IX
A MOXSIEl R Dürn *.
Conseiller du ro; en sa cour cl pnrlèmènt île Taris. ”
Monsieur, l'action du sieur de Verres prisonnier, qui m’est très bien cognue, mérité qu’à son jugement vous aportiez vostre doulccur naturelle, si en cause du monde vous la pouvez justement aporter. Il a faict chose non seument excusable selon les lois militeras de cc siecle, mais nccessere, et, comme nousjugcons, louable ; il l'a faict sans double fort presse et envis5. Le reste du cours de sa vie n’a rien de reprochablc. Je vous supplie, monsieur, y employer vostre attention; vous trouverez l’air de cc faict tel que je vous le représenté, qui est poursuivi par une voyc plus malicieuse que n’est l’acte mesme. Si cela y pcult aussi servir, je vous veulx dire que c’est un homme nourri en ma maison, aparentc de plusieurs honnestes familles, et sur tout qui a tousjours vescu honnorablement et innocemment, qui m’est fort ami. En te sauvant, vous me chargez d'une
(l) Ccl c lettre n'a CtC Insérée Jusqu'Ici dam aucune dot Cdllkins de Montaigne. L'original cible dan» la Blbliotbèqiio royale de Pari» , cl c'est la seule qu’elle possède do notre philosophé. Pana la copie, on a suivi sou ortliogropiie. A. D. le» conservateur» do la Bibliothèque royale oui bleu voulu à ma demande et A celle de M. Poycn, faire les reelrerrlies les plus scrupuleuses pour retrouver la lettre Indiquée Ici parM. Auvray Durai, comme prise dans leur dépôt , mats ou n'a |hi en retrouver la trace; voyea à la suite de ma notice, cc que dit M. Payen A ce; sujet
(4' Il s'agit probablement de Claude Dupuy, né A Paris eu 1315, et un des quatorze juges envoyés dans la Gulcnnc, d'après le traité de Fiels, en I5S0. c'est peut-être drus celle circonstance que Montaigne lui adressa cette lettre de recommandation. I. V. L.
(3) Malgré lui, invilui.
extrême obligation. Je vous supplie très humblement l'avoir pour recommendé, et après vous avoir baisé les mains, prie Dieu vous donner, monsieur, longue el heureuse vie. Du Castera, ce 23 d'avril.
Vostre affectionné serviteur,
Michel »e Montaigxe.
A MADEMOISELLE PAl'LMIER1.
Madamoisclle , mes amis gravent que, dès l’heure que je vous eus veue, je vous ilrstinav un de mes livres: car je sentis que vous leur aviez faict beaucoup d’honneur, Mais la courtoisie de monsieur Puulmicr m’oslc le moyen de vous le donner , m’ayant obligé depuis à beaucoup plus que ne vault mon livre. Vous l'accepterez, s’il vous plaist, comme estant vostre avant que je le deusse ; et me ferez cestc grâce de l’aymer, ou pour l’amour de luv, ou pour l’amour de moy ; et je garderai entière la dcbtc que j’ay envers monsieur Paulmier, pour m’en revcnchcr, si je puis d'ailleurs, par quelque service.
(I) L'original, tôcril de ta propre main de Momaigne, esi A présent daus la bibliothèque d'un «avant magistral, ancien président des echcvlus d* Amsterdam, II. r.crard Van papen. broork, qui a plus de mille lettres de la propre main des plus «avants hommes de l'Europe, depuis deux siècles, si. Pierre Morin, fils de il. Etienne Morin, mort ministre cl profi'sscttr d'Iiébrcu ;i Amsterdam, m'a procuré une copie très exacte de eelle lettre, .nu bas de laquelle il a trouvé ces mol», écrits par St. van Papcubrock : EU inanns UlcfiaeUtde Montai me , tcrlp - %it 158* ; c'est ici la main de Michel de Montaigne, qui a écrit cette lettre on I58S.C.
(3) Celte demoiselle, née en 1551, se nommait Marguerite «te Chaumont. Elle fut mariée en 1574 avec Julien Le Paulmier et mourut en 1599 Jean Le Paulmier, fils aîné «le JuOcn U’ Paul, mier, et frère du fameux Craiitcmcsnil, était père d'Ilélène Le Paulmier, femme d'Etienne storin, dont il a eu- f.ijt mention dans la noie précédente, c.