I". ÉDITIONS DES ESSAI
1. Le* Essais dk messire Michel, seicneu* de Montaigne, chevalier de l’ordre du roi et gentilhomme ordinaire de sa chambre. Livre premier et second. A Bourdeau», par S. Millange s , imprimeur ordinaire du roi m. d. lxxx. 2 vol. in-8».
Cette édition ne contient que les deux premiers livres; elle est divisée en deux tomes, un pour chaque livre. Chacun d’eux a un titreàpartet une table des chapitres.
t Le premier volume , imprimé en caractères plus gros que le deuxième , a 496 pages ; le second offre une pagination très défectueuse , la dernière page porte le numéro 650. En tête des Essais est une préface qui commence ainsi : c'eat ici un livre de bonne fui , lecteur. Elle est datée du premier mars
Cette édition ne porte pas d’épigraphe, quoi qu’en dise M. Vernier. (Voirà 1801.)
Le premier livre se compose de 57 chapitres et le deuiième de 37 , ce qui est conforme à toutes les éditions qui suivent. Au vingt-neuvième chapitre du premier livre se trouvent 29 sonnets d’Et. de La Boétie.
On remarque , en comparant cette édition et les deux suivantes avec celles publiées après la mort de l’auteur , qu’elles renferment fort peu de citations, et que les chapitres sont beaucoup plus courts.
Cette édition est peu commune et recherchée comme originale.
—J. B. Bastide, qui a fait beaucoup d’études sur Montaigne ( v. à 1822 ) et qui se proposait de donner une édition des Essais , a laquelle , d’après M. Beuchot , il a travaillé pendant quarante ans, annouça en 1807, dans la Revue philosophique (deuxième trimestre), sur l’autorité
de M. de Cayla , qu’il avait été publié une autre édition des Essais à Pari » cette même année (1580) in-folio chez Michel Blageart, qui n’est pas celle que ce libraire publia en 1640, et M. J. V. Leclerc l'indique sans se livrer à aucune discussion à son occasion. Je n’ai jamais cru A l’existence de cette édition : la plus décisive des raisons qui me la faisaient rejeter est celle tirée du nom de l’imprimeur, puisqu’on voit par le catalogue de Lottin < qu’il n’existait point à Paris d’imprimeur du nom de Blageart en 1580, et que Michel ne fut reçu dans la communauté qu’en 1631. Je pensais donc que c’était un exemplaire incomplet ou altéré de 1640, qu’on avait par erreur rapporté à l’année précitée; mais ayant reçu un extrait du catalogue de la bibliothèque de Bordeaux, sur lequel on indique un exemplaire des Essais, Paris 1580, j’ai fait connaître mes doutes à M. Jouannet , conservateur de cet établissement. Ce respectable savant a aussitôt reconnu l’exactitude de ma supposition , et il m’annonce que c’est en effet un exemplaire d* 1640, et que l’erreur, qui est fort ancienne, atenu à ce que le frontispice étant déchiré en partie et U date manquant , le rédacteur du catalogue a mis celle de la préface.
Je suis entré dans ces détails parce qu’on a imprimé que cette édition existait, et que des hommes de lettres, qui se sont beaucoup occupés de Montaigne, dans la nécessité de trouver quatre éditions jusqu'à celle de 1588, et s’appuyant de l’autorité de M. de Cayla, de Bastide et du catalogue delà bibliothèque de Bordeaux, partageaient cette erreur accréditée depuis près de trente ans.'
(I) Catalogue cttrooologlqne de* libraires et des librairesimprimeurs de Paris, depuis 1470, époque de rélablissemcut de l'imprimerie daua cette capitale jusqu'en I78S; par A. M. lottin talué Pari», J. -H. Lottin de Saint-Germain, 1789. lu-8.
2. Les mêmes. — Par siessise Michel, seigneur j de Montaigne, chevalier de l'ordre du Roi et gentil- | homme de sa chambre , maire et gouverneur de Bourdeau*. — Édition seconde , revue et augmenter.
A Itounkaus par S. Millanges, imprimeur ordinaire du roi, m. d. lxxxii. in-8*.
Cette édition, plus belle que |a première, est en un seul volume. Comme celle-ci, elle ne contient que les deux premiers livres , et elle ne porte pas d’épigraphe. La pagination continue d'un livre il l’autre, et il n’y a pas de frontispice pour le livre 2.
