LETTRE A L'OCCASION DU PELERINAGE
tude agressive d'une partie de la population italienne contre la France, il ne pouvait venir à l'esprit d'aucun évêque français de choisir le moment actuel pour se rendre auprès du Souverain Pontife. D'ailleurs, en présence de manifestations qui sont hors de toute proportion avec l'acte irréfléchi de quelque jeune étudiant, les directeurs des pèlerinages s'étaient empressés spontanément de suspendre leurs projets.
Je partage absolument, Monsieur le Ministre, votre juste souci des « intérêts de la nation » ; mais il m'est impossible de ne pas appeler à mon tour l'attention du gouvernement sur la situation anormale et violente que révèlent ces regrettables incidents. S'il suffit d'un fait purement individuel, d'un acte de légèreté de quelque pèlerin, désavoué d'ailleurs par tous ses compagnons, pour amener à Rome et d'un bout de l'Italie à l'autre un pareil déchaînement de passions contre la France, et pour rendre impossible aux catholiques d'un pays leur accès auprès du Père commun des fidèles, peut-on dire que l'honneur et la dignité de notre nation n'ont reçu aucune atteinte, et que le Pape est vraiment libre dans l'exercice de son ministère ? Laissez-