CHAPITRE XUU
Des loix sumpluairet.
La façon de quoy nos loix essayent à regler les folles et vaines despenses des tables et vestements semble estre contraire à sa fin. Le vrav moyen, ce seroit d’engendrer aux hommes le mespris de l’or et de la soye, comme de choses vaines et inutiles; et nous leur augmentons Phonneur et le prix, qui est une bien inepte façon pour en desgouster les hommes. Car dire ainsi, qu’il n’y aura que les princes qui mangent du turbot et qui puissent porter du velours et de la tresse d’or, et l’interdire au peuple, qu’est ce aultre chose que mettre en crédit ces choses là, et faire croistre l’envie à ehascun d’en user? Que les roys quittent hardiment ces marques de grandeur; ils en ont assez d’aultres; tels excès sont plus excusables à tout aultre qu’à un prince. Par l’exemple de plusieurs nations nous pouvons apprendre assez de meilleures façons denousdislinguerexterieurement et nos degrés (ce que j’estime à la vérité estre bien requis en un estât), sans nourrir pour cest effect ceste corruption et incommodité si apparente. C est merveille comme la coustume en ces choses in-
(V) plut., rie de Pyrrhus , c. 1. Ou connaît OnilUlk» de Boileau , dans sa première Êpltre.
(i) C’est qu’il ne connaissait pu le* bornes qu'on doit meure à ses désirs; c’est qu’U ignorai! jusquou xa le plaisir xériUbte. Lee*., V , 1451.
(X) Chacun se fait à soi-méme sa destinée. Caaa. Sir., fl# <J'AUlcus,c. Il