‹ Œuvres de Massillon, évêque de ClermontChapitre 37 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Les passions toujours pénibles, toujours entourée" d'épines, ont pourtant reproché de tout temps à la vertu ses difficultés et ses peines. C'est un ancien langage du monde , de prétendre que l'Évangile pratiqué à la lettre, est une idée de perfection où l'homme ne peut atteindre. Il semble que Jésus- Christ, comme autrefois ces philosophes vains , et frivoles, ne soit venu qu'étaler une morale sublime pour se faire des admirateurs, et non pas plutôt pour former des disciples; et que sa loi sainte, qui est la loi du cœur et des actions , ne soit plus qu'un jeu d'esprit, et un ouvrage de spéculation et de paresse. On ne croit pas l'austérité de l'Évangile compatible avec la faiblesse de l'homme, et avec les mœurs autorisées par l'usage; et l'on s'endort sur ces deux préjugés, comme si la loi pouvait cesser d'être loi , parce que nous la regardons comme si elle ne l'était pas pour nous-mêmes.

Mais, mes frères, quand la parole seule de Jésus- Christ ne suffirait pas pour confondre nos vaines excuses; Agnès tressaillant de joie au milieu des tourments, et hâtant elle-même, par une sainte impatience, la lenteur des bourreaux, couvrira de honte notre immortification et notre paresse, et justifiera plus la sévérité de notre condamnation, que l'Évangile même qui l'a prononcée.

Nous nous retranchons sur l'âge, sur le sexe, sur la faiblesse du tempérament, incapable de porter toute la rigueur et tout le sérieux d'une vie exactement conforme à l'Évangile. Sur l'âge : il faut pour l'observance rigoureuse des devoirs du chrétien une force, une maturité d'esprit, une fermeté à l'épreuve de tout, une persévérance, un endurcissement à la peine et à la violence, un empire sur ses passions et sur soi-même , qui ne paraît pas convenir à une jeunesse tendre , facile , aisée à séduire ; et où toutes les passions pas encore modérées par les réflexions etparl'expérience, semblent sortir en fouledu cœur, avec une impétuosité à laquelle il serait inutile d'opposer une digue : il faut laisser calmer ces premiers bouillons, et attendre que la raison plus rassise soit capable de quelque chose de plus sérieux et de plus solide. Mais Agnès au sortir presque de l'enfance , défie la fureur des tyrans : l'horreur de son supplice , qui alarme même la férocité de ses bourreaux, répand une joie sainte et comme un nouvel éclat sur son visage : pas encore accoutumée à souffrir, elle paraît transportée d'allégresse au milieu des tourments les plus cruels; et la délicatesse de son corps , à peine propre à recevoir des plaies , est déjà capable de les mépriser, dit saint Ambroise,

iOTHPCA )

POUR LE JOUR

et de remporter la victoire : Nondùm idoneapœnx, et jammaturavictorix. (S. Ambr.)

Et en effet, mes frères, qu'y a-t-il clans la vie chrétienne qui ne convienne au premier âge? Quoi ! le sérieux? Mais la piété est dans la joie de l'Esprit saint : l'innocence seule est toujours accompagnée de sérénité et d'allégresse; il n'y a que le crime et les passions qui soient tristes, sérieuses et sombres. Quoi! la violence? Mais c'est dans le premier Age que les passions plus dociles se plient plus aisément au devoir; que le cœur pas encore souillé reçoit avec moins de répugnance les impressions de la vertu; et que ses penchants n'étant pas encore enchaînés par les habitudes du vice , il lui en coûte moins d'éviter tout ce qui peut y conduire. Quoi encore! les réflexions, dont on n'est pas capable dans une grande jeunesse? Mais il faut devenir enfant pour être disciple de Jésus-Christ : la grâce ne se plaît que dans la simplicité et dans l'innocence. Nos incertitudes croissent avec nos réflexions : plus nous raisonnons, plus nous nous embarrassons, plus nous enfonçons dans nos propres ténèbres. On sait tout quand on a la foi ; et pour être plus éclairé , il suffit d'être plus docile. Quoi enfin! la fermeté et la persévérance? Mais ce sont nos passions seules qui font toutes nos inconstances : les inégalités de la vie de l'homme ne prennent leur source que dans la diversité des objets , qui tour à tour les dominent ; et un cœur pur et innocent est toujours égal et tranquille.

