La màna.— Édition muvelle, enrichie d’an- j
notatiousen marge, du nom des auteurs cités et de la version du latin d’iceux, corrigée et augmentée, etc. Paris, t harles Sevcslre, en Pile du Palais, aux T rois Perruques, devant le Cheval de Bronze, 1617, in-4“.
Titre en rouge et eu noir. — Vires — Portrait de 1611. — Avis des imprimeurs. — Vie de Montaigne. — Grande préface de mademoiselle de Gournay. — En marge, sommaires et indications des auteurs. — Extrait du privilège daté du 28 novembre 1611. — Quatre, tables, 1- table des chapitres ; 2° table analytique , intitulée comme celte de Lcyde 1602 ; 3' tublcdos noms propres d’hommes, de peuples, d'auimaux,dc villes, ele. ; 4° table qui indique ceqüia rapport à la vie. de Montaigne. — Avis au lecteur par mademoiselle de Gournay , relatif aux traductions de presque toutes les citations latines et grecques, lesquelles sont réunies à la fin du volume dans l’ordre setou lequel clics sc présentent dans l’ouvrage. Enfin, copie lilférale de l’épitaphe latine gravée sur le tombeau qui a été élevé à Montaigne dans l’église des Feuillants de Bordeaux. Coste a donc eu tort de dire (Avis de l’édition de 1739) que cette épitaphe avait été imprimée pour la première fois dans Pédiliou de. Paris 1725,in-4°.
On voit reparaître dans cette édition , mais modiliée et améliorée , la grande préface que mademoiselle de Gournay avait insérée dans celle de 1596 ; elle commence ainsi: ■ Si vous demandez au vulgaire quel est César. »
L’avis que mademoiselle de Gournay a placé audevant des traductions fait connaître qu’elle a été aidée dans ce travail par MM. Bergeron, Martinière et Bignon ; elle motive cette traduction , qu'elle jnge superflue, parle désir de l’imprimeur , et elle ajoute: a Je ne présente pas d’excuse d’avoir laissé dormir les passages libertins sous le voile de leur langue étrangère , ni d’avoir tors le nez à quelque mot joyenx de l’nn d’entre eux.* ( Toutes h-séditions antérieures, excepté Pin-12 de 1595 écrivent constamment Montaigue ; dans celui-ci on dit alternativement Montaigne et Montagne.)
J’ai rencontre des exemplaires portant l’indication de : F a ris, Michel Nivelle , rue Saint-Jacques, aux Signes ; et d’autres avec celle-ci : Paris , pour Claude Rigaud, libraire, demeurant à Lyon.
Entiu il existe des exemplaires an nom des libraires Gueffier et Pctitpat.
Voyez, pour le mérite de celte éditiou, celle de 1625.
20. Les memes. — (Titre détaillé de 1611) Rouen, Mantisses de Preaulx, devant le portail des librai- . res, 1617, in-8".
Portrait et frontispice gravésde lfitl. — Pire». Petite préface de mademoiselle de Gournay. La note à celle de Montaigne ne s'y trouve pas.— Sommaires et indications des auteurs en marge. — Fleurons aux initiales. — liso pages.
Des exemplaires portent l’indication, de : Rouen, chez Jean Osman, dans la cour du Palais ( Bibliothèque particulière à Valenciennes).
îl . Le» meme».— Jloum, chez la Veuve de Thomas Paré, devant l’Espérance, in-8.— Frontispice gravé. Portrait. — 1 130 pages. — Pas de petite note de mademoiselle de Gournay. — Sommaires aux marges, etc. Édition semblable à celles de 1002,-8,-11,-16, -17.
