‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 58 sur 131 · POUR LE MERCREDI DES CENDRES · texte numérisé non relu

POUR LE MERCREDI DES CENDRES

MOTIFS DE COKVERSION.

R#fl« nwÊt m»vm mompitMBt mtm «nae ^îm

Pbioi mainiêaAtU îè fmif^ fwarabU » voici moint^iwtU h/oftr de $aiufk a. Co&< 6; 1.

XJizv dont les miséricorâes semblent devenir plus abondantes à mesure que nos orimes augmentent, redouble, pour ainsi dire, en oe traips saint , sea soins et ses empressemens , pour nous rappeler à la pÀiitenee*

Lorsqu'autrefois sim peuple s*étoit égaré des Toies de set oom«mandemens, il leur sascitoit des Prophètes qui leur annonçoicnt les calamités dont leurs fautes alloient être suivies ; et qui , par la terreur de ces images, s'efforcent d'arrêter le cours des iniquités pu« bllqnes. ^

. Alors Jérusalem se convroit^e qendre et de cUiee; ses prélrea pleuroient entre le vestibule et Tantel; les vieillards rassemblés dans le Temple , ranimoient leur voix languissante pour invoquer les miséricordes du Dieu de leurs pères ; la nouvelle épouse négligeoit les ornemeoa de sa Jeunesse et de ses jours de joie ; les vierges désolées faîsoîeiit retentir les places publiques de leurs gémissemens : et le Seigneur, touché de leurs larmes et de leur repentir, laissoit tomber de ses înains ht lou%e destinée à punir cette ville.infidèle.

Notre ministère en ces jours de salut est encore le mème« M. F. Comme toute chair a corrompu sa Toie, et que la loi et la crainte du Seigneur parpissent effacées du cœur de presque tous les hommes, il nous envoie aujourd'hui, comme autrefois il envoToit ses Prophètes , vous annoncer, non des calamités futures, mais vous mettre devant les yeux les fléaux publics dont il nous frappe, et la justo punition de tos crimes. Ce n'est pas par d<s menaces, qu'il Teut vous rappeler à lui; c*est par des chitimetos réels qu*il ^léploie depuis long-temps sur nos têtes. Ce n'est pas un Dieu irrité qui nous envoie y et prêt à faire pleuvoir sur vos crimes le feu de son indignation «t de sa colère) c'est un Dieu touché de tos nudhenrs » et qui ,

MOTITS DE CONVEBSION. aiS

«près vous avoir donné tant de marques terribles de sa Vengeance , voifft ottnt le sein de ses miséricordes étemelles.

Foici donc le temps de salut et de propiiiaiion , M. F. Yoilà ce ^e nous Tenons vous annoncer de la part de celni qni nous envoie. Revenez de vos iniquités anciennes ; faites cesser des désordres qui dht été jusqu'ici la source des calamités qui vous affligent. Les jours de rémission et de miséricorde sont arrivés* Tons les trésors du ciel vont se répandre sur la terre. La voix du sang de J. C. crie pour vous. Sa croix va devenir le remède et Te^Kpiation de vos crimes. Que de motifs de pénitence et de salut I

i^ Plus de facilités du c6té de VOfS passions , lesquelles alToiblîes et rebutées par les excès et les dégoûts Inséparables du crime» vous ont fait sentir mille fois« quHl n'y a de bonheur véritable à espérer pour vous iet-bas » que dans la jùstioe et dans rianocence* Premier motif.

1? Moins d^'obstacles du cèté d« la pénitence, facilitée parla loi de mortification que l*£glise impose à tous les Fidèles. Second motif.

y^ Les grâces plus abcmdantes dn o6té de IHea» et plus vives par l'exemple et les irrites de J* C. dont cm va vous rapprier la souv^ air et les mystères. Troisième motif.

4^ Pins de secours du o6té de TEglise, dont les larmes et Itt prières plus longues , phis ferventes , et ]^us particulièrement destinées en ce saint temps à la conversion des pécheurs ^ vont solliciteir «a votre faveur les ridbesses de la miséricorde divine. Quatrième motif.

Enfin, plus-de raisons tirées des calamités publiques (i) qui nous affligent, et qui nous foisant sentir la main de Dieu Appesantie sur nous , nous avertissent en même temps de rapaiser, en finissant leà crimes qui nous ont attiré sa colère. Dernier motif.