80fi pages. Mêmes renseignements qu'à 1580 pour la date de la préface et les sonnets de La Boïtie.
On remarque que cette édition est annoncée comme revue et augmentée. En effet , chacune des éditions qui suivent offre des corrections et des augmentations, et on peut voir par l’exemplaire de Bordeaux, 1588, que Montaigne, quoiqu’il dise:
■ j’adjoustc mais je ne corrige pas* , corrigeait souvent, même pour de très légères nuances d’expression, bien qu’il ait écrit: *Que celui qui a hypothéqué au monde son ouvrage n’y a plus de droit. • D’ail- ‘ leurs , il convient de bonne grâce que ces additions sont • une petite subtilité ambitieuse, afin que l’acheteur ne s’en aille les mains du tout vuides. * (Liv. III, chap. 9. )
S. Les mimes. Par messirrMiciirl, seioseur de Montaigne, clievalier de l’ordre du Boi et gentilhomme ordinaire de sa chambre, maire et gouverneur de Bourdraus , reveus et augmentés. A Pari» , chez Jean Riclter, nie St.-Jean-dr-Latran , à l’arbre verdoyant, m. o. lxxxvii. in-12.
Mêmes remarques qu’aux précédentes éditions sur la date de la préface et les sonnets de La Boétie. Coste, et les imprimeurs de 1725 , ont donc eu tort du dire, d’après le P. Nicemn, que ces sonnets ne se trouvaient qu’à l’édition de 1588.
4. Les même». Pau Michel, seigneur de Montaigne.— Cinquième édition, augmentée d’un troisième livre et de six cents additions aux deux premiers. Pari», Abel L’Angelier, t580 iit-4”.
Froutispice grave. La date n’est pas au frontispice ; elle est au privilège qui est du 4 juin 1588.
Le nom de Montaigne u’est plus ici suivi île ses titrcs,’et je. ferai à celle occasion un rapprochement assez curieux , c'est que parmi les additions nombreuses, faites à cette édition, on trouve la phrase suivaiile, au sujet de l’ennui que lui causait la nécessité d’écrire une légeude de titres et qualités à la suite du nom des |iersonucs auxquelles il adres-
. sait des lettres. • Je trouve pareillement île mauvaise j • grâce d’en charger le front et inscription des 1 . * livres que nous faisons imprimer. • (Liv. I.eliap.
Cette édition n’est paginée qu’au recto, le dernier feuillet porte le numéro 390. lai préface est datée du I i juin 1588: mais c'est la même que relie des précédentes éditions, l-es sonnets de La Boétie se trouvent encoreau chapitre 29 du premier livre. Le troisième livre, qui parait [mur la première fois, est composé de 13 chapitres.
Celte édition , qui est la dernière du virant de Montaigne, est d’une fort belle exécution; le frontispice gravé indique qu’elle rst la cinquième. Elle a été donnée par Montaigne lui-mèttie, qui était en ce moment à Paris ; ainsi , il faut admettre que quatre éditions l’avaient précédée. On trouvait ce nombre lorsqu'on admettait l’édition de Paris , 1580 ; mais j'ai démontré qu’elle n’a jumais existé. Il aurait donc fallu indiquer deux éditions entre celle de 1582 et celle de 1588, et on a pu remarquer que je n’en ai décrit qu’une ; il existe donc , pour cet espace de temps, une lacune que mes recherche» n’ont pu combler. Le P. Nieéron dit que la première édition a été suivie de trois autres avant celle de 1588, mais il n’en donne pas les dates, et suivant toute apparence il se fonde seulement sur ce que celle do 1588 porte, Cinquième édition.
C’est d’après un exemplaire de cette édition , corrigé et augmenté de la main de Montaigne, que Naigeon a donné l’édition de 1802. M. Bernadau, avocat à Bordeaux , et auteur des Antiquités Bordelaises, le fit connaître par une lettre adressée au journal général de France ( novembre 1789). Cet exemplaire resta quelque temps dans la maison de Montaigne, puis d’après M. Bernadau,* il fut donné aux Feuillans de Rordeaux par madame de Montaigne , par ordre de son mari, qui leur était fort attaché, et dans l'égtisc desquels il avait choisi sa sépulture; c’est donc sans fondement que l'auteur du noueeau Dictionnaire historique prétend qu'on voit dans la bibliothèque de ce courent un supplément manuscrit des Éssais. • Ce précieux exemplaire passa enfin, lors de la révolution, dans la bibliothèque publique de Bordeaux qui l’a possédé depuis.