22. Les mêmes. — totïl in-8. Edition différente de la précédente. — Table analytique. — 1130 pages. — La note de mademoiselle de Gournay ne s’y trouve pas. —Vie de Montaigne. — Sommaires et indication d’auteurs aux marges. L’exemplaire que je possède, et qui est le seul que j’aie rencontré, n’a pas de titre; j’ignore par conséquent le lieu d'impression et le nom du libraire; mais k la lin on lit qu’il a été achevé d’imprimer: -ce dernier jour d’août 1619 , à l’imprimerie de Jeun Durand. ■ La liste chronologique des lihraircset imprimeurs de Paris ne mentionne qu’un seul imprimeur du nom de Durand, mais il porte le prénom de Pierre, il est donc probable que cette édition n’est pas de Paris.
Le catalogue imprimé de la Bibliothèque royale indique sous cette date une édition des Essais chez J. Pureau h Leyde , mais l’indication correspond à un exemplaire de 1609 , qui est effectivement de Dol eau ; ainsi on doit croire qu’il y a erreur au catalogue, et d’ailleurs la Bibliothèque royale ne possède pas aujourd’hui d’exemplaire de cette date.
(1624. M. Vernier indique une édition de 1624 à Londres , dans laquelle on a , dit-il , recueilli beaucoup de pièces nouvelles. Le même auteur mentionne aussi des éditions d e Paris, 1623, et La Haye, 1627. Ces éditions n’existent pas, et M. Vernier a confondu ces éditions avec celles de 1724 , 1725 et 1727. J’ai relevé cette erreur parce que cet auteur fait ensuite reparaître ces éditiuns k leur véritable époque , ce qui forme un double emploi, et ce qui aurait pu ainsi faire croire k la réalité de leur existence aux dates de 1624,-25,-27.)
*3. Les mêmes.— Paris, Robert Bertauld , 1625, in-4*.
Des exemplaires portent : Veuve Remy Dallin, au mont et image Saint Hilaire ; d’autres : Charles Hulpeau, demeurant au bout du Pont Saint-Michel k l’Image Saint-Jean ; d’autres : Cilles et Robinot-,
d’autres : Martin Collet , tenant sa boutique au Palais, en la galerie des Prisonniers.
Titre imprimé, avec l’épigraphe Vires. — Pas de privilège.
Cette édition commence par le même avis des imprimeurs que celle de 1617 avec laquelle elle présente une grande conformité ; elle en diffère en plusieurs points: l* la grande préface de mademoiselle de Gournay a encore éprouvé quelques modifications, retranchements et additions ; 2“ les indications d’auteurs et les sommaires n’existent que jusqu'à la page 96 ; 1* elle ne présente ui les tables, ui le portrait, ni l’épitaphe qui se trouvent k l’édition de 1617. Les traductions sont, comme k cette dernière , rassemblées dans l’ordre dans lequel elles sc présentent dans les Essais.
Ces deux éditions sont très peu correctes , et les imprimeurs ont eu raison de terminer leuravisau lecteur , en disant: • Excuse pourcecoup les fautes d’impression , la guerre écartant et troublant les meilleurs ouvriers, apporte toujours quelque désordre aux arts , notamment k ceux des Muses. • Mais celle de 1625 est plus incorrecte encore, et moins complète que celle de 161 7, et toutes deux ne présentent d’intérêt qu’à cause de la réapparition de la préface de mademoiselle de Gournay, différente sur chacune d’elles et différente de ce qu’elle sc montre en 1595 et de ce qu’elle devait être k l’édition de 1635.
24. Les mêmes.— Rouen, Robert Valentin, dans la courdu Palais, 1627, in-8 -. Des exemplaires sont indiqués chez Jacques Calloui , dans la cour du Palais ; d’autres chez Guillaume de la Haye , dans l’Estre Notre-Dame.
Titre gravé. — Vires. — Petite préface de mademoiscllcdc Gournay. — Portrait de 1611.
Sommaires et indication des auteurs aux marges, table analytique, 1130 pages.
Édition conforme k celles de 1602,-9,-11,-16, —17 ,-19,-36,-49.
J'ai rencontré plusieurs exemplaires de cette édition , sur lesquels, k l’aide d’une surcharge, on avait fait un 9 du 2 k la date, et sur quelques-uns assez habilemeut pour qu’il fût très difficile de reconnaître 1627 dans le clüffre 1697.
