TROISIEME PARTIE
Si c*estfun crime àt résister à la vérité, lorsqu Vile nous éclaire; -de ^ la retenir dans Tin justice, lorsque nous la devons aux autres ; c'est le comble de Tiniquité, et le caractère le plus^marqué de réprobation , de la persécuter et de la combattre. Cependant rien de plus commua dans le monde que cette persécution de la vérité ; et Timpie Hérodc, qui s'élève aujourd'hui contre elle , aplus d'imitateurs qu'on ne pense.
' Car, premièrement^ il la persécute par Téloignement public qu'il, fait parôitre pour la vérité, et qui entraine tout Jérusalem, par son exemple : Turbatus est , et omnis Jerosolyma cum illo fJMatih, 2 ; 3 ) ; et c'est ce que j'appelle une persécution de scandale. Sei^ndement, il' la persécute en tâchant de corrompre les prêtres, et en dressant même des embûches à la piété des Mages : Clam vocatis Magis , di^ ligenter didicit ah éis ( Ihid. ver. 7 ) ; et c'est ce que j'appelle une,persécntion de séduction. Enfin, il la persécute en répandant le sang innocent : Et mittens occidJt omnes pueros ( Ibid» 16 ) ; et c'est une persécution de force et de violence. Or, M. F., si la brièveté d'un discours me permettoit d'examiner ces trois genres de persécution de la vérité , il n'en est peut-être^ucune dont vous ne vous trouvassiez coupables.
Car, qui peut se flatter, premièrement, de n'être pas du nombre clés persécuteurs de la* Vérité par les scatidalès ? Je ne parle pas même de ces âmes désordonnées , qui ont levé l'étendard du crime et de la licence, et qui ne ménagent presque plus rien auprès du public : les scandales les plus éclatans ne sont pas toujours les plus à craindre ; et le désordre déclaré et poussé à un certain point, nous fait souvent plus de censeurs de notre conduite, que d'imitateurs de nos excès* Je parle de ces amés. livrées aux plaisirs, aux vanités, à tons les abus du siècle, et dont la cpndùite d'Ailleurs régulière, non-seulemçnt est irréprochable aux yeux du monde , mais s'attire même l'estime et les louanges des hommes : et jeidis, qu'elles persécutent la vérité par leurs seuls exemples ; qu'elles. anéantissent autant qu'il est en elles, dans tous les coeurs les maximes de l'Evangile, et les régies de la viérité j quelles crient à t;9tta ]ies hommes , ^ue la fuite
DE WOT»E-SEIGNEUR. i^i
des plttiairs est une précaution inutile; que l^amour du monde et. Ta inour de la vertu ne sont pas incompatibles ; que le goût des spec* tacies 9 de Ja parure , et des amusemens publics est un goiit innocent et qu'on peut bien vivre, en vivant comme tout le reste du monde,. Cette régularité mondaine est donc une persécution continuelle de la vérité , et d'autant plus dangereuse « que c'est une persécution autorisée , qui n'a rien d'odieux , contre laquelle on n'est point en garde; qui attaque la vérité sans violence, sans effusion de sang, sons l'image de la paix et de la société ; et qui fait plus de déserteurs de la vérité ^ que n'en firent s^utrefois les tyrans et les supplices.
