‹ Œuvres de Mgr. Freppel (volume 2)Chapitre 22 sur 38 · INSTALLATION DE LAUMONIER · texte numérisé non relu

INSTALLATION DE LAUMONIER

dans toutes les classes de la société leurs éléments les plus sains et les plus vigoureux, pour en former vos bataillons ; et c'est là sans doute le plus grand des sacrifices que la famille puisse faire à la patrie. Mais, pour être équitable, un tel sacrifice ne doit pris être sans retour. Ces éléments de force et de vitalité que la nation vous met sous la main et que vous cherchez à vous assimiler, elle vous les redemande au bout d'un certain temps, assouplis et façonnés; vous devez lui rendre, avec un accroissement d'intelligence et de valeur morale, ce que vous recevez d'elle en énergie et en virilité. Il faut que, pour chacun de ces jeunes hommes, son passage sous les drapeaux devienne un apprentissage de la vie sérieuse, une préparation aux devoirs qui l'attendent dans la famille et dans la cité. Voilà le vrai rôle de l'armée pour l'avenir d'un pays. Eh bien, Messieurs, dans cette élaboration lente et continue de l'âme de tout un peuple, dans cette éducation commune de la jeunesse virile d'un pays, comment la religion n'auraitelle pas sa large part, elle qui a pour mission de relever les âmes et de les former aux mâles vertus ? L'armée est une grande école de res-

pect : el OÙ donc le respect a-t-il son fondement, sinon dons le principe d'autorité que la religion proclame el consacre? L'armée est une grande école dlionneur : mais qui mieux que la religion sait inspirer à l'iiomme le sentiment de sa noblesse et de sa dignité personnelle? L'armée est une grande école de discipline : or, quoi de plus propre à discipliner les âmes que de les faire plier sous la règle suprême dont dérivent toutes les autres? L'armée est une grande école de sacrifice : et qu'est-ce que la religion, sinon la docti'ine même du sacrifice appuyée sur l'exemple de l'Homme-Dieu mourant sur la croix pour le salut de ses frères? De quelque côté que vous envisagiez vos devoirs, la religion se présente à vous comme un auxiliaire indispensable dans Téducalion militaire d'un peuple. Il n'y a pas de vraie soumission aux ordres qui partent de l'homme, là où les commandements de Dieu sont méconnus ; et celui-là seul obéit sans murmure aux pouvoirs de la terre, qui sait rendre au Roi du ciel l'hommage de sa foi et de son culte.

De là vient, Messieurs, qu'il s'est toujours attaché à l'idée de milice je ne sais quoi de

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