LIVRE II, CHAP. XII
l’homme ne recognoistra ce qu’il doibl à son m&istre ; il fera tousjours de ses œufs poules, comme on dict : il le fauit mettre en chemise. Veoyons quel notable exemple de l’ciïect de sa philosophie : Posidonius, estant pressé d’une si douloureuse maladie qu’elle luy faisoit tordre les bras et grincer les dents, pensoit bien faire la figue à la douleur pour s’cscrier contre elle : * Tu as beau faire, si ne diray je pas que tu sois mal *. » Il sent mesme passion que mon iaquay ; mais il se brave, sur ce qu’il contient au moins sa langue soubs les loix de sa secte : re tuccumbere non oportebat, verbis glorianlem *. Arcesilas estant malade de la goutte, Carneades, qui le veint visiter, s’en retournoit tout fasché ; il le rappela, et, luy montrant scs pieds et sa poictrine : •* Il n’est rien venu de là icy, » luy dict il®. Ccstuy cy a un peu meilleure grâce ; car il sent avoir du mal, et en vouldroit estre depestré; mais de ce mal pourtant son cœur n'en est pas abattu nv affoibly : l’aultre se tient en sa roideur, plus, ce crains je, verbale qu'essentielle. Et Ûionysius Heracleotes, aflligé d’une cuison vehemente des yeulx, feut rengé à quitter ces resolutions stoïctjues*. Mais quand la science feroit par effect ce qu’ils disent d’esmoucer et rabbattre l’aigreur des infortunes qui nous suyvent, que faict elle que ce que faict beaucoup plus purement l’ignorance, et plus évidemment? Le philosophe Pyrrho, courant en mer le hazard d’une grande tourmente, ne presentoit à ceulx qui estoient avecques luy à imiter que la securité d’un porceau qui voyageoit avecques eulx, regardant ceste tempeste sans effroy®. La philosophie, au bout de ses préceptes, nous renvoyé aux exemples d’un atblete et d’un muletier, ausquels on veoid ordinairement beaucoup moins de ressentiment de mort, de douleur et d’au lires inconvénients, et plus de fermeté, que la science n’en fournit oneques à aulcun qui n’y feust nay et préparé de soy mesme par habitude naturelle®. Qui faict qu’on incise et taille les tendres membres d’un
P) Cic., T use. quant., It, as. c. ;
M Faisant le brave ni paroles, il ne fallait pas succomber en eflbt. etc., Ttuc. quant., II, 13.
(a, etc., de FM., V, st.
(4) etc., de FM., V, 31 ; TUX , II, 43. C.
(5) bloc. Utr.RCC, IX, G9. C.
(0) (Kiulalguc ajoutait Id dans l'édition ln-4‘ de 13SB, fol. 4bt verso : a La cognojssnncc nous csguisc pltutosl nu ressentiment des maulv, qu'elle ne les allégé, si. V. b.
Moktaichi.
enfant, et ceulx d’un cheval, plus ayséement que les nostres, si ce n’est l’ignorance? Combien en a rendu de malades la seule force de l'imagination? Nous en veoyons ordinairement se faire saigner, purger et medcciner, pour guarir des maulx qu’ils ne sentent qu’en leur discours. Lorsque les vravs maulx nous faillent, la science nous preste les siens : ceste couleur et ce teinct vous présagent quelque detluxion catarrheuse ; ceste saison chaulde vous menace d’une esmotion fiebvreuse ; ceste coupeure de la ligne vitale de vostre main gauche vous advertitde quelque notable et voisine indisposition: et enfin elle s’en addresse tout destronssement * à la santé mesme ; ceste alaigressc et vigueur de jeunesse ne peult arrester en une assiette ; il luy fault desrobber du sang et de la force, de peur qu’elle ne se tourne contre vous mesme. Comparez la vie d'un homme asservy à telle* imaginations à celle d’un laboureur se laissant aller après son appétit naturel, mesurant les choses au seul sentiment présent, sans science et sans prognostique, qui n'a du mal, que lorsqu’il l'a ; où l’aultre a souvent la pierre en l'ame. avant qu’il l'ayt aux reins : comme s’il n’estoit point assez à tempsde souffrir le mal lorsqu’il y sera, il l'anticipe par fantasie, et luy court au devant. Ce que je dis de la medecine se peult tirer par exemple generalement à toute science : de là est venue ceste ancienne opinion des philosophes*, qui iogeoient le souverain bien à la recognoissance de la foiblesse de nostre jugement. Mon ignorance me preste autant d’oecasion d’cspcranec que de crainte ; et n’ayant aultre réglé de ma santé que celle des exemples d’aultruy et des événements que je veois ailleurs en pareille occasion, j’en treuvede toutes sortes, et m’arreste aux comparaisons qui me sont plus favorables. Je receois la santé les bras ouverts, libre, plaine et entière ; et aiguise mon appétit à la jouir, d’autant (dus qu’elle m’est à présent moins ordinaire et plus rare : tant s’en fault que je trouble son repos et sa doulceur par l’amertume d’une nouvelle et eontraincte forme de vivre. Les bestes nous montrent assez combien l’agitation de nostre esprit nous apporte de maladies : ce qu’on nous dict de ceulx du Brésil, qu’ils ne mouraient que de vieillesse, on l’attribue à la sérénité et tranquillité de leur
(I) Ouvertement.