25. Les mêmes. — Édition nouvelle, exactement corrigée selon le vrai exemplaire ; enrichie k la marge des noms des auteurs cités et de la version de leurs passages, mise k la fin de chaque chapitre, avec la vie de l’auteur; plus deux tables, l’une des chapitres et l’autre des principales matières.
SUR MONTAIGNE
Paris , Jean Camusal , rue Saint-Jacques, à la Toison d’or; mdcxxxv, in-folio.
Des exemplaires portent l’indication de Toussaint du Bray , rue Saint-Jacques, aux Espies j meurs, et Pierre Rocolet, imprimeur ordinaire du Roi, au Palais, en la galerie des Prisonniers, aux Armes de la ville.
D'autres exemplaires portent seulement au frontispice, Paris, M. d cxxxv, avec privilège du roi.
Le premier titre est imprime! en rouge et en noir; après cela vient un titre gravé , au milieu duquel est un portrait de Montaigne; au haut on Ut : les Essais de Michel, seigneur de Montaiune, et 11 droite et à gauche, sur deux banderoles flottantes, d’un coté : rires acquirit eundo, et de l’autre : unumpro cunctis ; au-dessous du portrait les balances et le Que sais-je? qui paraissent pour la première fois; au bas l'indication nouvel le de Paris, Camusal, 1835 ; pour les exemplaires de ce libraire et pour ceux des autres, il y a simplement Paris, rue St.-Jacques et au Palais. I.cs exemplaires de Camusat présentent encore adroite et au bas des armes supposées celles de Montaigne, et qui sont inexactes; et au verso de la dernière page du texte le privilège du roi transcrit intégralement, tandis que les exemplaires des autres libraires ne donnent qu’un extrait de cet acte et ne portent pas les armes. Après le privilège, vient la cession qu’en fait mademoiselle de Gournay à Jean Cauiusat. Cette édition a été donnée par mademoiselle de Gournay , qui l’a dédiée au cardinal de Richelieu , ■ dont la libéralité l’avoit aidée à la mettre
■ au jour, les imprimeurs ayant depuis sept ou
■ huit ans refusé de. s’en charger aux conditions
■ de soins et de fidélité qu’elle exigeoit. • Elle se compose, outre les Essais, d’une dédicace à Richelieu, de la grande préface de mademoiselle de Gournay, de la préface de Montaigne, datée du premier mars 1380 , d’un sommaire de la vie de Montaigne , de la versiou des citations latines placée à la suite de chaque chapitre et d'une table analytique. Il n’y a pas de sommaires aux marges, mais seulement l’indication des auteurs cités *.
La préface apologétique qui reparaît ici est celle que mademoiselle de Goqrnay avait d’abord insérée dans l’édition de 1595, puis, rétractée et supprimée en 1598 ; elle la reproduisit en 1599, dans la troisième édition du proumenoir de M. de Montaigne*, en en retranchant les deux tiers; plus
(I) Je ne sais sur quel fondement le Dictionnaire historique de Fclter 'Paris, 1818) dit qu’A la On de celle édition se trouve le promenoir (le il. de Montuirpie (petit ouvrai de mademoiselle «le Gournay). Celte assertion est eoiupléiemcnl erronée»
(ij Troisième édition. Paris, L'AngeJier, 1099, in- 18. Ce petit
ixj
tard (1617), elle la publia de nouveau en tête des Essais après avoir fait un petit nombre de modifications , mais surtout après l'avoir presque doublée d’étendue ; elle l’inséra, augmentée encore, dans l’édition des Essais de 1625 ; enfin , après l’avoir de nouveau augmentée et corrigée , elle la joignit à cette édition. Cette préface n'est pas mauvaise, quoi qu’on en ait dit; il est certain que le style de la première était diffus et d’une boursouflure insupportable; mais celle de 1635 mérite moins de reproche. L’auteur discute sérieusement les objections principales qu’on a adressées aux Essais, et elle y répond le plus souvent d’une manière victorieuse. C’est avec raison que Bayle a dit de cette préface « qu’elle méritait d’étre lue ■ ; et Coste, qui, la confondant avec celle de 1595 , l’avait exclue delà première édition qu’il a donnée, l’a admise dans la troisième et les suivantes.
