‹ Œuvres de Massillon, ci-devant prêtre de l'ortoire, évêque de Clermont l'un des quarante de l'Académie FrançoiseChapitre 64 sur 131 · MOTIFS DE CONVERSION · texte numérisé non relu

MOTIFS DE CONVERSION

JaifS) frappés «omme nous de la main de Dieu, et en proie aux troupes Ticterreuses des Assyriens; soUveneî-Tous comment Moïse^ ce serriteor de Dieu , brisa autrefois la force d'Amalec, qui se confioit dântf sa puissaùce, dai^s le nombre de ses troupes, et dans la multitude' <i^ Sesichïiriots: Memores estote lUoïsi servi Domini , qui Amaiêc^o^âëriiehi tn -wrtute sud et in exercitu suo dejecit ( Judith. 4>; i3 )• Ainsi dfspfaroitront derant vous vos ennemis, ébntinuoit ce vénérable pontife , si vous demeurez fidèles dans la pratique des ordonuanees de la loi , et si vous revenei au Seigneur par les gémissemens â*uU cèefUr brisé , et d'un repentir vif et sincère : Sic erunt uittversi hostës Israël , si manentes permanseritîs in jejuniis et oratiomdas in eonspecUt domlni ( Ihid, vers. 12,14)»

Et voilà. M» F. , ce que le pon,tif9 ^ain^l (1), qui nous bonore ici de sa présence, et que le Seigneur 9. suscité è son peoplejdans ce temps de calamité, vous a déjà dit, avec les expressions les plus vives du zèle pastoral' et de l*éloquence chrétienne. Yoilà les ressources qu'il vous a marquées par une indiction solennelle déjeunes et de prières , )Mmr remédier aux maux ^î nous «lâigent. M. F. , vous a-t-il dit : finissons nos désordres , et nos malheurs finiront bientôt; devenons plus fidèles , et nous .deviendrons bientôt pjifs heureux et plus tranquilles ; faisons Ges%er les ^candal^ iqui fo^f, au milieu de nous , et nos larme» seront bientôt essuyées; convertissons-nous au Seigneur, et le Seig^neur combattra pour npgs; mettons -UQUS en paî^ avec Dieu ,. et nous rauPODft bUniôt aveoksbemmès*^

Voilà , M. F. , ce que ses exemples vous prêchent encore plus efficacement que ses discours, il souffre des malheurs qjii vous affiigent ; mais il souffre encore plus des iniquités qui vous les attirent. Il porte avec vous-^le ppids ^e vpf» afiBttjtioi^ et de uro^ pj^Hes ; mais il porte encore plus le poids de vos crimes. Il demande pour vous aa Sei^eur des jours plys ti^anquijiles «t plu», fof tuués $ 4Uais ftL«u demande aussi de plus saints.

Soulagez ^on zèlè , M. t*., en répondant a sa tendrej^f ^ «CCyo^CK sa piété , en secondant ses désirs ; récompensez ses soins , en vous conformant à ses exemples. Dieu n'a pas encore abandonné son p#fiple , puisque , malgré tant de calamités dont if imAis frâpp^f ii vous suscite encore un pastçur fidèle, qifi pei^ t vous réconcilier avec te Seigneur , et arrêter 1^ Was de son indignation et de sa «colère. W^^ busez donc pas du don de Dieu j mon cher Aliditeur.^ ^ ne rendtz pas inutiles, par rendureiasem.ent de votre .ceeur, tant de moyiens de sanctification que la bonté de Diieu voua offre , et les »«^sounees les plus heureuses de votre salut.

Grand Pieal que de jmstes sujets de eondumiKrtioà ii'aizrez^vous pas ua joasr contre noil Que n'aurez-vous pas fait pour me sauvet* ,

(i) Moaseîgotar U cardiatl de Koi^Uet d^yant ^ui c« Sennon fat préobéÀ Kotre-DaJDe.

et qa'aurai-je omis moL-mémc pour me perdre! Vous avez tout mis en œuvre pour empêcher votre créature de périr: vos grâces » vos insprràtions , des lumières vives, des amertumes. salutaires , des dégoûts infinis , des passions traversées , des .projets confondus , des espérances évanouies, des calamités publiques et personnelles ; que dirai-je encore ? un cœur même tendre pour le bien ; un cœur né avec des sentimens de vertu et de droiture; un cœur qui se refusoit aux excès , qui ne paroissoit point fait pour le dérèglement', qui ne cessoit de me rappeler à vous , et de me reprocher en secret.ma honteet ma foiblesse. Que puis-je vous dire , tout couvert de vos bienfaits et de mes crimes I Seigneur , ne vous lassez pas de me tendre la main. Vous en avez trop fait jusqu'ici > pour me laisser périr sans ressource;. plus je me trouve indigne de nouvelles faveurs , plus j'en espère. L'horreur de mon état augmente ma confifi-nce; et l'excès de mes misères est le seul droit que j'offre à vos miséricordes éternelles.

Ainsi soit - il*

SERMON

f . SUR LA VÉRITÉ DE LA RELIGION.