J’ai examiné cet exemplaire; il est chargé de corrections et d'additions marginales ou interlinéaire» écrites de la main de Montaigne. An frontispice gravé ila ajouté, sixième édition, ce qui se rapporte à celle qu’il projetait, et ce qui fixe positivement le nombre de celles qui ont précédé. Il a ajontéaussi de sa main celle épigraphe, qui est devenue celle de son livre : «fresque acquirit ntndo. Enfin au haut de ce frontispice se trouve un écusson dan» lequel il a inscrit son nom. Au recto on trouve
SUR MONTAIGNE
I’*TM à l'imprimeur, que Naigeon a reproduit, et la recommandation • qu’on mette son nom tout du Irnig sur chaque face, .parce que dans les éditions precedentes on avait mis seulement : ■ Essais de M. de Monta » , au titre courant.
5, Livre des Essais ms Michel, sewseur or Mostaiume, divisé en deux parties.— Dernière édition, augmentée de deux tables tris amples des choses plus mémorables contenues en icelle, à Lyon, pour (iabrkl Lagrange, libraire d’Avignon, m.d.xciii. in-8.
Conformément au titre, cette édition est divisée en deux parties. La première comprend les deux premiers livres, eu 830 pages, et elle est précédée du titre copié ci-dessus; la deuxième, formée par le troisième livre, est précédée d’un titre ainsi conçu : Livre des Essais de Michel, sf.iohf.iir de Mostaigne, deuxième partie, à Lyon, etc. On trouve à chaque partie une table des chapitres et une table analytique; le titre courant porte ; • Essais de Monta. • Cette édition , passablement belle , a été imprimée d’après celle de 1588. J’en ai rencontré deux exemplaires, l’unàla bibliothèque publique de Chaumont en Bassigny, l'autre dans celle de M. de Lamennais ; dans le I" quia sensdoute appartenu à quelque courent, le chapitre entierdes vers de Virgile est enlevé. Cette mutilation se rencontre dans un grqyil nombre d’exemplaires de ces anciennes éditions.
«. Les memes. — Édition nouvelle trouvée après le diwès de fauteur ; revue et augmentée par lui d’un tiers plus qu’aux précédentes impressions. Paris, Abel L’Angelier, 1595 in-folio; des exemplaires portent : Paris, Michel Sonnius, rue Saint- Jarques, àl'Ecudc Basic; le privilège, au verso du titre , est daté du 15 octobre 1591.
Pas d’épigraphe. — Pas de préface de Montaigne; le chapitre intitulé ■ Que le. goflt des biens et des maux, etc-, • qui jusque-là était le quatorzième du premier livre , esl ici , comme dans toutes les éditions suivantes, le quarantième du même livre.
Cette édition fut donnée par mademoiselle de Gournay ', d’après uu manuscrit revu par Montaigne, et qui lui fut remis pars® veuve. C’était probablement un exemplaire de 1588, annoté comme celui dont il est parlé ci-dessus, puisque madefl) Si n rie de Jars ou .lards, cl non comme «‘crit
Montaigne , cl d*aprfes ftii jiroque tous le» biographes elles éditeurs. Madi’iiioi-eHe de Gournay dit , dans une Koüce sur sa %ie, «pii Tait jwrtie «ht ses a’uvres (ir>4. — IGII), «pie son père, Guillaume de jars ( sieur de XeuM el «lu Gouroar), tirait sou nom et l'origine noble de Jars, dans le departement du Cher près de Sancerre.
nioiselle de Gournay dit à ce sujet : • Madame de Montaigne me les fit apporterpour être misan jour, enrichis des traits de sa dernière main. ■ lin autre exemplaire resta dans la maison de Montaigne , comme ledit mademoiselle de Gournay ; c’est celui-là qui fut donné aux Feuillu n ts (le Bordeaux. M. Bernadan , dans la lettre eitée précédemment , s’est donc trompé en présentant l'exemplaire de Bordeaux comme étant celui qni n servi à mademoiselle de Gournay. On ignore ce qu’est devenu ce dernier qui différait notablement de celui qui a servi à Naigeon ; il est probable qu’après l’impression il n'aura pas élé conservé.
