LIVRE I, CHAR XXVIII
Fiat* au cœur mort ma playe languissant ,
Wourrit mon mal et luy faict prendre haleine,
Lors je eonceoy quelque esperaoce vaine :
Mais aussi tost , ce dur tyran , s'il sent Que mon espoir se renforce en croissant ,
Pour re&ioufler cent tourments U m’anxine
Encor tout frez : lors je me veois blasmant D’avoir esté relxHie à mon tourment.
Vive le mai , 6 dieux ! qui me dévore !
Vive à son gré mon tourment rigoureux !
O bien-heureux , et bien-heureux encore,
Qui sans refasebe est toujours mai heureux!
xx vm.
Si contre amour je n’ay auhre dcffence,
Je m'en plaindray , mes vers le mauküroiU,
Et après moy Jes roclios rediront Le tort qull fa Ici à ma dure constance.
Puis que de luy j'endure ceste oOeuœ ,
Au moiugs tout liauil mes rhy dunes le diront ,
Et nos neveus , alors qu’ils me liront ,
En roullrageant m’en feront la rei»geance.
Ayant perdu tout Tayse que j*avois ,
Ce sera peu que de perdre ma voix.
8*00 açait l’aigreur de mon triste soucy,
El feust celui qui m’a faict ceste playe ,
D en aura , pour si dur cœur qu'il aye,
Quelque pitié , mais non pas de mercy.
Jà rduifoit la benofete journée Uue la nature au moude te debvoit ,
Quaiki des thresore qu’elle te réservait Sa grande clef te feust abandonnée.
Tu prias fa grâce à loy seule ordonnée;
Tu pillas tant de beaules qu’ciie a voit ,
Tant qu’elle , fiere, alors qu’elle le veoit ,
En est par fois elle mesme estonnée.
Ta main de prendre enfin se contenu :
Mais la nature encor te présenta ,
Ponr t'enrichir , ceste terre où nous sommes.
Tu n’en prias rien : mais en toy tu feu ris ,
Te sentant bien en avoir assez pris Pour estre kry royne du cœur des hommes.