LE 3 AOUT
Messieurs, Chep.s Élèves,
Ces solennités littéraires n'auraient pas tout rintérêt qu'elles méritent, si elles ne devenaient pour nous une occasion df vous donner quelques bons conseils. Voilà pourquoi je ne manque jamais de mettre à profit ces fêtes de la jeunesse, pour signaler aux élèves et à leurs maîtres fun ou l'autre point sur lequel je désire appeler leur
attention. C'est à la fin de cliaque année que viennent se placer tout naturellement de pareils avis; et les réflexions, que suggère l'expérience du passé, deviennent pour l'avenir un principe de conduite et une règle de direction.
Aujourd'hui, je viens plaider devant vous la cause d'un malade, je dirais presque d'un mourant. Il y a quelque trente années, ce malade se portail encore très bien ; nous tous qui l'avons connu dans notre enfance, nous lui trouvions une santé robuste, et nous espérions qu'il ferait longue vie. Cependant, alors déjà, il trahissait dans sa constitution des symptômes de faiblesse : c'était à qui lui disputerait l'air et l'espace; et d'aucuns osaient prédire qu'il n'irait pas très loin. Il eut le maMieur de tomber entre les mains des empiriques, et il devint pour eux un thème à expérimentation. L'un d'eux, doué d'ailleurs d'un bon naturel , imagina de lui laisser une existence, comment dirai-je?... facultative, en le tenant suspendu entre la vie et la mort; l'autre, plus audacieux et mieux avisé, essaya, pour le guérir, de le tuer d'un seul coup. Le malade en est revenu, grâce à la mort des médecins ; mais, si je suis bien informé, il