Je parle des- gens dé bien mélae, qui n*«ccQ«ttplissent qu'à demi les devoirs de la piété , qui retiennent encore des restes trop publics des passions du monde et de ses maximes : et je dis qu'ils perse* cutent la vérité par ces triâtes restes d'infidélité et de foiblesse; qu'ils la font blaspbémer par les impies et par les pécheurs ; qu'ils autorisent les discours insensés du monde contre la piété des serviteurs de Dieu ; qu'ils dégoûtent de la vertil les âmes qui s'y sentiroient disposées ; qu'ils coinfirment dans l'égarement celles qui cher*' chent des prétextes pour y rester : en un mot, qu'ils rendent la vertu ou suspecte ou ridi<;ule. Ainsi, encore tous les jpurs, comme le Sei-< gneur s'en plaignoit autrefois dans son Prophète, l'infidèk Israël, c'est-à-dire, le monde t justifie ses ég^remens çi| les comparant aux infidélités de Juda, c'est-à-dire^ aux foiblesses des gens de bien: Just^icapit animané ^uatn a9efsatnx Israël , comparatione praspa" rkatricis Judœ {^Jerem. 3^ ii ); c'est-à'^lire; que le monde se croit ' en sûreté , lorsqu'il voit que les âmes qui font profession de ptét^ sont dé'sés plaisirs et de ses inutilités ; sdnt vives comme les 'autres * hommes sur la fortune, sur la faveur, sur les préférences, sur les injttres ; vont à leurs fitîs , veulent encoire plaire, recherchent avidetnent lès distinctions et les grâces, et font quelquefois même de la piété , une voie pour 7 arriver plus sûrement. Ah l c'est alors que le monde triomphe , <faé ee parallèle le rassure : c'est alors que trouvant que la vertu des gens de bien ressemble à ses vices , il est tranquille Hans son état, ii croit c[u*il seroit inutile de changer , • puisqu'en changeant de n6m on retient eiicore les mêmes dhoses: ' Jttitifica^k ammatn suam averstunas Jêraël, comparatione prte^a^ » rict^Hcis Ju€l€^é
Et c*est ici où je ne saurois m*empécher de dire avec un Apôtre, à vous , M« F. , que Dieu a rappelés des voies du monde et dès passions à celles de la vérité et delà justîcfs.: conduisons-nous dételle sorte parmi les mondains, qu'au lieu que jusquès ici , ils ont décrié la vertu , et méprisé ou censuré ceux qui. la pratiquent , les bonnes œuvres qu*ils i^ous verront faire, nos mœurs pures et saintes , notre patience dans les mépris , nol;re sagesse et notre circonspection dans le discours, notre mode,stie et nôtre hîumànîtè daps l'élévation, notre égalité et notre soumission dans les disgrâces , notre douceur enyecs.nos inférieurs ,. nos éjj^airds pour nos é^aux ,. notre fidélisé en-.
jga L'ÉPIPHA*1É
vers nos mnltres, notre ebârité pour fous nos firèfés, lés forcent èë rendre gloire à Dieu, leirr fass^emt respecter et éariét même la destinée de la Tertu, et le^ dispoS^eiit à riecévoir là grafce de la lumière et delà irérité, lor^qû^éliédfaî'^eraléS visiter eH^^f éclairer sitV letfrs voies égarées : ConyefMtiùftétn vesUafn irtfêr f^rdei hahéntés horidm y ut in eo quod dettectarte dévobis^ tàn^uarft dé trialtfactcHbus , €'x bonis op'erib as vos cowfidetantet , ^Icftificerii ùéurn in iiié^visitfiùonis ( r Pett. a; la). FeTittofté là bouche, par Pe^pfek»lafdê d'iihc \1e irrépréhensible, évhi e^cnb^s' dé la Vertif : lîoiûfon>nrs ta pfétë / afin i}ù*en« itoa^ horiOi^e^: réndohs«-la i^pectabfe,' si AOUs Voulons lûiattif^F des partiMas^.- fournissons' au moiidedes exemples cpile condiiiiHient , et non (}cs^ ceosvres <|oi le justifiewt : àqcoutumons-le à penser q.ae la piété véritab)^ est utile à toui y et qM'elKe a pour ell(B ^ non-seulement la promesse d'une vie et d*un bonheur à' renier, mais encore la paiie 9 la joie^, le jrepos du co^ur «qui soat te»(seulâ bi«ns et les seuls plaisirs de la yie.présente : Promissionem ha^ens viue quœ nimp est , et/utune ( x ^Tim* 4 >• ^ )•
A c^ttia perséciiti^nâ il»scaitfd«k, Hérode' ajikiVé^ ùtie persécution cfe jfédiictioà:i4 ee^t0 la s^>itfléTéér la- fidélité dèsntiYii'strcs de lu loi; ih veut fafre servi^ji à< L^itDDJ^iété'dë seï desséirfs , XëtStè^x lu sainte générosité d«s Hrâ^s', ekifitt, im^oûbtie rien pôttr'abéanlir Itf* vérité, avant de rana<|li«i:i à^ fo^es d^U^^rte: Citant voeaèis^ Magis. '