'Amen-flico robis : non invéui tanlam fidem in Itraet. *

Je vous dis en vérité :Je n'ai pas trouvé une si grande Jbi dans Israci

• JLy'oo venoit donc l'incrédulité que J, C. reproche aujourd'hui aur Juifs, et quel sujet pdùvoieht-ils avoir de douter encore de la sainteté de sa doctrine, et de la vérité de son ministère? Ils avoient demandé des miracles , et il eif avoit opéré à leurs yeux de si convaincans , que personneavant kiî n'en avoit fait de semblables. Ils avoient souhaite •que sa mission fût autorisée par des témoignages; Moïse et les Prophètes lui en avoient rendu ; le précurseur avoit dit hautement : Toilà le Christ et T Agneau qui vient effacer les péchés du monde ; un Gentil rend gloire dans notre, jËv^ngile à sa toute-puissance; le Père céleste , du haut des airs, avoit déclaré que c'étoit là son Fils bien-^imé^ enfin ^ les démons èux-mômes, frappés de sa sainteté, ne sortoient dea corps qu'en confessant qu'il étoit le Saint et le Fils du DieurL^

VÉRITÉ DE LÀ RELIGION. aa^

vant. Que pouvoit encore opposer ^incrédulité de& Jaifs ^ à tant de preuYes et de prodiges?

Voilà, M. F., ce qu*on pourroit demander aujourd*hui avec biea plas de surprise à ces esprits incrédules , lesquels après raccomplissèment de tout ce qui a voit été prédit , après la consommation des mystères dé J. C. , Texaltation de son nom , la manifestation de ses dons, la' vocation des peuples, la destruction des idoles , la conversion des Césars, le consentement de TUnivers, doutent encore, et entreprennent eux seuls de contredire et de renverser ce que les travaux des hommes apostoliques , le sang de tant de martyrs , les prodiges de tant de serviteurs de J, C. , les écrits de tant de grands hommes , les austérités de tant de saints anachorètes , et la religion de dix-sept siècles ont si universellement et si divinement élabli dans Tesprit de presque tous les peuples.

Car, M. F# au milieu des triomphes de la foi s'élèvent encore en secret parmi nous des enfans d'incrédulité , que Dieu a livrés à la vanité de leurs pensées, qui blasphèment ce qu'ils ignorent; des hommes impies, qui changent, eomme dit un Apôtre, la grâce de notre Dieu en luxure , souillent leur chair, méprisent toute domination, blasphèment la Majesté, corrompent toutes leurs voies comme des animaux sans raison ; et sont réservés à servir un jour d'exemple aux jugemens terribles de Dieu sur les hommes.

Or", si' parmi tant de Fidèles que la religion assemble en ce lieu, il se trouvoit quelque ame de ce caractère ; souffrez , vous , M. F. , qui conservez avec respect le dépôt de la doctrine que vous avez reçue des mains de vos ancêtres et de vos pasteurs , que je me serve de cette occasion , on pour les détromper, ou pour les combattre. Souffrez que jefasse iciune fois ce que les premiers pasteurs de l'Eglise faisillent si souvent devant leur peuple assemblé, c'est-à-dirè , que i'entrepvenne l'apologie de. la religion de J. C. contre l'incrédulité; et qu'aval! t que df tous instruire d^ vos devoirs durant cette longue carrière, je commence par jeter les premiers fondemens de la foi. Il est si ceinaolant pour ceux qui croient , de découvrir combien leur soumission est raisonnable, et dé se convaincre que la foi qui paroit l'éQueil de la raison , en est pourtant la seule consolation , le seul guide et l'unique ressource.

Voici donc tout mon dessein. L'incrédule refuse de se soumettre aux vérités* révélées, ou par une vaine affectation déraison, ou par un faux seatin^nt d'orgueil, ou fiar un amour mal placé d'indépen« dance. Or, je veux monti'er aujourd'hui, que la soumission que ï'iucrédule refuse par une vaine affectation de raison^ esti'usage le plus sensé qu'il puisse faire de la raison même : que la soumission qu'il refuse par un faux sentiment d'orgueil , en est (a démarche la plus glorieuse : et enfin, que la soumission qu'il rejette par tm amour' mal placé «d'indépendance , en est le sacriUce le plus indispensable. Et delà , je tirerai les trois grands camctères de* la religion ^ eUe^ tSit raisonnable i. elle est glorieuse i^ elle est nécessairei

i5o LE JEUDI APRÈS LES CENDRES.

O mon Sauveur , auteur éternel et consominateur de notre foi, défendez vous-même votre doctrine. Ne souffrez pas que votre croix qui vous a soumis l'Univers, soit encore la folie et. le. scandale des esprits superbes. Triomphez encore aujourd*hut par les prodiges se-crets de votre grâce , de la même incrédulité dont vous triomphâtes autrefois par les opérations éclatantes de -votre puissance, et dé*" truisez par ces. lumières vives qui éclairent les cœurs, plus efficaces que tous nos discours , toute hauteur qui s'élève encore contre la science de vos mystères. Ave ^ Maria.-

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