‹ Œuvres de Michel de Montaigne. Avec une notice biographiqueChapitre 388 sur 449 · LIVRE 111, CHÀP. IX · texte numérisé non relu

LIVRE 111, CHÀP. IX

per studioseqiie suscrpti sint. qui virtute ac nobilitate prêtantes, magno reipublica* nostræ usui atque ornamenlo fuissent, vel esse aliquando pos- j sent : Nos, majorum nostrorum exernplo atque auctoritate perinoti, præclarain hanc cousuetudinem nobis iinitandam ac servandam fore censemus. Quamobreni quuni llln,u* Michael Montanus, eqnes sancti Michael is, et a cubicuio regis christianissimi, romani riominis stiidiosissirnus, et fa* miliæ lande atque splendore, et propriis virtutum meritis dignissimus sit, qui summo senatus populique romani judicio ac studio in Romanam ci vitatem adsciscatur; placere seuatui P. Q. R., lUmum Micliaeli'in Moutaniim, rebus omnibus ornatissimnm, atque Imic inclyto populo carissimum , ipsum poslerosque in romanam civitatem adscribi, Ornarique omnibus et pr»miis et honoribus, quibus il li fruuntur, qui cives patriciiqne romani nati, aut jure optimo facti su ni. In quo censere senatum P. Q. R., se non tam illijus civitalis largiri, quam debitum tribuere, neque ma gis beneliçium dare, quam ab ipso accipere, qui, hoc civitatis munere accipiendo, singulari civitatem ipsam ornamento atque honore effeCerit. Quam qiiidem S. C. auctoritatem iidem conservatores per senatus P. Q. R. scribas in acta referri, atque in Capitolii curia servari, privilegiunique hujusmodi lieri, soliloque urbis sigillo communiri curarunt. Annu ab urbe couditacxr» ccc xxxi; post Christuin natum h d lxxxi, ut idus martii.

UoRATius Fuscus, tacri S. P. Q. R. scriba.

Vincent. Martholls, tacri S. P. Q. R . scriba.

N’cstant bourgeois daulcune ville, je suis bien ayse de l’estre de la plus noble qui feut et

noré noire république, ou pouvaient le faire un jour : Nous, pHiis de respect |H>ur l'exemple ei l'autorité de no* ancêtres, nous croyons devoir Imiter et conserver cétte louable coutume A ces causes, l’Ilhistrivtme Michel de Montaigne, chevalier de l'ordre de Saint-MichH , et gentilhomme ordinaire de la chambre du roi très chrétien, fort zélé pour le uoin romain, étant , par le rang et l'éclat de sa famille et par ses qualité* persoimiH’lles. très digne d’être admis au droit de cité romain*; jwr le suprême jugement et les suffrages du sénat et du petqilc romain ; H a plu au sénat et au peuple romain que l'illiLstrissimc Michel de Montaigi»e, orné de tous les genres de mérite, et très citer à ce noble peuple, fût inscrit connue citoyen romain, tant pour lui que pour sa postérité, et appelé à Jouir de tous 1rs honneurs, et avantages réservés à ceux qui sont ués citoyens et patriciens de Rome, ou le sont devenus au meilleur litre. En quoi le sénat et le peuple romain pen*e qu’il accorde moins un droit qu'il ue paie une dette, et que c’est moins un service qu’il rend qu’un service qu'il reçoit de celui qui, en accrptaut ce droit de cité, honore & illustre la cité même, tes conservateurs ont fa il transcrire ce séuatu- consulte par les secrétaires du sénat et du peuplé Ftomntn, pour être déposé dans les archives du Capitole, et eu ont fait dresser ccl acte, mont du sceau ordinaire de la

qui sera oneques. Si les aultres se regardoient atlenlifvement comme je fois, ils se irouveroieni, comme je fois, pleins d'inanité et de fadeze. De m’en desfaire, je ne puis sans me desfaire moy mesme. Nous en sommes tout confits tant les uns que les aultres ; mais ceulx qui ne le sentent en ont un peu meilleur compte, encores ne sçais je.

Ccste opinion et usance commune de regarder ailleurs qu’à nous a bien pourveu à nostre affaire. C’est un object plein de mescontcntcment ; nous n’y veoyons que misere et vanité. Pour ne nous desconforler, nature a rejecté bien à propos l’action de nostre veue au dehors. Nous allons en avant à vau l'eau ; mais de rebrousser vers nous nostre course, c'est un mouvement pénible. La mer se brouille et s’empcsclte ainsi quand elle est repoulsce à sov. Regardez, dict chascun, les bransles du ciel; regardez au public, à la querelle de ccstuy là, au pouls d'un tel, au testament de cest aultre ; somme regardez tousjours, liault ou bas, ou à costé, ou devant, ou derrière vous. C’estoit un commandement paradoxe que nous faisoit anciennement ce dieu à Delphes : Regardez dans vous, recognoissez vous, tenez vous à vous ; vostre esprit et vostre volonté qui se consomme ailleurs, ramenez la en soy. Vous vous escoulez, vous vous respandez; appilez vous, soubstenez vous. On vous trahit, on vous dissipe, on vous desrohbe à vous. Veois tu pas que ce monde tient toutes ses veucs contrainctcs au dedans et ses yeulx ouverts à se contempler soy mesme? C’est tousjours vanité pour toy dedans et dehors; mais elle est moins vanité quand elle est moins estendue. Sauf toy, ô homme, disoit cé dieu, chasque chose s'estudie la première, et a, selon son besoing, des limites à ses travaulx et désirs. Il n’en est une seule si vuide et nécessiteuse que toy, qui embrasses l'univers. Tu es le scrutateur sans cognoissanee, le magistrat sans juridiction, et, après tout, le badin de la farce.

viïfc. L'an de h fondation de Rome 833! , et de la naissance de J.-C. 1581, le 13 de mars.

Orazio Fosco, secrétaire do sacré sénat et du

peuple romain.

Vincent f. Martoli , secrétaire du sacré sénat et du peuple romaiu. w

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