(î) 1)09 sceptlqor»
air; je l’attribue plustost k la tranquillité et sérénité de leur ame, deschargée de toute passion, pensée et occupation tendue ou desplaisante ; comme gents qui passoient leur vie en une admirable simplicité et ignorance, sans lettres, sans loy, sans roy, sans religion quelconque. Et d’où vient, ce qu’on vcoid par expérience, que les plus grossiers et plus lourds sont plus fermes et plus désirables aux executions amoureuses ; et que l’amour d’un muletier se rend souvent plus acceptable que celle d’un gallant homme, sinon qu’en cestuy cy l'agitation de l'ame trouble sa force corporelle, la rompt et lasse, comme elle lasse aussi et trouble ordinairement soy mesme? Qui la desmeut, qui la jectc plus couslumierement k la manie, que sa promptitude, sa poincte, son agilité, et enfin sa force propre ? de quoy se faict la plus subtile folie, que de la plus subtile sagesse ? Comme des grandes amitiés naissent des grandes inimitiés; des santés vigoreuses les mortelles maladies, ainsi des rares et vifvcs agitations de nos arnes les plus excellentes manies et plus destracquées; il n’y a qu'un demi tour de cheville k passer de l’un k Paultre. Aux actions des hommes insensés nous vcoyons combien proprement la folie convient avecqucs les plus vigoreuses operations de nostre ame. Qui ne sçait combien est imperceptible le voisinage d’entre la folie avecques les gaillardes eslcvations d’un esprit libre, et les cffects d’une vertu suprême et extraordinaire? Platon dict les melancholiques plus disciplinables et excellents: aussi Ven est il point qui ayent tant de propension k la folie. Infinis esprits se trouvent ruynés par leur propre force et soupplesse : quel sault vient de prendre, de sa propre agitation et alaigresse, l'un des plus judicieux, ingénieux, et plus formés k l’air de ccste antique et pure poésie, qu’aultre poète italien aye jamais esté? n’a il pas de quoy sçavoir gré à ceste sienne vivacité meurtrière ? k ceste clarté qui l’a aveuglé? k ceste exacte et tendue appréhension de la raison, qui l’a mis sans raison ? k la curieuse [et laborieuse [queste des sciences, qui l’a conduict k labestise?k ceste rare aptitude aux exercices de l’ame, qui l’a rendu sans exercice et sans ame? J’eus plus de despit encores que de compassion, de le veoir k Ferrare en si piteux estât, survivant k soy mesme, mescognoissant et soy et ses ouvrages, lesquels, sans son
sccu, et toutefois k sa veue, on a mis en lumière incorrigés et informes 1 .
Voulez vous un homme sain, le voulez vous réglé, et en ferme et seurc posture? affublez le de tenebres d’oysiveté et de pesanteur : il nous fault abestir pour nous assagir, et nous esblouirpour nous guider. Et si on me dict quels commodité d’avoir l’appetit froid et mouce aux douleurs et aux maulx tire après soy ceste incommodité de nous rendre aussi, par conséquent, moins aigus et friands k la jouissance des biens et des plaisirs , cela est vray : mais la misère de nostre condition porte que nous n’avons pas tant k jouir qu’a fuyr, et que i’extreme volupté ne nous touebe pas comme une legiere douleur : Segnius homines bona quem mala scnliunP : nous ne sentons point l’entiere santé, comme la moindre des maladies ;
Pungit
In cuit t’i-r tumma violation plagula corpus;
Quando valere nihil qucmquam movet. Uoc juvat unirai, Quod me non torquet la tus, aut pet : cetera çui«juaw VU queat aut sanum tese, autsenlire valcntcm s.