Cette édition est la seule , avec celle d’dntcrs sans dale , dans laquelle on ne trouve pas de préface de Montaigne; et dans l’édition suivante , mademoiselle de Gournay dit qu'elle avait été égarée lors de l’impression. L’éditeur a fait précéder les Essais d’une préface apologétique qni occupe 18 pages, et qui commence ainsi : - Si vous demandez à quelque artisan quel est César. • On y trouve à la lin quelques mots sur la mort de Montaigne , des détails sur sa famille , enliu l'énumération des soins qu’a apportés mademoiselle de Gournay pour que cette édition bit, ■ sinon par-
• fade jusqu'à tel point qu’elle désireroit , si est - «ce qu’elle requiert qu’on s’adresse toujours à elle, « parce qu’outre cela qu’elle n’est pas si loin de la « perfection qu’on soit assuré si les suivantes la
• pourront approcher d’aussi près, rlle est au moins
• redressée diligemment par un errata (il n’indique
• que 19 corrections) sauf quelques si légères fau-
• tes qu’elles se restituent d’ciles-inémes. « Mademoiselle de Gournay a revu elle-même toutes les épreuves de cette édition , qui est parfaitement et correctement exécutée ; c’est à juste litre qu’elle la qualifie dans celle de 1B35 de vieil et bon exemplaire, et elle reste encore aujourd’hui la principale, pour l’authenticité du texte, et l’une des plus remarquables sous le rapport typographique.
Us 29 sonnets d’Étienne de La Boétie , qui se trouvaient an chapitre 29 ilans les premières éditions , et au chapitre 28 dans celle-ci, sont ici supprimés et remplacés par une noie qui a élé reproduite textuellement par tous les éditeurs qui n’onl pas inséré les sonnets, mais sans qu’ils aient donué l’explication de cette note, qui est ainsi conçue: Cet 29 sonnets, d’El. de La Bnëtie qui esloient mis en ee lieu ont élé depuis imprimés avec, ses œuvres. Ces sonnets ont-il; été réellement imprimés ? Hans ce cas, où le sont-ils ? Montaigne , dans l’exemplaire de Bordeaux , a rayé ces vers et il a ajouté simplement ces vers se vogenl ailleurs, ce qui pouvait se rapporter aux éditions antérieures ; car Montaigne n’avail pu faire imprime
ces sonnets avec les œuvres de La Boetie 1 qu’il avait publiés neuf ans auparavant, puisqu’il ne les connaissait pas alors et qu’il venait de les recevoir lorsqu’il les a placés dans la première édition des Essais, en 1580. 11 dit à ce sujet à madame de Grammont : « Ce sont 29 sonnets que le sieur Poy-
• ferré, homme d’affaire et d’entendement , qui le
• counoissoit longtemps avant moi , a retrouvé
• par fortune chez lui , parmi quelques autres - papiers, et me le» vient d’envoyer. • 11 n’y a d’autre moyen d’expliquer la note de mademoiselle de
(l) Les œuvres précitées de La BoGUe ont ‘été publies d'abord en 1571 par tes soins de Montaigne, sous ce titre: La Ménagerie de Xénophon , les Régies de mariage de PlHtarque , Lettre de consolation de Plutarque à sa femme, le tout traduit de grec en françois par feu M. Etienne de La Boetie , conseiller du roi en sa cour de parlement à Bordeaux , ensemble quelque* vers latins et françois, de son Invention ; Item un Discours sur la mort dudit seigneur de La Boétie, par M. de Montaigne. A Parte, Fédéric Morel, iu-8. Malgré son litre, ce petit volume ne contient pas de vers français ; ces vers ne parurent que l’année suivante ( 1574 ) chez le même imprimeur, sous ce titre : Vers françois de feux. Etienne ite La Boétie; Qs sont paginés à part , mais on les joignit au volume précédent , dont on réimprima le titre, avec la date 1578, cliez Fédéric Morel. Il parait que plus tard on aura retrouvé , du même auteur, la traduction d’un morceau d’Aristote, qu'on imprima en 1600 avec le litre qui suit : La Mesnagcrie d'Aristote cl de Xénophon , c’est-à-dire la manière de bien gouverner une famille ; traduite de grec en français , par feu Etienne de La Boetie, etc., cl mise en lumière avec quelques vers françois et latins dudit La Boétie , par Michel , sieur de Montaigne. Parte, Claude Morel, in-8; et à celte occasion on réimprima ce qui avait été publié en 1571 et 1578, avec des titres particuliers pour V Aristote et pour les vers français. Paris, Claude Morel, 1000. Mais, ce qui est assez surprenant , c’est qu’on a suivi la première édition page pour page et ligne pour ligne, de toile sorte qu’l semble, au premier coup d’œil, qu’il n’y a que les litres de changés. La pagination est la même qu’à la première édition , c’est-à-dire particulière pour chaque partie. Cc|)cndant, il est certain que c’est une impression nouvelle, car on trouve au recto des pages 8 cl 5 du Xénophon , et au verso de la page 4 de» vers français , des différences qui le prouvent. Ce volume de La Boétie ne contient pas les vingtneuf sonnets; lorsqu’il est complet, Il doit être composé ainsi qu’il suit : huit feuillets paginés au recto pour Ica Economiques d’Aristote, y compris le litre transcrit ci-dessus { les feuillets 8 et 3 mal numérotés ), puis cent trente-un reulüets avec titre particulier pour les autres traductions, les vers latins et la lettre de Montaigne; enfln, dix-neuf feuillets pour les vers français, avec un titre à part, portant, connue les précédents, Claude Morel, IGOO.
