‹ Œuvres de Mgr. Freppel (volume 2)Chapitre 31 sur 38 · D'ANGERS A MONTREUIL-BELLAY · texte numérisé non relu

D'ANGERS A MONTREUIL-BELLAY

gion applaudit à tous les progrès de l'industrie et des arts. Que les peuples s'occupent d'améliorer leur condition matérielle, qu'ils cherchent à orner et à embellir la vie présente, pourvu qu'ils usent avec modération du fruit de leur travail ; l'Église, loin de se montrer hostile à leurs efforts, les encourage et les bénit ; elle leur imprime volontiers le sceau de la consécration divine.

Mais se rappelant que l'esprit doit dominer la matière, et que les intérêts de l'àme sont supérieurs à ceux du corps, elle place plus haut l'idée de la perfection sociale ; à ses yeux, un pays n'est vraiment riche et heureux qu'autant que le progrès religieux et moral y marche de pair avec le progrès industriel. Elle compte avant tout la somme de vertus que possède un peuple ; et c'est à ce capital immatériel qu'elle en mesure la force et la vitalité. Pour elle, le progrès ne consiste pas seulement à faire plus de kilomètres à l'heure, ou à acheter les denrées à meilleur prix : le progrès, c'est encore, c'est surtout l'avancement d'une nation dans la lumière, dans la justice, dans la moralité, dans

le respect des droits de chacun, dans les bons rapports des gouvernants avec les gouvernés ; le progrès, c'est plus de douceur et de pureté dans les mœurs, plus d'équité dans les lois, plus de sagesse et de fermeté dans les institutions ; c'est la modération en haut, la soumission en bas, le dévouement et la charité partout. Or, c'est l'observation de la loi divine qui produit toutes ces grandes choses : elle est la source du vrai progrès et de la vraie civilisation : ut in lege tua ambulare et viam mandatorum tuorum currere non omit tan t.

Puisse donc cette nouvelle voie ferrée contribuer non seulement à la prospérité matérielle de la contrée, mais encore à son amélioration religieuse et morale ! Puisse-t-elle, en rapprochant les populations, resserrer les liens d'affection qui devraient unir entre eux tous les enfants d'une même patrie ! Puissent ces chars de feu n'emporter dans l'espace, avec les plus riches produits de la France, que des hommes pénétrés du sentiment de leurs devoirs et ne servir jamais de véhicule qu'aux idées saines et aux bonnes doctrines! Puissent ces lignes de fer

Page 1