JROLE DE LA CHARITE
doivent tendre nos efiforts, avant tout et pardessus tout : le reste viendra de soi. Je sais, Messieurs, qu'en parlant de la sorte, on se heurte à certaines opinions trop répandues dans le monde moderne. C'est uniquement à titre de justice que le socialisme contemporain réclame la pratique de la bienfaisance; or, comme rien n'est plus contraire à la saine raison, qui défend de mêler ensemble des choses qu'il faudrait, au contraire, distinguer avec soin, il en résulte une grande confusion de mots et d'idées. Ainsi, même aux yeux d'un certain nombre de chrétiens, l'aumône, que l'Évangile exalte et glorifie à chaque page, semble devenue une sorte d'humiliation : comme si le don de soi-même, sous une forme ou sous une autre, n'était pas l'exercice le plus noble et le plus élevé des facultés humaines ; comme si, riches et pauvres, nous n'avions pas tous besoin les uns des autres, sans qu'il y ait là rien d'humiliant pour personne. Il est tout un ensemble de vertus, et des plus admirables, qui disparaîtraient du monde, si l'on prétendait tout ramener à la stricte justice : la générosité, le dévouement, le sacrifice, la reconnaissance.