DANS LES QUESTIONS SOCIALES
tion à toutes les douleurs, et elle sut, par ses innombrables œuvres et ses institutions, susciter une noble émulation de zèle, de générosité et d'abnégation. »
Toute l'histoire est là pour confirmer ces paroles. C'est la charité qui a transformé le monde. L'idée de justice n'y était pas inconnue, à tel point qu'on a pu appeler le droit romain, non sans quelque exagération, il est vrai, « la raison écrite ». Et où en était, grand Dieu! l'universalité des pauvres et des travailleurs ? Il a fallu, pour changer cet état de choses, que la charité chrétienne apprit à aimer le prochain comme soi-même pour l'amour de Dieu. Toute la civilisation chrétienne est sortie de ce « commandement nouveau », comme l'appelle l'Évangile, Mandatum novum. Il est évident que, à son tour, le sentiment de la justice a dû se perfectionner par là même ; car je le répète, quand on aime le prochain jusqu'à lui donner ce qui ne lui appartient pas, il est impossible de n'être pas disposé à lui rendre ce qui lui est dû, ce qui est le propre de la justice.
C'est donc à fortifier et à développer dans les âmes le sentiment de la charité chrétienne que