Ce petit volume, tel qu’il a été publié en 1578, est assez rare; on le rencontre le plus souvent sans Ica vers français : Il est très rare lorsqu’il est complet.
pyrnmus de Candolo a compris celle traduction de la Ménagerie dans les éditions qu’il a publiées des Œuvres de Xénophon, traduites en français par plusieurs auteurs (Cologne, loi:;, in-lol. ; Tverdon. 1619, lu-8). Voyez à ce sujet une note curieuse de M. Barbier, au numéro 13455 de son Dictionnaire des Anonymes.
Gournay qu’en admettant que, dans l'intervalle de 1588â 1595 on aurait imprimé quelque ouvrage de La Boetie, et qu’on y aurait fait entrer ces 29 sonnets. Eu effet, le P. Lelong et d’après lui MM. Weiss et Beuchot attribuent à cet auteur un ouvrage intitulé : Historique description du solitaireet sauvage pays du Æ/ri/ort dans le Bourde lois), par feu M. de La Boetie, conseiller, etc .^Bordeaux. M illanges, 1593 ,in-12, Lelong ajoute : • On a joint à cette description quelques vers du môme auteur, qui ne sc trouvent pas dans l’édition qu’avait donnée descs œuvres Michel de Montaigne. • Il ne m’a point été possible de vérifier si les sonnets se trouvent dans cet ouvrage ; car il est assez rare , s’il existe , pour qu’on ne le rencontre dans aucune des bibliothèques de Paris, et que des bibliographes et des libraires instruits m’aient déclaré n’avoir jamais eu l’occasion de l’examiner.
M. Beuchot, qui n’a jamais vu cette Historique Description de l.a Boétie, en annonçant dans le journal de la librairie ( n-’ 150, janvier 1836) un ouvrage sur le Médoc, a ajouté une note par laquelle il priait les personnes qui la posséderaient de la lui faire connaître; cette invitation n’a point eu de résultat. M. Joua mut, que j’ai consulté à cette occasion, m’a dit qu'il était moralement sûr que cet ouvrage n’avait jamais été imprimé; et M. Weiss , qui le mentionne dans la Biographie universelle , ne l’a non plus jamais rencontré.
7. Les Essais de Michel, seigneur de Montagne, (sic.) divisez en trois livres contenants un riche et rare thrésor de plusieurs beaux et notables discours couchez eu un stile le plus pur et orné*qu’it se trouve en nostre siècle, avec deux tables, l’une des chapitres, l'autre des choses plus mémorables contenues en iceux. en. n. xcv. Pour François Le Febure de Lyon, in-12.