Hélas! mes frères, ne nous reprochons-nous pas tous les jours à nous-mêmes le mauvais usage que nous avons fait de cette première saison de notre vie? ne nous redisons-nous pas sans cesse qu'il eût été aisé alors de prendre sur nous ; que nous avions porté en naissant un cœur vertueux, que le crime alarmait , et qui semblait tendre les mains à la grâce ; que tout nous aplanissait les voies de la vertu ; que les sacrifices alors eussent été bien légers; que le inonde et les passions ne nous avaient pas encore liés de mille chaînes indissolubles , qui nous laissent à peine la liberté de désirer notre délivrance ; que notre cœur, pas encore corrompu par un long usage des plaisirs, ne trouvait pas la piété si dégoûtante et si affreuse ; qu'à mesure que l'âge nous a approchés du tombeau, nous nous sommes éloignés de la voie de la vérité et de la vie ; et qu'enfin en avançant en âge, nous n'avons fait que croître en malice, en dérèglement, et dans l'amour désordonné des créatures? L'Évangile est donc la loi de tous les âges, comme il l'est de tous les sexes.

Je dis de tous les sexes : car quel prétexte pourrait alléguer ici le sexe en sa faveur contre l'austé-

rité et la difficulté des devoirs de l'Évangile ? Les Agnès , les Luce, les Cécile , tant d'autres héroïnes de la foi , n'ont-elles pas trouvé dans le leur une force et une grandeur d'âme, dont les héros profanes n'ont jamais approché? Hélas! mes frères, de nuoi n'est pas capable une femme mondaine pour l'objet criminel qui la possède et qui la captive? quel courage! quelle force! quels sacrifices! les difficultés la raniment; le repos, la réputation, la liberté, la santé , la fortune , rien ne tient devant la passion : on voit tous les jours de ces héroïnes infortunées capables de tenter les plus grandes entreprises , qui sacrifient tout à leur injuste goût , qui tirent de leur sexe un courage au-dessus de l'homme, et qui en ayant oublié la pudeur, en ont aussi , ce semble , oublié la timidité et la faiblesse. Et pourquoi ne seraiton capable de rien pour Dieu ? ce qu'on a pu pour le monde , ne le pourrait-on pas pour le salut ? la passion a su nous donner des forces et nous élever audessus de notre faiblesse , et la grâce n'aurait pas le même privilège? Le salut éternel, mes frères, ne demande ni des sacrifices si éclatants , ni des assujettissements si pénibles que le monde, et nous n'osons en essayer :• Jésus-Christ est un maître bien plus aisé à servir que le monde, plus tendre, plus indulgent, plus compatissant, plus fidèle; et nous le regardons comme un tyran, qui rend malheureux ceux qui le servent. O mon Dieu , que l'homme est à plaindre de vous connaître si peu , et de se connaître si peu lui-même!

Qu'alléguerez-vous donc encore? la délicatesse du tempérament? Mais Agnès trouve-t- elle dans la délicatesse de sacomplexion des raisons pour craindre les chaînes qui la lient et le glaive qui va l'immoler? mais vous demande-t-on , comme à elle , que vous résistiez jusqu'au sang ? s'agit-il d'offrir votre corps à la rigueur des feux, ou à la torture des supplices ? Dieu ne demande pas la force du corps : il demande la pureté et l'innocence de l'âme; et alors celui qui est infirme peut dire : Je suis fort et puissant. Les devoirs essentiels de la foi s'accomplissent au dedans de nous. C'est l'amour, c'est la crainte de Dieu, c'est la reconnaissance, c'est le sacrifice intérieur des passions : ce sont là les vertus des faibles comme des forts; plus même ce corps de boue se refuse au travail et à la peine , et nous rend incapables de la soutenir; plus le cœur doit suppléer par la ferveur de son amour et de ses désirs à la faiblesse du corps terrestre. Hélas! mes frères, il faut un corps de fer pour fournir aux agitations, aux jeux , aux plaisirs , aux veilles , aux assujettissements que le monde et l'ambition vous imposent : et cependant la faiblesse de votre complexion y peut suf-