nostre bien estre, ce n’est que la privation d’estremal. Yqylk pourquoy la secte de philosophie qui a le plus faict valoir la volupté, encores l'a elle rengée k la seule indolence. Le n’avoir point de mal, c’est le plus avoir de bien que l’homme puisse espérer, comme disoit Ennius,
Minium boni C4t cui ni li il est mali 4 ;
car ce mesme chatouillement et aiguisement qui se rencontre en certains plaisirs et semble nous enlever au-dessus de la santé simple et de l’indolence, ceste volupté actifve, mouvante,
(1) Montaigne vit à Ferrare, en novembre 1580, le célèbre Torqualo Tasso, l'auteur de la Jérusalem délivrée, enfermé dans l'hôpital Sainte-Aune au mob de mars 1579, et qui n'en sortit qu'au mois de juillet 1586. Quoiqu'il en parle id avec beaucoup d'intérét^ii n’eu dit rien dans le journal de sou Voyage en Italie, 1. 1, p. *28. Il se contente de faire mention d'une effigie de l’Arioslc, un peu pt tu plein de visage qu'il n'est en set livret. J. V. L.
(2) Les hommes sont moins sensibles au plaisir qu’à la douleur. Tite Uve, XXX, 9t.
p) Nous son tous vivement la piqûre qui nous cfBcure à peine, et nous ne sommes pas sensibles au plaisir de la santé. L'homme se félicite de n'avoir ni la pleurésie ni la goutte; mais à peine sail-U qu'il est sain et plein de vigueur. Stephani Boeitani poemata, au revers de la pag. 115, ligne 11, etc. — Ces vers latine, qu'on a attribués ù Ennius, sont tirés d'une satire latine d'Estienne de la Boétie, dont nous avons cité uu passage dans ks notes sur le chap. 27 du premier livre. C. ,
(1) Knniis ap. Ctc. , de Fin/à., Il, 15.
LIVKE II, CIIAI’. XII.
et je ne sçais comment cuisante et mordante, celle là mesme ne vise qu’à l’indolence, comme à son but. L’appetit qui nous ravit à l’accointance des femmes, il ne cherche qu’à chasser la peine que nous apporte le désir ardent et furieux, et ne demande qu’à l’assouvir et se loger en repos et en l'exemption de ceste fiebvre. Ainsi des aultres. Jedisdoncquesquesi la simplessc nous achemine à n’avoir point de mal, elle nous achemine à un très heureux estât, selon nostre condition. Si ne la fault il point imaginer si plombée qu’elle soit du tout sans sentiment ; car Crantor avoit bien raison de combattre l’indolence d'Epicurus, si on la liastissoit si profonde que l’abord mesme et la naissance des maulx en feust à dire : « Je ne loue point ceste indolence qui n’est ny possible ny désirable. Je suis content de n’estre pas malade; mais si je le suis, je veulx sçavoir que je le suis, et si on me cautérisé ou incise, je le veulx sentir*. » De vray, qui desracineroit la cognoissance du mal, il exlirperoit quand et quand la cognoissancc delà volupté, et enfin ancantiroit l’homme : Islttd nihil dotere non fine magna merccde conlingil immanitatis in animo, stuporis in corpore *. Le mal est à l’homme bien à son tour; ny la douleur ne luy est tousjottrs à fuvr, ny la volupté tonsjours à suy vre.
Cest un très grand advantage pour l’honneur de l’ignorance que la science mesme nous rejccte entre scs bras quand elle se trouve etnpesebée à nous roidir contre la pesanteur des maulx ; clic est contrainctc de venir à ceste composition, de nous Iaschcr la bride et donner congé de nous sauver en son giron, et nous mettre, soubs sa faveur, à l’abri des coups et injnres de la fortune; car que vcult elle dire aullre chose quand elle nous presche « De retirer nostre pensée des maulx qui nous tiennent et l’entretenir des voluptés perdues; de nous servir, pour consolation des maulx présents, de la souvenance des biens passés, et d’appellcr à nostre secours un contentement csvanoui pour l’opposer à ce qui presse?» I.evaliones ægriludinum in avocatione a cogilanda moleslia, et révocations ad conlemplun-
(i)Cic ..Tiuail., 111, 7.