La préface de Montaigne est adressée au lecteur bénévole! et elle est datée du premier mars 1590. La table analytique est assez détaillée, et à la fin de ces pièces liminaires on a placé un sonnet d’Expiily i sur les Essais du sieuii de Montagne. Cette édition, fort incorrecte et très mal exécutée, contient les trois livres des Essais, moins les additions de celle de la môme année in-fol. Par conséquent elle est faite d’après celle de t588; mais elle est beaucoup moins complète qu’elle. Des chapitres entiers ont été supprimés , et dans ceux qui sont couscrvés il y a une foule de mutilations ;
(!) Claude ExpHly, conseiller du roi eu son conseil d’état , président au parlement de Grenoble. Voyez û 1739. Je ne sate comment l'éditeur s'ot procuré ce sonnet , car la première édition des poèmes d’Lxpilly n’a paru que tannée suivaule. $
SU R MONTAIGNE
les citations sont altérées, et pour n’en citer qu’un exemple, au - née cythara carentcm -qui termine le vers d’ Ho race qu'on trouve à la fin du troisième livre, on a substitué : «nec sludiis carentcm .« Le chapitre intitulé: «que le goût des biens et des maux, etc. est le quatorzième comine dans les éditions antérieures à celle de mademoiselle de Gournay. Les chap. 29 , 35 , 41 , 42, 54 , 55 du premier livre, manquent*, le chap. 13 du livre II intitulé: «Déjuger de la mort d'autrui, «porte pour titreà la table: de juger de la mort, advis ; et dans l'ouvrage : divers avis sur le point de la mort. Les chap. 15, 19, 28 , 30 , 33 , 35 de ce livre 11, manquent de inéiue que les chap. 4 et 5 du livre 111. Le chap. 11, qui par suite de cette suppression se trouve le neuriè-me est intitulé : « Des opinions, au lieu de l’être : « Des boiteux. •
Cette édition est, sans contredit, la plus mauvaise de toutes celles qui ont été publiées.
8. Les mêmes. — Édition nouvelle , prise sur l'exemplaire trouvé après le décès de l’auteur, revue et augmentée d'un tiers plus qu’aux précédentes impressions ; Paris , Abel L'Angelier, au premier pilier de la grand'sallc du Palais. m. D.xcvuigrand in-8°. — Frontispice gravé, portant pour la première (oisviresqueacquirit eundo, 1164 pages. — Même privilège qu’en 1595. Très belle édition.
La préface de Montaigne reparaît ici; elle est datée du premier mars 1580, et elle est suivie d'une note qui dit que cette préface , corrigée de la dernière main de l’auteur, ayànt été égarée en la première impression depuis sa mort , a naguère été retrouvée. En effet , elle offre quelques différences avec celles des précédentes éditions.
La préface de mademoiselle de Gournay, qui se trouvait dans l’édition précédente, est supprimée et remplacée par une autre très courte, par laquelle elle se rétracte de cette préface que l’aveuglement de son âge et d’une violente lièvre d’âme lui laissa naguère échapper des mains , lorsqu’après le décès de fauteur, madame de Montaigne sa femme les lui fit apporter (les Essais) pour être mis au jour, enrichis des traits de sa dernière main.
Cette édition est la première sur laquelle on rencontre une épigraphe; et le viresque acquirit eundo qu’elle porte a été inscrit par Montaigne lui-même sur le frontispice gravé de l'exemplaire de 1588 , qui est à la bibliothèque de Bordeaux. L’intention de l'auteur était donc que cette citation servît d'épigraphe à son ouvrage; aussi trouve-t-on ce rire* k toutes les éditions suivantes, sauf deux ou trois exceptions, jusqu’à celle de 1659 exclusivement.
Moxtaigivs.
xvij
Ce n’est qu’à l’édition de 1635 qu'on voit paraître la devise que Montaigne avait adoptée, le que sais-je ? avec l’emhlème des balances; et dans cette édition on trouve l’épigraphe et la devise, de même que dans plusieurs des suivantes.
Ce que sais-je? que Pascal a si sévèrement analysé 1 se lit au chapitre douze du livre U ; il caractérise parfaitement la philosophie de Montaigne ; il est la conséquence de cette maxime qu’il avait inscrite en grec sur les solives de sa librairie : « Il n’est point de raisonnement auquel on n’oppose un raisonnement contraire. • La devise de Charron :• je ne sais, «exprime la même pensée , mais moins convenablement, par cela même qu’elle est sous une forme affirmative. Celle de l^imothe le Vayer (de las cosas mas seguras lamas segura es dudar) * qui offre avec les précédentes une frappante analogie, n’est en quelque sorte que la traduction , du mot hardi de Pline, cité par Montaigne au chap. 14 du livre II • Solum ccrtum nihil esse certi. • Varron était plus orthodoxe dans la forme, bien qu’au fond la pensée fût la même , lorsqu’il écrivait : Hominis est hœc opinari , Dei sefre; et Fontenelle , quand il disait : Je suis effrayé de la certitude que je vois maintenant partout , n’était pas plus certain que Montaigne ; mais il était plus réservé dans l’expression de son doute.
