LE MERCREDI DES CENDRES
devenu par la licence des «discours et l'impiété des sentimens, le théâtre d'honneur des philosophes et des incrédules. Prospexit de excelso sancto suo.
Il a regardé du haut du ciel , et il a vu un Souyerain pieux envU ronné d*nne Cour dissolue ; le courtisan toujours parmi nous lerviie imitateur du maître, devenir ici son censeur secret; la piété aur le irône devenue plus odieuse; les crimes se multiplier par la contrainte; le péril de la débauche en assaisonner les eicès; Tambition se revêtir des apparences de la piété , pour attirer les largesses du Souverain ; Thypocrisie s'enrichir des bienfaits destinés à récompenser la vertu; et la religion plus déshonorée par les mœurs et les artifices de ces faux Justes, que par la licence des pécheurs les plus déclarés* Prospexit de excelso sancto suo.
Et alors il a versé sur nous la coupe de sa fureur et de sa colère. Il a fuit périr par le glaive de nos ennemis nos enfans, nos époux, nos frères et nos proches. Il a répandu sur nos armées un esprit de terreur et de vertige. Il a fait échouer nos projets ; et nos prospérités passées n'ayant été pour nous que de nouveaux motifs d'orgueil et de dissolution, il a eu recours aux châtimens , afin que , si nous avons été ingrats à ses faveurs, nous ne soyons pas insensibles à notre affliction et à nos peines.
Et cependant quel usage faisons-nous de ces fléaux publics ? Qu'opposons-nous à la colère de Dieu, pour la désarmer ? Des plaintes inutiles, dés terreurs humaines sur l'incertitude des événemens, des inquiétudes sur les misères et sur les charges publiques; que dirai-je? des murmures peut-être contre le gouvernement; de vaines réflexions «t des censures étemelles sur ceux qui sont à la tête des affaires ; des clameurs inutiles contre ceux qui sont chargés des entreprises et des projets; des dérisions souvent , et des chants satiriques et profanes, symbole éternel de la légèreté de la nation, et qui nous ont toujours consolés de nos malheurs en éternisant le souvenir de nos pertes ; c'est ce qu'un ancien Père reprochoit déjà de son temps à nos ancêtres : Cantilenis infortunia sua solantur ( Salv, )•
Insensés que nous sommes! nous nous en prenons aux hommes, comme s'ilsétoient les auteurs denos calamités. Nous accusons leur im* prudence, leur peu d'habileté, leurs méprises de uos malheurs. Nous ne remontons pas plus haut ; nous ne voyons pas que les coups qui nons frappent partent du ciel; que c'est Dieu lui-même qui confond l«s conseils et la prudence de nos chefs ; qui aveugle nos sages et nos irieillards; qui répand la terreur et l'épouvante dans nos armées; et que uos crimes seuls enfantent tous nos malheurs. Mettons Dieu de notre côté, M. F., et alors nous serons les plus forts. Forçons le Seigneur, par un repentir sincère, à combattre pour nous ; et alors , oi^ il donnera la paix à son peuple, ou nous dissiperons nos ennemis comme de la poussière.
Maison d'Israël , disoit aatrelbis ,1e grand* prêtre EHadiim aux