(i) Celle indolence ne se peul acquérir qu’il n’en coûle cher à Fc» prit cl au corps ; il faut que l'esprit devienne féroce cl le corps léthargique, etc., Tutcul., 111, G.
das voluptates, pottii*;’si ce n’est que où la force luy manque elle veult user de ruse, et donner un tour de soupplessc et de jambe où la vigueur du corps et des bras vient à luy faillir ; car non seulement à un philosophe, mais simplement à un homme rassis, quand il sent par cffcct l’alteration cuisante d’une fiebvre chaulde, quelle monnove est ce de le payer de la soubvcnancc de la doulceur du vin grec? Ce seroit plustost luy empirer son marché :
Chc ricordarsl il ben doppia ta nota *.
De mesme condition est cest aultre conseil que la philosophie donne : » De maintenir en la mémoire seulement le bonheur passé, et d’en effacer les desplaisirs que nous avons soufferts3; » comme si nous avions en nostre pouvoir la science de l’oubli, et conseil duquel nous valons moins encores un coup.
Suavis taborum est prœlcritorum mcmoiia “.
Comment la philosophie, qui me doibt mettre les armes à la main pour combattre la fortune, qui me doibt roidir le courage pour fouler aux pieds toutes les adversités humaines, vient elle à ceste mollesse de me faire connillcr par ces destours couards et ridicules? Car la mémoire nous représente, non pas ce que nous choisissons, mais ce qui luy plaist ; voire il n’est rien qui imprime si vifvcmcnt quelque chose en nostre souvenance que le désir de l’oublier. C’est une bonne maniéré de donner en garde cl d’empreindre en nostre ame quelque chose que de la soliciter de la perdre. Et cela est fauls : Est situm in nobis, ut et adversa quasi perpétua oblivione obruamus , et secundo jucunde et suaviter memincrimus:’; et cecy est vray : SIemini etiam quœ nota; oblirisci non possum quœ volo «. Et de qui est ce conseil ?
(0 pour bannir Icchasrtn, il faut, «lll Eidcurc, écarter toute klcc fâcheuse, cl se rappeler les idées riantes. CK., rusent.,
ni, ts.
(4} LC souvenir du bien double le mal.
(7) etc., Tutc. qiitcs., lll, 18. C.
(I) Des mou* passés le souvenir esl <lôu* .
Krsimt. , apud Cic., de Flnlb., Il, 7,2.
(5J H est en notre puissance d’effacer entièrement nos mal* heurs de notre mémoire, et de rappeler dans notre esprit l'agréable souvenir de tout ce qui nous en arrivé d'hcureui. etc, de Flnib.,1, 17.
(o) ic me souviens drs choses que Je voudrais oublier, cl jo ne puis oublier celles dont jo voudrais perdre le souvenir, cic., de fintft.,11, 34.
de celay, qui se unus sapienlem pro/ileri si I ausus 1 * ;
Qui gémis humorntm Ingtnlo superavil, et omîtes Prœsilnxlt , siellas e: tonus Hfi œtherlus sol».
De vuider et desmunir la mémoire, est ce pas le vray et propre chemin à l’ignorance?
tuers malorum rcmedium tguorantla est3 4.
Nous veoyons plusieurs pareils préceptes par lesquels on nous permet d’emprunter du vulgaire des apparences frivoles où la raison vifve et forte ne peult assez, pourveu qu’elles nous servent de contentement et de consolation. Où ils ne peuvent guarir la playe, ils sont contents de l’endormir et pallier. Je crois qu’ils ne me nieront pas cccy, que s’ils pouvoient adjouster de l’ordre et de la constance en un estât de vie qui se mainteinst en plaisir et en tranquillité par quelque foiblessc et maladie de jugement, qu’ils ne l’acceptassent :
Polare, et spargere flores tnetpiam, pattarque vel inconsultus tuiOerii,
11 se trouveroit plusieurs philosophes de l’advis de Lycas; cestuv cy ayant, au demeurant, ses mœurs bien réglées, vivant doulccinent et paisiblement en sa famille, ne manquant à nul office de son debvoir envers les siens et les cstrangiors, se préservant très bien des choses nuisibles, s’estoit, par quelque alteration de sens, imprimé en la cervelle une resveric. C’est qu’il ponsoit estre perpétuellement aux théâtres à y vcoir des passe-temps, des spectacles et des plus belles comédies du monde. Guari qu’il feut, par les médecins, de ccste humeur peccante, à peine qu’il ne les meist en procès pour le restablir en la doulceur de ces imaginations :
Pol ! me occidisiis , amicl,
Non servaslis, ait ; eut sic extorta voluptas.
