SUR LE PASSE ET L'AVENIR
Quoi qu'il en soit, ces deux lustres, pour me servir d'un terme classique, n'auront pas été sans éclat ; et si l'on ne peut pas dire de cette première décade, comme de celles de Tite-Live, que le merveilleux y abonde, il n'est que juste d'y voir, de la part des catholiques de Saumur, un grand effort d'intelligence et de bonne volonté. Le difficile n'était pas, pour une telle entreprise, de trouver des hommes ; car il suffit de frapper du pied cette terre d'Anjou pour en faire sortir des hommes de science et de dévouement. Ce qui paraissait moins facile, c'était de trouver ce je ne sais quoi dont on n'a jamais réussi à se passer, sans lequel on ne peut rien et avec lequel on peut tout. Non pas qu'à cet égard les ressources fissent absolument défaut; et, sans vouloir affirmer que la Loire roule au pied de Saumur les sables d'or du Pactole, il est pourtant permis de dire que la pauvreté n'y a pas établi son siège. Mais que d'œuvres, importantes elles aussi, avaient déjà leur chapitre inscrit au budget de la charité catholique ! Le maréchal Bugeaud disait « depuis que je fais la guerre, je m'aperçois que ce sont toujours les mêmes soldats qui se font tuer. » Nous pouvons dire