et de^ ▼a^s pensée^ d'un monde profane.

Or , en n'^opposant qu'un lâche et timide silence aux maximes qui attaquent la vérité, vous n'entrez pas dans les vues de la miséricorde de Dieu sur vos frères : vous rendez inutile à sa gloire, et i fagr^ndissemelAt de son royaume, le talant de la vérilé qn*il vous avoit confié , (U dont il vous demandera à vous sur«4»ut nn compte sévère : je dis à vous sur*toat, qui àvies soutenu antfe£ois avec tant d'éclat les erreurs et les maximes proianes du monde , qui en avies ^té l'apologiste intrépide et déclaré. Il étoit en droit (d'exiger de vous , que vous yous déclarassiez avec le même courage pour la vérité ; «cependant, sa grace^ d'un z^é partisan damoode, n'a réussi qu'à faire un diaciple timide de l'Evangile : ce grand air de confiance et d'intrépidité avec lequel yous faisiez autrefois l'apologie df s passions» yous a abandonné depuis que vous soutenez les inléréls de la vertu; çe\^e^^^^cfi gui impqsoit i^^trefoi^ si).çqjce à la vérfl^ , se. tgit elJefnéme aujôi^rd-bui devant Terreur j ç^ la y.érit^, qui rpx^ intrépides et généreuiFi dit saint Augustin, c.enx gui ^oiit de le^ ç6té, yous, a r^ndu ellp-ijiéme foible et timide*

' Je conviens qu'il est un temps de se taire , et un temps de parier ; et que le zèle de la vérité a ses règles et sa mesure : mais je ne voudrois pas que les âmes qui connoissent Diea, et qiii le servent, entendissîent tous les jours les maximes de là religion renversées, la réputation de leurs frères attaquée, les abus les plus criminels du ^^nde justifiés, sans oser prendre les intérêts de la vérité , qu'on déshonore : je ne voudrois pas que le monde eût ses partisans dé clarés , et que J. C. ne pét pas tiHHiver les siens : je ne vondrois pas' que les gens de bien se fissent une fausse bienséance' de dissimuler les'éjgaremens des pécheurs, dont ils sont sans cesse témoins : tandis que les pécheurs regardent comme un bon air de lesF soutenir devant

DE NOTRE-SEIGKEUR. rtS

e«^, ^t ^ 1^ déCendr^. Je TiC^clrçis q4i*mie amt &4i'lt comprit vqu'ell/s 9>^ rfideyshh qa'à la vérité ; qn'eUe 9*est sur la terre qua yjQjiK reiM)i:e£ljOU'e i la .vérité : je.Toodroi$4iii>lle porràt sur le froot ceiJ,^ JiQblje oérté q^i*iAS{>jj*e If g^ace; oette capdenr bércaqœ que produit fe inépris-da wonde et de taote sa gloire ; cettiel^rté gëiiérfeup^e et jc^rétiecine, q«i n'f^çnd rien qui; Us l>ieiis étefoels, q^ji o'esf^ère rien que de Diefi ^ qui |ie craint rien quie fa propre conscieiiice, qui nje méii^ge rien qne les intér/è^s df jf justice et de la chadtéy qvi JKie yjbjuJ: plaire ,q9.e par l^ yériXfi. Jp .vpjjidrois que la présence .se^l€4*.VJ9P.a<ncinete imposât silenoe auxenvfeiiiîs ùft la ver-* tu ; qjgi'ijf ^jesp^c^tf^^ut le cfiract^ère (^ la yérité qu'elle dpit porter ^ay.ée ^ur 1^ ivf^% » qu'ils crfj^sse^ fa s^tntje ^^éaéirosjtét et qu*iU rendissent du moins hommage par leur silence et par len^ conf^fion à la vertu qu'ils mépri»ei^^ en ^?c^e^ Aînfî> autrefois les Israélites occupés de leurs dansés , d^ leurs .r.qpjU)ss9oces prpfones^ et de leurf, danseurs insje;9^ées et impijef autour dv vefii ^^qt^ cessent tout^ et gardçi^t u9 profond sijepcjp , f ja seule prjéf.epjc^ dé IjlojLSC, .qui descend de la montagjqifii armé de )a seule loi du Seiçneurt et de s» Vérité éternelle. prieUMf r^? dissil^jolation de la yéritjé : une dissimulation de $il.ef)p^,