DE SAINTE AGNES

fire; et cependant la santé est une faible raison contre le godt; et cependant malgré le dépérissement d'un corps , qui se refuse à vos dérangements , vous êtes de tout, et la vivacité de vos passions supplée à la faiblesse de vos forces. Mais pour remplir les devoirs de la religion, il ne faut qu'un bon cœur; je l'ai déjà dit : une volonté pure et sincère supplée à tout; et Dieu nous compte les œuvres que nous voudrions accomplir, comme celles que nous avons faites : et cependant vous excusez votre mollesse et votre impénitence sur la faiblesse de vos forces : vous justifiez une vie toute dans les sens et dans les plaisirs, sur la délicatesse d'une complexion qui vous rend inhabile à la pratique des mortifications et des violences; comme si Dieu demandait de nous ce qui ne dépend pas de nous; comme si avec une chair infirme on ne pouvait pas avoir un esprit prompt et fervent; comme si la religion consistait dans la force du corps et non dans les dispositions du cœur; comme enfin s'il en était de nous, ainsi que de ces victimes figuratives de la loi , qu'on ne pouvait offrir à Dieu que lorsqu'elles jouissaient d'une santé parfaite, et que leur corps robuste et entier n'offrait aux yeux ni tache , ni défaut , ni faiblesse. Donnez-lui sincèrement votre cœur : c'est là, dit Jésus-Christ, toute la loi et les prophètes. (Matth. vu, 11.)

Enfin vous nous opposerez en dernier lieu, l'incompatibilité de la vie chrétienne avec la manière dont on vit et dont il faut vivre dans le monde.

Mais Agnès consulte-t-elle si sa conduite va paraître extraordinaire aux Romains? examine-t-elle s'ils vont traiter son courage héroïque de fureur, et son martyre, de superstitition et de folie? Quoi de plus singulier selon le monde, que de renoncer à son âge à des établissements pompeux et préférer l'opprobre public et la rigueur des tourments , à des alliances éclatantes qu'elle pouvait se flatter de concilier avec sa foi et son innocence? Mais elle savait que la voie des justes est une voie solitaire et peu battue; que le monde a toujours eu le grand nombre de son côté; et que pour suivre Dieu, il faut se détourner du chemin que tiennent presque tous les hommes.

D'ailleurs, où est cette incompatibilité de l'Évangile avec la société ? Est-il incompatible avec les devoirs de l'amitié? mais c'est la religion toute seule qui peut nous assurer des amis sincères et fidèles : avec les sentiments de la reconnaissance? mais c'est la piété véritable qui forme les bons cœurs : avec la joie des conversations et des commerces? mais ce sont nos crimes qui forment toute la noirceur et toute la bizarrerie de nos humeurs ;

et une conscience pure est la seule source de la joie et des vrais plaisirs : avec le lien du mariage? mais c'est la foi toute seule qui rendant cette union sainte , la rend sûre et inviolable : avec les bienséances et les devoirs de la vie civile? mais c'est l'Évangile qui nous rend doux, humbles, affables, et qui nous persuade que nous devons toujours plus aux autres qu'on ne nous doit à nous-mêmes : avec les fonctions de la république? mais, si les maximes de l'Évangile gouvernaient les empires et les royaumes, on ne verrait ni l'abus de l'autorité , et l'oppression des faibles, ni la mauvaise foi dans les affaires, ni des fortunes monstrueuses , et par l'opulence qu'elles étalent, et par les injustices qu'elles cachent; ni l'innocent devenu le jouet et la victime du fourbe, ni la société déchirée par les haines , empoisonnée par les jalousies, ni enfin, les passions troubler et diviser les mêmes hommes que les seules passions réunissent.

