INSTALLATION DE L'AUMONIER
la paternité, et l'effacement de soi-nriême devant un intérêt général qui commande l'immolation de la volonté propre. Ici comme là, l'idée du devoir domine tout le reste : ce sont deux armées qui marchent parallèlement, l'une à la conquête des âmes, l'autre à la défense du droit, de l'ordre et de la justice. L"épée surmontée de . la croix, voilà le vrai symbole de la civilisation chrétienne; et les intérêts d'un pays sont en sûreté, chaque fois que ces deux grandes forces s'allient pour le triomphe d'une même cau-e.
Dès lors, Messieurs, je ne saurais m'étonnor de la faveur avec laquelle vous avez accueilli le prêtre que je vous présente en ce moment. C'est un soldat de plus auquel vous ouvrez vos rangs, mais un soldat du ('.hrisl et de l'Église, chargé de remplir auprès de vous le ministère d'enseignement et de sanctification que Dieu lui a confié. Et ce n'est pas seulement la voix de Dieu que vous entendrez dans la sienne : une autre voix encore vous parlera par sa bouche, la voix de la famille absente, de la famille qui vous suit de l'œil avec une tendresse inquiète et qui vous demande de rester ce qu'elle
VOUS a faits, la voix trune mère, d'une sœur, qui, là-has, au village natal, pensent à vous et prient pour vous ; la voix du bon prêtre qui a été le guide et le précei)leur de votre enfance. Tous ces souvenirs si touchants du premier âge, ces saintes affections du foyer domestique, l'aumùnier, au milieu de son régiment, les rappelle, les personnifie en quelque sorte ; et c'est pourquoi il représente à vos yeux tout ce qu'il y a, dans le ciel et sur la terre, de plus saint et de plus sacré.
Je ne puis donc qu'augurer favorablement d'un ministère qui s'exerce dans de telles conditions; et j'ai été heureux de pouvoir l'offrir à l'un de mes prêtres les plus pieux et les plus zélés. A Dieu d'achever son œuvre, en inclinant les cœurs qu'il tient dans sa main : il n'est pas d'institution qui nous intéresse davantage. Car c'est par les armées que se préparent les grandes ruines et les grandes restaurations : elles portent dans leurs lianes la mort ou la résurrection des peuples. En tête de la loi salique, nos ancêtres avaient écrit ces mots : « Vive le Christ qui aime les Francs ! » Il ne tient qu'à nous. Messieurs,