Et- voilà^ane nouvelle manière dont noua pei^écutous tousles^Mirs' la vérité* Premi.érfîm^^,. 90:1113 jaffotblisS^ns4a piété d«s âmes justes^ len ta3ianik;ur£9rve^d*excès,:etrnoiM«Crprça9tdeUui;p0rsuaderqu'dJe# en £on t; trop ; nous J es* eiih^fons-y edùim^ le^emaieup » àcluipge« i^i^s .. pierrfA«npaiB., C^st-à-^ifflàr^batt^ d)etoiAr.ai|^|éfiAé«.êt à changer cet t«>vie retirée , triHe;^:kbp^^ji«e?^^(lriftneyJ49pl|i&aîséei^pluscoj>i^ milne^ niOus-]éu4?;f{iiiK>^fft^ici^Vnd;^^i»ele».$iûtesii^ répondent pas à la' ferv^ui; àt ces eoiiimev^ement^;; ^sfunsiot,. ^ouf^i^^ohops d^ les:rap- ' proêherdenouir, nnYav^atg^ pas4i(OU»fiipp90cbêird'eUe9,$eoond<ement9 nous' teutons peuA-ètre mén^rleUI* fidéméet.léur.iiH>otence , -en leur * faisant des p^inturea viyet4fe9pl^isirai|iiVllesii)ient^ nou^ bl^^ofis, ■ censmelafemliie de'Jo^K'lfun.si9iplieJLté<ot}lttti^ flMtblesse ; npis^ leiur exagérons les ificQiii^éniçt»%dé la vertu y ^ le.^4*ffi<^.ull<^.^ 4©-^ iKITsévérance ; nous les ébranlons par l'exemple des âmes infideU^'y .qui » après avoir mis la main à la charrue y ont regardé derrière , et ont aKândôWné f ouvragé: q1lètfîfàî-jéyrfôùSÉrtfaqu¥hâ p^iit-â^è niéfike le fortrfd^ûient inéb'r^rilrfblé'de Tafdî, et rtiiis'îrt siViif^i^f rrmitiHtë de ses vîbréhèiîs par rindériUlidJ^ de^sftèk btdHi^&ës: *tioU\ëihéïiiétii , ribtitf
dSns dés sîtuâiîôn^, ou pétôBîés, ou iSéHn'ebsH'àlèliîp' teVViiiiUsf lexiv iriterdîsohi des prât^cj'u^s et* deioB^'érVh'tltfes'; éfe n^té^rfâîffes * polir se soûtenîi'dâis' ib' *pié^é\ '6\ï 'ûÛ?éé jiBi/t^V aVdHtfet*'; é^ \im tatfdt , nôûsdWéhons*àlèD?egÔr<fWés*teikatc^rt'dtfrf^^ lié'pbifvaiit -
DE NOTRE-^SEIGÎfEtJR. tgi
ni goàtet pour xioas*>inéineé le bien, ni le souffric dans les autre» , et faisan^envers ces âmes l*offîceda démon, qui ne veille que pour les perdre. Enfin , nous nous rendon» coupables de cette persécu-» tion de séduction , en faisant servir nos talens à la destruction du règne de J. C» : les talens du corps i à inspirer des passions injustes } à noua mettre à la place de Dieu dans les cœurs ; à corrompre les âmes pour lesquelles J. C est mort : les talens de Fesprit^ à per-«suader le vice ; à Pembellir de tous les agrémens les plus propres à cacher sa honte et son horreur ; à présenter le poison sous un appât doux et agréable, et à le rendre immortel dans des ouvrages lascifs « où y jusqu^àla fin des siècles , un auteur infortuné prêchera le vice » corrompra. les cœurs, inspirera à ses frères les passions déplorables qui Tavoient asservi pendant sa. v«e| verra croître son supplice et ses tourmens , à mesure que le feu impur qu*il a allumé se répandra sur la terre : aura l\ffreuse consolation de se déclarer contre son Dieu, même après sa mort; de lui enlever encore des âmes q.u*il avoit rachetées; d'oulrager encore sa sainteté et sa puissance; de perpé-*tuer sa révolte et ses désordres jusqu*au^delà du tombeau ; et de faire, jusqn^à la consommation des siècles, des crimes de tous les hommes , ses crimes propres. Malheur, dit le Seigneur, à tous ces ennemis de mon nom et de ma gloire, qui dressent des embûches à mon peu* pie ! Je m*élèverai contre eux au jour de^ma colère ; je leur tedeman^ derai le sang de leuts frères, qu'ils ont séduits, et qu'ils ont fait périr ; et je multiplierai sur eux des maut affreux , pour me conso-* 1er de la gloire qù*ils m'ont ravie: Fœ genUimurgenti super genus meum ( Judith. 16 ; ao« ) I
Mais an dernier genre de pers^tion encore phis funeste à la yé-rité , est celle que j'ai appelée une pers^ution de force et, de vio? loice. Hérode:enfin, n'avançant rien par ses artifices , lève le masque, se déclare ouvertement Iç persécuteur de J; C-, et veut éteindre dans sa naissance cette lumière qui vient éclairer tout le. imonde : MiiieMt oceî4itomftes pueros {iilatth.2; i6)i
Le seul récit de la cruaiité de ce prince impie nous fait horreur : et H ne parott pas qu'un exemple si' barbare puisse trouver parmi nous des imitateurs ( eependant le monde est plein de ces sortes de persécutents pufiliGs'et déclarés âe4a vérité; et si i*£|^ise n^est plus afSigée par la barbarie des tyrans, et par l'effusion du sung de s^s enfans , elle est encore tous les jours persécutée par les dérisions publiques que les mondains font de la v^u, et parla perte des âmes fidèles, qu'elle voit avec douleur succomber si souvent à la crainte