Voulez-vous donc savoir en quoi l'Évangile est opposé à la société? aux vices qui la déshonorent, aux passions qui la troublent, aux débauches qui la renversent, au luxe qui y répand la confusion et la misère, aux jeux qui en font ou une fureur, ou un trafic éternel de ruse et d'artifice. L'Évangile ne retranche que les désordres qui corrompent la société; il en assure le fonds, la paix, les devoirs, les bienséances. Vivez selon Dieu, et vous serez bon citoyen, bon sujet, bon mari, magistrat équitable, maître modéré, épouse fidèle, juste, désintéressé, charitable. Ne nous dites donc pas que la piété n'est pas compatible avec la vie du monde : du monde pervers et corrompu, il est vrai; du monde qui ne connaît pas Dieu ; du monde qui est ennemi de toute vérité et de toute justice. Mais est-il nécessaire d'être fourbe , dissolu , voluptueux , injuste , vindicatif, irréligieux , pour vivre dans le monde ? sont-ce donc les vices tout seuls, qui doivent lier les hommes les uns aux autres? N'est-ce pas là plutôt ce qui les désunit? s'ilresteencoredela bonne foi de l'équité, de l'humanité, de la sincérité parmi les hommes, n'est-ce pas à la religion que nous en sommes redevables?

Grand Dieu! je sens bien moi-même l'injustice des prétextes que j'oppose à mes devoirs : votre loi sainte n'est incompatible qu'avec mes passions : j'ai beau adopter le langage du inonde contre la vertu, ma conscience s'élève contre moi-même, et me force de convenir en secret que si j'étais à vous, et que mes passions honteuses fussent éteintes, je serais meilleur père, meilleur mari, meilleur maître, ami plus fidèle, homme public plus appliqué et plus intègre, citoyen plus utile à mes frères. La piété

POUR LE JOUR

seule met tout à sa place : mes passions seules font que j'abuse de mes talents, de mes biens, de mon crédit, de mes places, de ma fortune; elles seu es troublent l'ordre de la société, que l'Évangile assure et sanctifie. C'est mon cœur tout seul , qui se révolte contre vous : ma raison, mes lumières, ma conscience, mon repos, mes intérêts mêmes , tout me sollicite en votre faveur; tout me presse de retourner à vous , ô mon Dieu ! les chaînes seules qui me lient à mes dérèglements, s'y opposent. Grand Dieu! rendez-moi les exemples de vos saints utiles : faites que mes lumières l'emportent enfin sur ma faiblesse ; que ma raison ne soit pas toujours le jouet de mes passions. Ne vous contentez pas de faire luire la vérité aux yeux de mon esprit : faites que cette lumière divine m'enflamme, brûle les liens honteux qui m'arrêtent, et me délivre dans le temps, pour ni'assurer l'éternelle liberté de vos enfants.

Ainsi soit-il.

SERMON

roiJR

LE JOUR DE SAINT FRANÇOIS DE PAULE

Cum infirmor, tune potens sum.

Je ne suis jamais plus puissant que lorsque je parais plus

faible.

(i.i Cou. xu, 10.)

