D'ANGERS
soutenir comme par le passé et à les développer au besoin clans la mesure de nos ressources. En prenant cette résolution, nous avions la certitude de prévenir vos vœux. Aussi bien les raisons qui nous faisaient agir il y a cinq ans, n'ont-elles rien perdu de leur force ni de leur gravité. Au contraire, devant les progrès effrayants de l'athéisme et du matérialisme, il importe plus que jamais de former dans nos Facultés catholiques une génération d'hommes alliant la foi chrétienne à la vraie science, également dévoués aux intérêts de la religion et de la patrie, ne séparant jamais dans leurs affections la cause de l'Église et celle de la France, capables de résister aux fausses doctrines comme à l'entraînement des mauvaises passions, honorant toutes les professions libérales par la dignité de leur vie, et pouvant dès lors exercer dans vos villes et dans vos campagnes la bienfaisante influence que donne le talent joint à la vertu.
Assurément, Nos Très Chers Frères, nous aurions préféré qu'on eût laissé au temps et à une plus longue expérience le soin d'indiquer les améliorations dont la loi de 1875 pouvait être susceptible. Mais, sans vouloir reprendre les
controverses du passé ni préjuger les revendications de l'avenir, nous estimons qu'il convient avant tout de tirer le meilleur parti possible de la situation présente. Or, grâce à de généreux efforts que nous ne saurions trop reconnaître, nos Facultés catholiques ont conservé d'importantes attributions. Rien d'essentiel n'est changé dans leurs conditions d'existence: nos étudiants continueront, comme auparavant, à prendre leurs inscriptions dans l'École même dont ils suivent les cours ; et ces inscriptions leur conféreront les mêmes droits qu'aux élèves des établissements de l'État. Si le bénéfice du jury spécial leur est retiré, malgré nos justes réclamations, nous avons la ferme confiance qu'ils sauront faire preuve, devant d'autres juges, d'une science et d'une application couronnées jusqu'ici par de si éclatants succès. Ils trouveront dans le dévouement sans bornes de nos professeurs, et dans l'organisation de nos internats si favorables aux bonnes études, un ensemble de ressources et d'avantages qui leur permettront d'aborder, sans crainte, des épreuves dont la publicité ne laisse pas d'offrir une garantie sérieuse. Nous repous-