SUR LE RESPECT DANS LES TEMPLES
in TemplSB Dsî # «tcjieitfaBft omaai vcadeaiss et «ombCm ia Tevplaw
Jésus etum dans U Tempie , etilea chassa t^us ceum ^ui y vendoient tt fui jr aehetoient. IIattb. si s 1%,
X/'ou vient aujourdiiui à J. C. , M. P. , cet air de aèle et d*indlgnation qu*il laisse éclater sur son visage? Est-ce donc là ce roi pacifique^ qui devoit parojtre dans Sion accompagné de sa seule dou-
3oo MAUDI DE LA !'« SEMAINE,
ceur ? Nous Pavons vu établi Juge sur une fenÉme adultère; et il ne Va pas même condamnée. Nous avons vu à ses pieds la pécheresse delà Cité; et i) lui a pardonné avec bonté ses désoi^dres et ses scandales. Ses disciples voulurent faire descendre le feu du ciel sur une ville ingrate et infidèle ; mais il leur reprocha de ne pas connoitre encore Tesprit nouveau de clémence et de charité qu'il est venu porter sur la terre. 11 vient même d'accorder des larmes aux malheurs qui me^ nacent Jérusalem , cette ville criminelle , la meurtrière des Prophètes , qui va sceller Tarrét de sa réprobation , par la mort injuste qu'elle fera bientôt souffrir à celui que Dieu lui avoit envoyé pour être son libérateur. Par-tout il a paru compatissant et miséricordieux ; et Texcès de sa douceur Va fait même appeler l'ami des pécheurs et des Publîcai ns.
Quels sont donc les outrages qui triomphent aujourd'hui de toute sa clémence, et qui arment ses mains bienfaisantes de la verge delà fureur et de la justice?. On profane le Temple saint; on déshonore )a Maison de son Père; on change le lieu de la prière et Tasile sacré âei pénitens, en une retraite de voleurs , et en une maison de trafic et d'avarice : voilà ce qui met des foudres dans ses yeux, qui ne voudroient laisser tomber sur les pécheurs que des regards de miséricorde; Voilà ce qui l'oblige à finir un ministère d'amour et de réconciliation par une démarche de sévérité et de colère, toute semblable à celle par laquelle il Tavoit commencé. Car remarquez , M. F. , ce que J. C. fait ici en terminant sa carriè^'e, il Tavoit déjà fait, lorsqu'après trente- trois ans dévie cachée, il entra la première fois dans Jérusalem pour y commencer sa mission et faire l'œuvre de son Père. On eût dit qu'il avoit oublié lui-même cet esprit de douceur et de longanimité , qui devoit distinguer son ministère de celui de V^n» cîçnne alliance, et sous lequel il étoit annoncé par les Prophètes.
Il se passoit sans doute dans cette ville bien d'autres scandales que ceux qu'on voyoit dans le Temple, et qui n'étoient pas moins dignes du zèle et des châtimens du Sauveur : mais, comme si )a gloire de son Père en eût été moins blessée, il peut les dissimuler pour un temps , et en différer la punition. Il n'éclate pas d'abord contre l'hypocrisie des Pharisiens, et la corruption des Scribes et des Pontifes ; mais il ne peut différer le châtiment des profanateurs de son Temple: son zèle là-dessus ne peut souffrir de délai ; et à peine est-il entrié dans Jérusalem, qu'il court dans ce lieu saint venger l'honneur de son Père qu'on y outrage, et la gloire de sa Maison qu'on déshonore. De tous les crimes, en effet, M. F., qui outragent la grandeur do Dieu, je n'en vois guère de plus dignes de ses châtim^ens j que les profanations de sesTempIel ; et elles sont d'autant plus criminelles^ que les dispositions que la religion demande de nous quand nous y* assistons, doivent être plus saintes.
Car, M. F., puisque nos Temples sont un nouveau ciel où ]>te« habite avec les hommes , ils demandent de nous les mêmes disposi-( tioRs que ceUes des Bleabeu^eux daas IçTemplt céleste ; c'e^*àrdîr«.
RESPECT DANS LES TEMPLES. 3of
que Taatel de la terre étant le même que celai, da ciel , et TAgneaa qii*on y immole et qui s'oflfre , étant le même , les dispositions de cens qui l'eavironnent , doivent être semblables. Or, la première disposition des Bienheureux devant le trône de Dieu et Faut el de 1* Agneau, est une disposition de pureté et d'innocence : Sine macula enimsunt anie thronum Dei (^Jpoc, x4; 5). La seconde, une disposition de religion et d'anéantissement intérieur : Et ceciderunt in conspectu throni in fades suas (Ibid, 7; 11 ). Enfin, la dernière, une disposition même de décence et de modestie dans la parure : Jmicti stoiis aiifis [Ibid, 7 ; 9)* Trois dispositions qui renferment tous les sentimens de foi qui doivent nous accompagner dans nos Temples ; une disposition de pureté et d'innocence ; une disposition d'adoration et d'anéantissement intérieur; une disposition même de décence et de . modestie extérieure dans la parure. Invoquons le Saint-Esprit, etc. Jve y Maria.