de leurs dérisions et de leurs censures*
Oui i .M. F» ^ £es discours que vous vous permettes si fiacilenBieiit contre la piété des Serviteurs de Die», deces. âmes v^iuiv P>r leur» hommages ferv.eas,. consolent sa. gloire, devos crines. et de vos outrages ; cea.dérisîojUi de leur cèle et dé leur sainte ivresse pou» leur Dieu; ces traits piquans, qui^.de leur personne, retombent sur la vertu » et foat la plus dangereuse liiitatioA de leur pémttnce^ cette JUassiihn. xoxâ t. li
t94 L'IPIPHANIE
sévérité à lear égard, qui ne leur pardonne rien, -qui change en ifices leurs vertus mêmes ; ee langage de blasphème et de iqppqnerie , qui répand un ridicule impie sut* le sérieux de leur compaaction, qui donne des noms d*ironieet de mépris aux pratiques les plus respectables de leur piété , qui ébranlcj leur foi^ qui arrête leurs saintes résolutions, qui découragée leur foiblesse, qoi les &it rougir de la vertu , qui les rentrafne souvent dans le vice; voilà ce que j'appelle avec les Saints une persécution ouverte et déclarée delà vérité. Vous persécutez dans votre fi'ère, dît S. Augustin, ce que les tyrans euxmêmes n*y ont pas persécuté : ils ne lui ont ravi.qtie la vie; vous TOttleK lui ravir Tinnocénce et la^ vertu : ils ne -s'en, s^at pris qu'à son corps ; vous en voulez à son ame : Carnem persecatuf est ùn" peratcxr : tm in Cànsdano spêritam per$equeris>.
Eh ! quoi, M. F., n'est-ce pas assez que v<ju5 ne serviez pas le Dieu pour qui vous êtes fai'ls ? (c'est ce que les premiers défenseurs de U foi , les Tértullien et Içs Cyprlen disoieht autrefois aux Païens persécuteurs des Fidèles ; et faut- il que ces mêmes plaintes se trouvent encore justes daiis notre Bouché contre des Chrétiens ? ) n'estce pas assez ? faut il encore que vous persécutiez ceux qui le servent ? Vous ne voulez donc ni l'adorer , ni souffrir qu*on l'adore ? Deùm nec colis , nec coll omnîno permittis ? Vous pardonnez tous les jours tant d'extravagances aux sectateurs du monde ^ tant de passions insensées : vous les excusez , que dis-xe ? vous les louez dans les désirs déréglés de leur cœur : vous trouvez de la constance , de la ^délité, de lanoblesse dans leurs passionsles plus honteuses : vousdonnez des jfioras honorables à leurs vy^es les plus indignes; et il n'y a qu'une ame jiistWét fiëëlé' , t[u-un servi feuif du vrai Bien ", qui ft'eti*onve auprès de Vêtis aïKièmè indolgencc, ei '<{iiî réussisse â s'attirer vos mépris et yôâ icèiiSttres ? Sàlustihi disptièeft Dei cuîtor ? Mai'S , M. F. , les plaisirs des* Ih'éâtrès et 'des' spéetâcles..sont otr^erfs parmi vous à la licence -pn^lî^u^ ,'et tm n'y ttotrvje point à redire y la fbréurdu jeu a ses partisans déclarée 9 et du lé Gouffre; l'ambition a ses- adortn^urs et se$;ieaitlavds , et -onks 3ou«; laivoluptéia ses vi!ctiined.<H ïes autels , «t on ne ies lui difcp<|t<e piis; <l!avarica ases.idolâims.y et on i^'eu dit VïQ*;^ toutes 1^ passions « comme 'autaat de diyinités.sft€ffilége&, ont leur <cuUe «tabU , sa m qu*oti «'iCUi.Formalise,: «t Jq l^îgiiewr tout seul de l'ÛnivierSf.et le. Soutrenainde tous les hosuneik 0t J|i«a tout seul sur la terre, ou aeserasp<)»nt ser;vi,.oa nepoufead^tveiHlpuuément^ «t s^as qu'on y trouvera tiddfitfi ïMt Deus soius ia^terris, uuî non '€oUiHr^,aE^.mines,t ififpuné quod'ÇoUturl
Grand Dieu ! vengez donc vôtis-même votre gloire : rètidéz encore mjrcmrd*hiit àvos servit««rs j 'l'botiii»iiv 'et l'éelat 'qoe'les impies ne «essent de Icfsr ravir;- ne'faitss'pbissorlttr dattfiétf^autpelois , du 'fond d«s Ibrêts, d«B bêtes crvei le» vpQut<diév:(ii««r tes contempteurs de û vei^wv «tdeia sainte SMO^t£eil^éd(feJrM Prophètes ;'i»an livrée à tem détit«*dérégléB, e]VCon9:plu!^Jortti!^-«t'pl^^zfsâtkMe« que les lions «t i«s isor^, «fia ^us fiitigiiM ^dédt^é* pat^jes^r^blès secrets,
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«l par les foreurs de leurs propres passions , ils puissent connoltr« tout le prix et toute l'excellence dé la vertu qu'ils méprisent , et aspirer au bonheur et à la destinée des âmes qui tous servent.