Et danptus per »fm mentis grailssimus error5 :
(I) Qui seul cnlrc les hommes a osé sc dire sage ( Epicure). Cic., de Fin., II, 3.
(i) Qui, par sou g ('nie supérieur A tous les homme», les a tous effacés ; comme kr soleil, en se levant, éteint tous les feux célestes. Lu»., tu, lOtiG.
(3) El l'ignorance n’est A nos maux qu’un faible remède. Ses., Œdipe , act. 111, v. 7.
(4) au hasard de passer pour fou, Je veux Itolrejc veux répandre des Heurs autour de moi. lion., Episl., 1, 5, 14.
(8) Ah! mes amis, qu’avez-vous fait? En me guérissant, vous m'avez tué ! C’est m'ôlcr tous rocs plaisirs que de m’arracher de l’Ame cette douce erreur doul j’étais enchanté, lion., Epist., U, 3, 136.
d’une pareille rcsverie à celle de Thrasyl&us, fils de Pythodorus, qui sc faisoit accroire que touts les navires qui relasehoient du port de Piréc et y abordoient ne travailloicnl que pour son service, se rcsjouïssant de la bonne fortune de leur navigation, les recueillant avecques joye. Son frere Crito l’ayant faict remettre en son meilleur sens, il regrettoit ceste sorte de condition en laquelle il avoit vcscu en liesse et deschargé de tout desplaisir'. C’est ce que dict ce vers ancien grec qu’ • Il y a beaucoup de commodité à n’estre pas si advisé : »
É» Tw çpcvllv ‘1*? ur.ti,, r.ihoTOÇ ft'-'A '.
Et l’Ecclesiaste : « En beaucoup de sagesse , beaucoup de desplaisir ; et qui acquiert science s’acquiert du travail et du tormcntr>. »
Cela mesme, à quoy la philosophie consent en general, ceste derniere receptc qu’elle ordonne à toute sorte de nécessité, qui est de mettre fin à la vie que nous ne pouvons supporter. Placet? pare. Non placcl ? quacumque vis, cxi... Pungit dolor? Vel fodiat s une. Si nudus es, da jugulum; sin teclus armis Vulcaniis, id est forliiudine, résisté *; et ce mot des Grecs convives qu’ils y appliquent : Au I l/ibat, aut abeals, qui sonne plus sortahlcmenl en la langue d’un Gascon, qui change volontiers en V le B, qu’en celle de Cicero :
Vivere st rectc nescls, decede péri iis. husistl salis, edisti salis, algue bibisil ;
7 cm pus abirc tibi est , ne potum largins œ quo Rident, et pulset lasciva decentius œ las *.
(!) Toute cette histoire est prise <TAtuénêe,Uv.XII, A b fin. Elle est aussi dans Eues, For. Ilist., IV, S3, où Tou trouve ThrasijUus au lieu de Thrasylaus. C.
(3) Sorti. Ajax, v. Sü*. C.
(3) Ecclesiast. C. I, v. 18. C.
(4) Te plall-cllc encore ? supporte-b.En es-tu las ? sors -eu par où lu voudras... La douleur te pique ? Je suppose même qu'elle te déchire, prête le Banc, si tu es sait» défense ; mais, si tu es couvert désarmés de vulcain, c’esl-ft-dirc armé «le force cl de courage, résiste.— I/» premières paroles sont un passage altéré de Sénèque, Epist. 70 : Placet T vive. Non placcl T licet eo rever -
U, undc venistl. Le reste est de Cicéron, Tusc. ijHæst., n , 14. C.
(5) Qu'Il boive ou qu’il s'en aille. Cicéron ,t Tusc. qu<rst.,
(G) Si lu Devais point user de b vie, cède b place A ceux qui le savent; lu as assez folâtré, assez bu, assez mangé , il esl temps pour toi de faire retraite. Ne crains-tu pas de t'enivrer, et de devenir b risée cl le Jouet des jeunes gens ù qui la galle convient mieux qu’A toi? IloR., Bpitt. U, 8, 313.