Plus on est attentif aux voies de la Providence dans l'établissement de l'Église, plus on y entrevois je ne sais quels caractères divins , qui démêlent d'abord la religion de Jésus-Christ des opinions et des sectes, et ôtent à ses premiers progrès toute l'apparence des entreprises humaines. En effet, choisir des moyens assortis aux fins qu'on se propose; mettre en œuvre la force pour triompher , l'éloquence pour persuader, la grandeur pour éblouir, les plaisirs pour corrompre; c'est là comme le premier plan de la sagesse des hommes, et je n'y vois rien qui tienne tant soit peu du prodige. Mais que la faiblesse de Dieu ait été plus puissante que ce qu'il y a de plus fort parmi les hommes; que toute la politesse du siècle d'Auguste , toute la volupté de l'Asie, la force des Romains, la sagesse des Grecs, la férocité des Barbares, l'orgueil des philosophes, les préjugés et la superstition des peuples, enfin, que toute hauteur soit venue se briser contre la grossièreté, la faiblesse, l'ignorance et les travaux de douze pêcheurs; que Daniel ait été l'arbitre des vieillards; Goliath, le jouet d'un enfant; Holo-

pherne, ce conquérant impie, la proie et la conquête d'une femme; que Gédéon, que Barac, que Débora, personnes faibles et viles, soient devenues la terreur des ennemis d'Israël; que Moïse même, malgré sa timidité, et l'invincible embarras de sa langue, ait confondu les sages des Égyptiens , arraché à toute la puissance d'un grand roi une nation entière , et rendu ce peuple inquiet et intraitable docile à des préceptes pénibles et infinis: ce sont là, 6 mon Dieu, les routes ordinaires de votre sagesse, toujours indépendante des moyens, toujours maîtresse des événements, et toujours marquant ses voies par des traits sensibles qui les distinguent si fort de celles de l'homme.

Je sais que dans ces siècles avancés, la foi n*a plus besoin de ces événements singuliers pour s'établir dans l'esprit des peuples , et que la sagesse de Dieu se cache, pour ainsi dire, présentement sous les dehors communs de sa providence. Cependant, comme il se trouve toujours de ces Juifs charnels qui demandent des signes, chaque siècle fournit à la religion quelqu'un de ces grands spectacles, de peur que la foi qui n'est presque plus qu'une lampe fumante ne s'éteigne tout à fait, et afin que le Fils de l'Homme revenant puisse en retrouver sur la terre.

Tel a été du temps de nos pères François de Paule , cet homme si faible selon la chair, et si puissant selon l'esprit : cet instrument vil et méprisable aux sens : cette pierre mal polie dont parle Daniel , et détachée sans art de la montagne, mais qui conduite par une main invisible, sut humilier les colosses orgueilleux, briser la dureté des cœurs, et devenir elle-même une de ces saintes montagnes sur qui la céleste Sion est fondée : et enfin cette autre verge mystérieuse, sèche et fragile en apparence, mais qui entre les mains du Dieu de Pharaon commanda aux vents et à la mer, eut les clefs de la mort et de l'abîme, changea la face du ciel et de la terre, s'attira le respect même des rois qu'elle avait frappés, et qui placée depuis dans le sanctuaire, poussa des branches saintes, et couvrit toute l'arche de ses feuilles. Mais c'est pour guérir nos erreurs, mes frères, que je viens aujourd'hui vous raconter ses prodiges : c'est pour réformer les fausses idées que le monde nous donne de la gloire et de la grandeur ; et vousconvaincre, hélas ! que lesdistinctions les plus brillantes, une naissance illustre, une supériorité de génie , un amas pénible des plus rares connaissances, une fortune riante, des dignités où le mérite seul peut conduire, des talents éclatants, l'art des intrigues et des négociations, les emplois de la paix et de la guerre, tout cela, si la grâce n'en fait des moyens de salut, n'est aux yeux de la foi que

DE SAINT FRANÇOIS DE PAULE

comme un glaive fatal entre les mains d'un furieux, qui, après avoir servi quelque temps d'amusement à sa folie, devient l'instrument assuré de sa perte. Vous allez donc voir dans cet éloge la prudence du siècle réprouvée, la force confondue par la faiblesse, la science qui enfle céder à la simplicité qui édifie, et vous avouerez que jamais saint ne parut plus faible aux yeux de la chair, et que jamais saint ne fut plus puissant aux yeux de la foi : je réduis tout ce discours à ces deux réflexions.

Implorons, etc.

Ave, Maria.

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