La seconde manière dont on la ^issimaie , c^est «n l'adoucissant par des terapéramens et par des complaisances qui ta blessent. Les Mages ne ponvoient sans doute îgnorar que la ROBvelle qu'ils venoient annoncer à Jérusalem ne déplût k Hérode. Cet étranger s'étoit assis par ses artifices sur le tr6ne de Qavid ; il ne jonissott pas si paisiblement du fruit de son usurpation , q«'ii ne craignit toujours que quelque héritier du sang des Rois de Juda ne vint le chasser de rhéritage de ses Pères, et remonter sur un trène promis à sa postérité. De quel œil doit-il regarder des hommes qui viennent déclarer au milieu de Jérusalem que le Roi des luifs est né , et le déclarer a un peuple si zélé pour la sang d^ Pf vid , et %i fi^patjient àp jtotite dopiinatioa étrangère ? Cependant \p% Mages ^e cf cl^ept rien de tout ce qu'ils ont TU en Orient ; il^ n'adoucissent pas ce grai|d événement par des expressions moins propres à réveiller la jalousie d'Çérode. Ils ponvoient appeler )^ Mesffie (qu'ils cherchent , l'Envoyé du Ciel > ou le désirié des Ifatioi^s} ils pQiiyoiep^ le désigner par des titres moina^ odieui: à Tambition d*Hçrode : ipfiis pUiuji dç la vérité qui leur a apparu, }i& nç çopinpi^sfft p^s ce.s M^i4«^ ipénagemeps* Persuadéa que cei^K qui i^e yeiilcfit rf^cf voir )a yérité qu'à la favf^ur de leurs erreurs ne sont pas dignef 4^ ^^ ponnolUe, ils ne f^v^nt pfs Tenvelopper sous des égards et sous des déguisçpçns indigpes d'elle f ils depiand^nt sans détourf > où est né le npuvçau Roi des Juifs ; et , peu coptens de le regarder comme le llti^ltre de la Jpdée, ils déclarent que le ciel lui-même lai appartient, crue les astres sont à lui , et ne parois$ent dans le firmament^ que pour exéctiter ses oi'dres : Virliinus cnim stellam ejus.

Les Prêtres «4 les QoQt^r» 1 an contrais ?•, forc^H par réyideocf des

'im L'EPIPHANIE

Ecritures, de rendre gloire à la vérité , l'adoucissent par des exprès-, sions ménagées. Ilsl tâchent d'allier le respect qu'ils doivent à fa vérité avec la complaisance qu'ils veulent conserver pour Hérode. Ils suppriment le titre de Roi, que les Mages venoient de donner,. et que les Prophètes avoient si souvent donnéau Messie; ils le désignent par une qualité qui pouvoit marquer également en lui une autorité de doctrine , ou de puissance; ils l'annoncent plutôt comme un Législateur établi pour régler les moeurs, que comme un Souverain suscité pour délivrer son peuple de la servitude : Ex te enim exietelux f qui regatpopulum meum Israël {Matthm a; 6 )• Et quoiqu'ils attendissent eux-mêmes un Messie , roi et conquérant , ils adoucissent la vérité qu'ils veulent annoncer, et achèvent d'aveugler Hérode qu'ils ménagent*

Destinée déplorable des Grands l les lèvres des Prêtres s'afFoiblissent en leur parlant : dès que leurs passions sont connues , elles sont ménagées : la vérité ne s'offre jamais à eux que sous une double face, dont l'un des côtés leur est toujours favorable : ou ne veut pas trahir son ministère à découvert , et les intérêts de la Vérité ; mais on veut les concilier avec ses intérêts propres : on tâch^ de sauver là règle et leurs passions, comme si les passions pouvoient yibsister avec la règle qui les condamne. Il est rare que les Grands soient instruits , parce qu'il est rare qu*on ne se propose pas de Jeur plaire en les ins« ftruisant. Cependant la plupart^imeroient la vérité , si elle leur étoit eonnue. Les passions et les emportemens de l'âge , favorisés par tous les plaisirs qui les environnent, peuvent les entraîner; mais .un fonds de religion leur rend toujours la vérité respectable : on peut. dire •que l'ignorance damne plus de Princes et deGrands, quede personnes de la condition la plus vile ; et que la basse complaisance qu'on a pour eux déshonore plus le[ ministère, et attire plus d'opprobres à la religion , que les scandales les plus éclataos qui affligent l'Eglise.

La conduite de ces Prêtres vous parolt indigne, M. F. : mais si vous voulez vous juger vous-mêmes , et vous suivre dans le détail de vos devoirs, de vos liaisons , de vos entretiens , vous verrez que tous vos discours et toutes yos démarches ne sont que des adoucissemens de la vérité , et des tempéramens pour la réconcilier avec les préjuges ou les passions de ceux avec qui vous avea à vivre. Nous ne lent montrons jamais la vérité^ que par les endi^itspar où elle peut leur plaire : nous trouvons toujours un beau côté dans leurs vices les plus déplorables; et comme tontes les passions ressemblent toujours a quelque vertu , nous ne manquons jamais de nous sauver à la faveur de cette ressemblance.

Ainsi, tous les jours devant un ambitieux, nous parlons de Vamourdeia gloire, et du désir de parvenir, comme des seuls penchons qui font les grands hommes ; nous flattons son orgneil, nous allumons ses désirs par dès espérances, et par des prédictions flatteuses et chimériques, nous nourrissons Terreur de son imagination, en lui rappioebaiit des hkntômes ^ ^dont il se repail sans cesse Im-

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