‹ Œuvres de Massillon, évêque de ClermontChapitre 176 sur 235 · DE L'AMOUR-PROPRE · texte numérisé non relu

DE L'AMOUR-PROPRE

La morale des philosophes avait mis le pardon des offenses au nombre des vertus; mais c'était un précepte de vanité plutôt qu'une règle de discipline. C'est que la vengeance leur semblait traîner après elle je ne sais quoi de bas et d'emporté , qui eut défiguré le portrait et l'orgueilleuse tranquillité de leur sage : c'est qu'il leur paraissait honteux de ne pouvoir se mettre au-dessus d'une offense. Le pardon des ennemis n'était donc fondé que sur le mépris qu'on avait pour eux. On se vengeait en dédaignant la vengeance; et l'orgueil se relâchait sans peine du plaisir de nuire à ceux qui nous avaient nui, par la gloire qu'il trouvait à les mépriser. {Petit Carême, sermon du vendredi après les Cendres.)

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