Car, M« F. , vous qu^e c^ di^cpi^rs regarde, souffrez que je le dise ici avec <}otf leur : faul-ii que vous spyez les instrumens dont le démon ses^rjt poi^r t/eutçr l^s £luS| et les eptrainer, s'il étpit possible, dans l'erreur ? faut-i) que vous i^e soyez sur la terre, que pour j.^5ti£i^ lis prédiclfQiis des livres saiuls sur les persécutions inévitables jusr qu'à la (in ^ ip^s cei>^ qpj vOu.d.rQp.t viyre .d.a^? la piété qui est ep J. C. ? faut-il que la successipn af/reus.e des piersé^>ateui*s ,(}.e l^. foi et je 1^ vertu, qui doit durer autant qgi^e rJEglis.e, ne tjrpuve S9 sujt.e et sa perpétuité qu'en yous seuls ?. faut-il qjif'au défaut des tyrans et d:es supplices, l'évangile trouve e;icore en vous seuls son écuei} et son scaudaie ? Renonce^ 4onp yoiis-mémçs à ^espér^n^ce qui est en ^. .C. ; ui^issez^vçus à ces peuples barbares, ou f ces homioes impi^es qui bluspbèment ^a gloire et^a divinité, s'il vous paroit si digne de risée de vivre sous ses Ipis, et d'obs,erver ^es maxinjues. Un iç^dèle, un sauvage pourroit nous croire dans Terrei^ir, nous qpi ^e ^rvons et qui radprons^ il pourroit avoi^r pitié de notre crédulité et de i;iaJtre ifoir blesse, en voyant que nous sacrifions le pressent à u^ avenir, et à une espérance qui lui paroitroit cbimériqu^e et fabuleuse ^ maif , d^u moi^s , il seroit forcé d'avouer, que si nous ne nous trompons pas, et que notre foi soit certaine , nous sommes les plus sages et les plus èsti» mables de tous les hommes. Mais pour vous qui n*oseriez douter de la certitude de la foi et de l'espérance qui est eu J. C. , de quels yeux cet infidèle regarderoit-il les censures que vous faites de ses serviteurs? Vous vous prosternez devant sa croix , vous diroit-il, comme devant le gage de votre salut , et vous riez de ceux qui la portent dans leur cœur,f et qui mettent en elle toute leur espérance ! Vous l'adorez comme votre Juge ; et vous méprisez , et vous donnez du ridicule à ceux qui le craignent , et qui travaillent à se le rendre favorable ? Vous le croyez fidèle dans sa parole ; et vous regardez comme des esprits foibles ceux qui se confient en lui , et qui sacrifient tout à la grandeur et à la certitude de ses promesses ? O bomme si étonnant, si plein de contradictions , si peu d'accord avec vous-même, s'écrieroît l'infidèle, il faut donc que le Dieu des Chrétiens soit bien grand et bien saint , puisqu'il n'a parmi ceux qui le connoissent que des ennemis de votre sorte.
Respectons donc la vertu, M. F. Honorons les dons de Dieu et les merveilles de sa grâce dans ses serviteurs. Méritons par nos égards et par notre estime pour la piété , le bienfait de la piété même. Regardons les gens de bien comme les seuls qui attirent encore les grâces du Ciel sur la terre, comme des ressources établies pour nous réconcilier un jour avec Dieu, comme des signes heureux , qui nous >narquent que le Seigneur regarde encore les hommes avec pitié, et <H)ntinue ses n^iséricordes sur son Eglise. Encourageons par nos «éloges les âmes qui reviennent à lui , si nous ne pouvons encore les
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