LIVRE I
qu’il «voit laissé seul au gouvernement de son bien, qui estoit en tout sept arpents de terre, s'en estoit enfuy, ayant desrobe ses utile à labourer, et demandoit congé pour s’en retourner et y pourveoir, de peur que sa femme et ses enfants n’en eussent à souffrir. Le sénat pourveut à commettre un aultre à la conduicte de ses biens et lui feit restablir ce qui lui avoit esté desrobé, et ordonna que sa femme et enfants seroient nourris aux despens du publirque.
Le vieux Caton', revenant d’Espaigne consul, vendit son cheval de service pour espargner l'argent qu’il eust cousté à le ramener par mer en Italie, et estant au gouvernement de Sardaigne, faisoit ses visitations à pied, n’ayant avecqoes luv aultre suitte qu’un officier de la chose publirque qui luv porloit sa robbe et un vase à faire des sacrifices ; et le plus souvent il portoit sa male luy mesme. Il se vantoit de n’avoir jamais eu robbe qui eust cousté plus de dix escus, ny avoir envoyé au marché plus de dix sols pour un jour ; et de ses maisons aux champs, qu’il n’en avoit aulcune qui feust crépie et enduite par dehors.
Scipion Æmilianus*, après deux triumphes et deux consulats , alla en légation avec sept serviteurs seulement. On tient qu’Homere n’en eut jamais qu’un, Platon trois ; Zenon, le chef de la secte stoïcque, pas un*. Il ne feut taxé que cinq sols et demv pour jour à Tiberius Gracchus*, allant en commission pour la chose publirque, estant lors le premier homme des Romains.