‹ Œuvres de Mgr. Freppel (volume 2)Chapitre 21 sur 38 · INSTALLATION DE L'AUMONIER · texte numérisé non relu

INSTALLATION DE L'AUMONIER

menls de foi et de reconnaissance vous avez accueilli celte nouvelle marque d'intérêt des pouvoirs publics.

S'il est, en effet, une partie de la nation oîi la religion doive avoir sa grande place, avec ses secours et ses consolations, c'est bien l'armée, l'armée qui demande à la volonté humaine ses plus énergiques efforts, l'armée qui personnifie le devoir dans ce qu'il y a de plus austère et de plus rigoureux. Et je ne parle pas seulement de ces heures terribles où il s"agit pour le soldat de puiser dans la certitude d'une vie fulure le courage de sacrifier la vie présente sans faiblesse ni hésitation. Sans doute, c'est alors surtout que la religion doit apparaître au milieu des camps comme une force et une bénédiction ; car, seule, elle a des pardons qui dissipent toute inquiétude, et des espérances qui étouffent le regret. C'est elle qui fait battre des cœurs purs dans des poitrines d'airain, et qui allume en eux la flamme (lu sacrifice. Elle inspire au guerrier le mépris de la mort, en entr'ouvrant devant lui des horizons plus vastes que le monde ; et quand elle apparaît sur un champ de bataille, la croix à la lïiain et la prière sur les lèvres, il n'y a pas

d'héroïsme qu'elle ne soit capable d'éveiller dans les âmes, comme il n'est pas de souffrance qu'elle n'ait le don d'adoucir et de calmer.

Voilà ce qui fait les Bayard, les Dassas, les Turenne et tant d'autres héros chrétiens tombés au champ d'honneur avec une abnégation qui prenait sa source dans leur foi religieuse. Mais ne parlons pas, si vous le voulez, de ces heures solennelles dans la vie d'une armée, de ces moments redoutables où l'homme sent si bien qu'il a besoin de Dieu pour soutenir sa faiblesse. Pas plus en temps de paix que devant l'ennemi, la religion ne saurait être absente du milieu de vous. Qu'est-ce, en effet, que l'armée, sinon la fleur de la nation, l'élite et l'orgueil des familles ? Chaque année, pour me servir des paroles d'un grand orateur , le recrutement , comme une pompe puissante, aspire, pour le refouler dans l'armée, ce qu'il y a de plus pur et de plus généreux dans le sang d'un peuple (1). Vous empruntez à nos villes et à nos campagnes, à l'atelier comme à la ferme, vous allez prendre

(1) M. de Montalembert, Discours au Corps Législatif, 2i mars 185j.

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