Cette édition a été mise sur la même ligne que celle de 1595; quelques bibliographes lui donnent même la préférence, et le savant M. Weiss est de ce nombre. Malgré cette gutorité dont je me plais à reconnaître tout le poids , j'oserai exprimer une opinion contraire, et dire que si l’édition de 1G35 est supérieure à son aînée par les pièces qui y sont jointes , elle lui est inférieure sous le rapport de l’authculicité du texte, puisque mademoiselle de Gournay est forcée de convenir dans sa préface • qu’elle a été obligée de céder à l’exigence des imprimeurs, et non pas de changer, mais oui bien de. rendre seulement moins fréquents en ce livre trois ou quatre mots à travers champ, et de ranger la syntaxe d'autant de clauses : ces mots sans nulle conséquence , comme adverbes ou particules qui leur seuibloient un peu revesches au goût de quelques douillets du siècle , et ces clauses sans aucune mutation de sens , mais seulement pour leur ôter certaine dureté ou obscurité qui sembloient naître à l’aventure de quelque ancienne erreur d’impression. » Quel que soit le scrupule que mademoiselle de Gournay a apporté dans ces changements, il est certain qu’ils existeut; et quoiqu’elle dise que cette édition est la sœur germaine de celle de 1595, cette dernière doit conserver sa prééminence sous le rapport de l’authenticité du texte , comme elle la possède sous le rapport de l’exécution typographique. M. Droz , qui donne la préférence à l’édition de 1635 sur celle de 1595, se fonde sur quelques différences
volume, peu commun, contient le Proumenoir, quelque* pocsies el la préface. J’cn ai examiné plusieurs exemplaires ; tous ! m'ont offert une lacune dans la pagination. I/* dernier feuillet ; des poésies est numéroté 78, et te premier de ta préface est j numéroté 1 1 1 . Mal* les lettres qui servent «le signatures se , suivent; quelques-uns des exemplaires ont des errata , d'autres u en ont pas.
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**lj ISOTIC F. BIBLI
<|ui existent entre ces deux Mitions et sur son goût particulier pour la version la plus moderne. Mais on peut répondre que les changements apportés dans le texte de l’édition de 1035 , fussent-ils des améliorations, ne sont pas l’oeuvre de Montaigne. Mademoiselle de Gonrnay n’avait |ws en de matériaux nouveaux depuis 1595, époque à laquelle elle disait qu’elle était chargée de mettre au jour les Essais nr. Moîitaiose, enrichis des traits de sa dernière main.
Qiiellcqne soit mou opinion sur la valeur relative de. ces deux éditions, on doit savoir gré à mademoiselle de Gonrnay des peines infinies qu’elle a prises pour empêcher , comine elle le dit dans sa dédicace, * que les mains impures qui depuis longtemps «voient diffamé ce. livre par tant de malheureuses éditions, osassent commettre lesacrilége d’en approcher. •
C’est k cette savante fille que nous devons la première édition complète des Essais; et les soins qu’elle a apportés aux deux éditions qu’elle, en a données lui mériteront toujours la reconnaissance des lecteurs de Montaigne. Pour faire apprécier ce qu’elle appelait sn religion en cela, je rap[K>rtcrai quelques fragments île sa préface et un extrait du privilège du roi. Cette dernière pièce est remarquable, en ce que sa rédaction dillcre de celle qu’on rencontre ordinairement dans ces actes , et qu'elle fait connaître le jugement de l'éditeur sur les éditions précédentes, sans exception même ponr celles de 1617 et de 1G2S auxquelles elle avait indirectement participé.