9. Les mêmes. — Édition nouvelle, prise sur l’exemplaire trouvé après le décès de fauteur, revue et augmentée d’un tiers outre les précédentes impressions; Paris, Abel L'Angelier, m. d.c. Grand in-8.
Préface et notes, privilège, épigraphe, frontispice gravé , les mêmes qu’en l’édition de 1598. 1166 pages.
Edition moins belle que la précédente, mais encore belle et très bonne.
Le chapitre 21 du livre 11 est intitulé à la table : •Contre la fainéantise,» comme aux éditions précédentes ; dans l’ouvrage il a pour litre : « Contre la fantasie. •
10. Coste (Avis sur l’édition de 1739) cite une édition de Paris sous cette date, et il la qualifie de belle. Brunet , Fournier , Cailleau , indiquent cette édition que je n’ai pas rencontrée ; je l’ai vue indiquée encore dans le catalogue de la première vente de M. Dincourt d'Hungard (par Née de La Rochelle, 1789), sous le n° 332.
(I) PensCes île Pascal, supplément à la première partie i art. XI.
( i. |Ms» choses les |dus sûres la plus sûre est de douter.
D'après ccs autorités» il est positif que cette édition existe, et les renseignements que donne Coste mettent h môme de la décrire de la manière qui suit :
Les memes.— Paris, Abel L’Angelier. 1002. Belle édition conforme aux deux precedentes, contenant de plus à la lin le sonnet d'Expilly dont il est parlé à l'édition in-|2, de 1595. Cette dernière indication prouve sans contestation l'existence de cette édition, différente de celles de 1598 et de 1000, qui n'ont pas le sonnet.
U. Les memes, — (titre détaillé comme à celle de 1598. ) Le y tle , Jean Dorent! , 1002 , in-8° (plus petit format que les trois éditions precedentes).
Frontispice imprimé. — Vires . — 1132 pages.
— Fleurons aux lettres initiales des chapitres. — Lesdeux préfaces et la petite note à celle de Montaigne, comme aux éditions précédentes; plus nue table analytique qui est la première depuis ccllede 1595 in 12, et qui est intitulée: • Les pages du sieur de Montaigne, où sont contenues les plus rares remarques de
son livre, à savoir les exemples des vertus et des vices,
. les plus graves sentences, similitudes et comparaisons , avec un recueil des lois anciennes des peuples et nations; plus la vie de Fauteur par remarques principales et précieuses sur son propre livre , le tout eu forme de lieux communs. *
!,c chapitre. *21 du livre H, est intitulé : • Contre la fantasie. »
12. Il existe une contrefaçon de celte édition , indiquant le même libraire, la même ville et la même date. En comparant la pagination , les fleurons, les fautes, on acquiert la certitude que c’cst une composition différente. On distinguera ces deux éditions h la vue du titre; car dans celle qui précède, FE du mot exemplaire est majuscule : il est italique il celle-ci qui ne vaut pas l'autre.
Cette deuxième édition n'a pas de table analytique.
13. Tyrs mêmes. — Édition nouvelle, prise sur l’exemplaire trouvé après te décès de Fauteur, revu etaugmentéd’un tiers, outre les précédentes impressions, enrichie de deux tables curieusement exactes et élabonrées, Paris , Abel L'Ângclier. m.d.c.iw îii-h.
Frontispice gravé. — 17m — Note de mademoiselle deGournay à la préface de Montaigne. — Fleurons à la lettre initiale des chapitres. — 1032 pages.
— Table, analytique, et à la fin une table additionnelle, pour la vie de Montaigne, extraite des Essais. Le chapitre 21 du livre II est intitulé :• Contre la fantasie. -
Bonne édition , moins belle et moins grande de format que les précédentes, publiées in-8° par le
même libraire. Pas de sommaires aux marges , quoi qu’eu dise Henri Étienne (v. 1652).
1 4. Coste cite une édition sous cette date, et il la qualifie de bonne; je ne Fai |uis rencontrée, mais je crois qu'elle existe, car l’édition de 161 1 porte un extrait du privilège accordé en date du 23 mars 1608 à Charles Sevestre cl Jean Petilpas, ce qui confirme l'opinion de Coste. Suivant toute apparence, celte édition est in- 8°.
D'après les détails du privilège, cette édition était enrichie et augmentée, outre les précédents* impressions, tir petits sommaires en la marge , des choses plus remarquables, arec une table très ample et la rie de l'auteur : c'est la première fois que se rencontrent deux de ces additions qu’on retrouve dans les éditions suivantes.