Recueillons tous ces motifs de pénitence ^ c'est tout ce que |e m# ptopose dans cette instruction. Implorons , etc, ^pe , Maria»

FREMIBR MOTIF» ,

CoifvxaTXssxz-vous à moi de tout votre coBUr, nons dit aujour-» d'hui le Seigneur par la voix de l'Eglise (/oe/. a; xa, i3), dana les )9unes , dans les larmes et dans les prières : déchirez vos cœurs , et non vos vétemens; et convertissez- vous au Seigneur votre Dieu. , parce qu'il est bon et compatissant 9 qu'il est patient et riche en miséricorde, et qu'il ne demande qu'à se repentir des maux dont il avoit résoin de punir vps infidélités.

(x) €• disconrt Ibt pronoscé le§ demièret années dn règne de Laais XIT, iprè» kfl bamaie» d^ochiUK, â» Q^miltiefi et de Turin » et U prise de Lille et dcD^kMi par lee enncBiîe.

ïi« LE MERCREDI DES CENDRES.

Et ^oi)â , mon cher Aodilear, ce que je viens vons répéter icîrdt la part de l'Eglise. Sanctifiez les jours de rnisénc»rde où nous allons entrer : n'codorcbsez point désormais tos ,cœnrs, el ne rendez pas snnrîles tontes les grâces qne la bonté de Dieu Tons prépare : ne laissez pas encore échapper tant d^oocasions de salut qui vont s'offrir à irons en ce saint temps ; et faites enfin cette (grande démarche d*nn chai)gement de yie que Dien demande de vous, que tous vous promeitez depuis si long-temps à Toos-méme, et qne la multitude et Ténormité de vos crimes passés vous rendent si iodispensable et si décisÎTC. Premier motif.

Rappelez toute la suite dç votre vie ; et par cet enchaînement affreux de crimes ;)ui Tont tonte souillée, et où vous vivez encore aotnellement, jugez quelle estdevant Dieu votre situation, et la triste destinée de votre ame. Faudroit>il un autre motif pour vons déterminer à un changement et à une nouvelle vie ? Comment avez-vous Téca jusqu^ici ? A quoi tos jours, vos années se sont elles écoulées? Quel usage avez- vons fait , depuis que vous «îtes sorti des mains de Dien , de votre raison , de votre corps , de votre cœur, et de tout ceqni est en tous destiné à glorifier TOnvrier éternel qui tous l'avoic donné?- Quel usage de votre jeunesse, de vos talens , de vos lumières , de votre temps qui devoit être le prix de votre éternité? Quel nsagê de vos biens, ^e vos places, de vos dignités, de votre nom où tous deviez trouver les secours et les ressources de votre. sanctificaUoa éternelle? Quel usage de vos afflictions, de vos pertes, de vos nia- .ladies, de vos disgrâces, qui dans les desseins de Dieu dévoient être pour vons des leçons de salut et des motifs de pénitence ? Quel usage enfin de tous les mystères, de toutes les solennités, de toutes les instructions, et de tous les autres secours que la religion vous a offert, et où tant de Justes ont trouve les soutiens de leur foi, les consolations de leur piété, et les facilités d'une vie sainte et fidèle ? Rassemblez tous vos jours passés jusqu'ici : quel vide! quels abîmes ! 'quel cours non interrompu d*excès , d'impiétés, de dissolution ! Et s'il y a eu quelques intervalles de foi, quelques luetirs et quelques niouvemens de grâce , quelques retours vers Dieu , ce sont des retours qf t n'ont point çu de suite , «t qui ont ajouté à tous vos autres crimes celui des grâces méprisées.

Qu^Attendez- Vons dortc , mon cher Auditeur, pour revenir à votre Dieu? Vos jours s*écoùlent, les années s'évanouissent, les plaisirs s'usent, la jeunesse vous échappe, la vie s'enfuit. Vos amis,' vos proches, lés compagnons de vos débauches et dé vos excès ont presque tous disparu. Vons avez Vu tomber à vos côtés vos égaux , vos concurrens, vos envieux, yos protecteurs, vos sujets, vos maîtres. Qne tais- je même, si les circonstances de leur mort inopinée, terrible AUX yeux de la foi, n'a pas dû vons faire sentir encore plus vivement le frivole de tout ce qui passe , et le malheur d'une vie licencieuse et déréglée 1 Vous touchez vous-même au terme fatal. Tout ce qui est «coulé de vos jours, u'eit que comme un point qui disparolt^et qui

Page 1