A L'OCCASION DES NOCES D'ARGENT
d'où sont parties de si fécondes et de si hardies initiatives pour l'amélioration du sort des classes ouvrières. C'était dans les années 60, époque de grande prospérité pour la France. Qui vous eût dit alors, à vous, jeune prêtre alsacien, qui nous eût dit à nous, vos aînés dans le sacerdoce, que, vingt-cinq ans après, notre pays descendrait du premier rang qu'il occupait alors dans le monde, et qu'il viendrait un temps où, pour aller passer quelques jours auprès des cendres de nos aïeux, dans notre province natale , nous en serions réduits à solliciter la grâce d'un vainqueur aussi brutal après la victoire, qu'il avait été persévérant et habile à la préparer de longue date?
Quoi qu'il en soit, l'Alsace vous réclamait aussitôt après votre promotion au sacerdoce ; elle réclamait les prémices de votre zèle, pour l'une de ces maisons d'éducation dont elle était alors si justement fière. Grande et belle carrière pour un prêtre, que de former à la science et à la vertu ces jeunes hommes qui devront plus tard servir et honorer leur pays dans les différentes carrières de l'armée, de la magistrature et de l'administration ! Avec quelle ardeur et quel talent vous remplissiez ces fonctions de
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renseignement à Colmar, et plus tard à la Chapelle, nous le savions, nous qui suivions de loin, mais avec une affectueuse sollicitude, tout ce qui pouvait intéresser le présent et l'avenir de notre chère Alsace.
Les événements devaient bientôt vous ramener au sein de la capitale, dans l'exercice d'un ministère non moins important que le premier. Quoi de plus utile, en effet, à l'Église, aux familles et au pays, que de se vouer à l'éducation religieuse des jeunes filles, afin de les préparer à cette mission de piété, de dévouement et de charité, qui est le propre de la femme chrétienne? L'espoir de la France n'est-il pas dans cette action si douce, si bienfaisante et si efficace, qui s'est exercée depuis l'origine de ce pays, et qui est restée l'un des traits les plus caractéristiques de son histoire? Je ne puis donc que vous féliciter d'avoir été appelé à concourir au succès de cette œuvre, dans laquelle les Dames de l'Assomption montrent une activité, un savoir et une délicatesse d'esprit et de cœur qui sont au-dessus de tout éloge.
Un quart de siècle passé dans l'éducation religieuse de la jeunesse française, voilà, certes, des