15. Les memes. Nouvelle édition, etc. (comme aux précédentes). Leydr, Jean Dorrau, in-8n. 1G09.
Titre imprimé. — Vires. — ■ Préface de Montaigne avec la petite note de mademoiselle deGournay. — Petite préface de cette dernière. — Fleurons aux lettres initiales. — Table analytique intitulée:- Les pages du sieur de Montaigne, etc.,» comme à 1602. 1-e chapitre 21 du livre II a pour titre : - Contre la fainéantise. • 1132 pages. Table non paginée.
.16. Lcsmcmcs. — Édition nou relie, enrichie d'annotatinuseu marge, corrigée et augmentée d’un tie^s outre les précédentes impressions , avec une table très ample des noms et matières remarquables et signalées, plus la vie de Fauteur, extraite de ses propres écrits. Paris , avec privilège du roy(lG08). Chez François duc f fier , rue Saint-Jeyn-de-Latraii, devant le collège de Camhray. 161 f. iu-8 >.
Frontispice gravé. — Vires. — Les deux préfaces. — La petite note de mademoiselle de Goiiruay est supprimée. — Sommaire discours sur la vie dp Michel, seigneur de Montaigne* — Sommaires aux marges. — Indications des ailleurs cités (cesl la première fois que celte, addition $e rencontre, à moins qu'elle n’existe à 1 édition de 1008, que je n’ai pas vue) à la lin, extrait du privilège du rqy. (Voyez à 1008.) Fleurons aux initiales. — 1130 pages. Table non paginée.— Pour la première fois cette édition est enrichie d’un portrait de Montaigne, gravé par Thomas de Leu , au lias duquel ou lit le quatrain suivant :
SUR MONTAIGNE
MX
Voici du grand Montaigne uiw Cfllièra flfenre :
Le |ieintna a peint le corps, et lui «fti l»r| esprit ;
Le premier par ton art égale la nature,
Mais l'autre la surpaie mi tout ce qu'il écrit.
Des exemplaires rtc celle édition sont indiquas citez Charles Sevestre, rue Saint Jacques , devant tes Matliurius. La date de l’édition est placée sur ceux-là à l’endroit où , jkiuv les exemplaires do Gueflier, est la date du privilège.
D’antres exemplaires portent : Chez Jean Petitpas, rue Saint- Jeun -de-Latran , nu collège Cambéay.
17. Bien que je u’aic pas rencontré d'édition de 1614, je suis persuade qu’il doit eu exister nue sous celte date, et je me fonde sur ce, que, 1" à l’édition de 1617, l'avis des imprimeurs dit: * Lecteur, nous te donnons les tissait , repares denouren# de la version de leur latin*; il y avait doue eu une édition antérieure à 1617 où les citations étaient traduites, et cette traduction ne se trouve dans aucune des éditions qui précèdent ; 2° le privilège de l’édition de 1617 est de 1511 ; il est fieu probable qn’on ait attendu 3 ans avant d’eii faire usage.
Ce privilège, dont l’extrait se trouve à 7617, est accordé à mademoiselle de Gournay, et elle l’a ensuite cédé à François Uwffier , Jean Petitpus, Charles Serestre, M ichel N icelle elClaudc Rigaud. C’est donc chez ces libraires que cette édition doit être indiquée. Le format était probablement in-1% puisque les deux éditions données en 1617 et 1626, par Ces mêmes libraires , sont de ce format. Elle doit renfermer les sommaires aux marges, l’indication des auteurs , fa vie de Montaigne , et ponr la première fois la traduction des citations latines.
18. LeStnànes.— édition nouvelle, etc. (comme à 1605), à Cologne, par Philippe Albert, 1616, 111-8°.
Petite préface de mademoiselle de Gournay. — Sa note à la préface de Montaigne. — Table analytique, intitulée comme celle de 1602. — Titré imprimé, portant des armes fleùrdelisées. — Fleurons aux lettres initiales. — 11.12 pages. — Table Bon paginée. — Le chapitre 21 du livre II est intitulé :• Contre la fainéantise. - — 11 y a une table analytique particulière pour la vie de Montaigne. Cette édition ne présente ni l’épigraphe Vires , ni les sommaires en marge, ni les indications d’auteurs.
On trouve des exemplaires sur lesquels le mot Cologne est surchargé et illisible , et au-dessus on a imprimé le mot Geuève.