Voici l’extrait de ce privilège accordé à mademoiselle de Gonrnay en date du f3 septembre 1639 , et qu’elle a ensuite cédé k Camusat le 28 août 1633 :
Louis notre chère et bien-aînée, la
damoiselle de Gournay , nous a fait remontrer que le feu sieur de Montaigne lui ayant, de son vivant, recommandé le soin de son livre des Essais , et depuis son décès , ses plus proches lui avant donné toute charge de l’impression d’iccux, comme il est notoire, et plusieurs fautes énormes s'étant coulées en la plupart des impressions . en sorte que tout le livre s’en trouve gâté et plciu d’omissions et additions «postées, comme l’ex|>os«nte a fait
voir k aucuns de nos amés et féaux conseillers
Elle a désiré rendre ce devoir an public et k la mémoire dudit défunt sieur de Montaigne , d’empêchcr que ce désordre n’arrive plus en l’impression dudit livre, qui est d’importance comme étant un œuvre très excellent et qui fait honneur
k la France A ces causes , désirant gratifier '
ladite exposante et favoriser la bonne intention qu’elle a de conserver ledit œuvre des Essais en k façon qu’il a été composé par l'auteur, saus qu’il
OG R A PHI QUF,
y soit changé aucune chose qui puisse le corrompre Faisons très expresses défenses à
tons autres imprimeurs et libraires d’entreprendre d’imprimer ledit œuvre, sans le gré et consentement de ladite exposante et sans s’adresser k elle ponr prendre avis et aveu de la copie et méthode qu’ils doivent choisir pour faire sur ierfle ladite impression, et s’obliger à elle d’y mettre hou ordre, et bons correcteurs jiour éviter aux im'nnvénieus et fautes qui peuvent ruiner ledit livre , offrant aussi ladite exposante de Sa part , rendre cet office gratuitement au public et auxdits imprimeurs quand ils l'en requerront, et saus les obliger k aucune charge que de suivre les anciens et meilleurs exemplaires, lesquels elle leur fournira, ete. •
Conformément à la promesse qu'avait faite dans sa préface mademoiselle de Gonrnay • île répéter encore la recherche des fautes de cette édition, et d’en mettre après un exemplaire en la bibliothèque du roi, corrigé des dentiers traits de Sa plume, afin que la postérité y puisse avoir recours au besoin, » elle a fait don k la Bibliothèque royale d’un exemplaire qui porle un certain nombre de corrections, et sur lequel elle a écrit en tête don de madamoieelle de Gournay '.
Enfin , mademoiselle de Gournay termine sa préface en disant : • Si quelqu'un aceusoit tant de menus soins, connue pointilleux , j’estime au contraire qu’ils ne le peuvent être assez sur l’ouvrage d’un esprit de si liante sagesse que ses fautes pourroient servir d’exemple, si nous permettions qu’il en échappât ici s. •
Bien que j’accorde k l’édition de 1 595 sur celle de 1635 une préférence dont j’ai fait connaître les motifs, cette dernière n’eu est |ias moins une des meilleures que nous possédions des Essais ; elle est assez lietle d’impression et de papier, quoique sous ces rapports elle soit inférieure k celle de
(I J tir» corrodions, don! le nombre ne ilCpasM pas ülié trentaine, portent exclusivement sur ch* bute* d'impression autre* que celles signalées à Y errata. Mademoiselle de Coufu»y a de plus ajoute, de sa main, en têt** de presque toutes k» pages, le numéro du chapitre , le chiffre du livre y étant seul indique.
('*) \ l'occasion de celle édition , donnée par mademoiselle de Gournay, je mentionnerai un* petit ouvrage, M-tni-anouvrae, dont elle est auteur, que je liai vu nulle part indique daua la liste de ses ouvrages, et qui n’est pas compris dans les pièces qui comiiosonl les éditions de scs Œuvres qui ont pafu eu 1626, 1854 et Ifill. Ce petit ouvrage, inconnu H M Barbier, se compose de cent quatre pages; U est intitulé : Bienvenue de monseigneur le due (C Anjou, dédiée à la sérénissiroe république do Venise , son parrain désigné , par madamoisetle deC. 1 Paris, ‘ikmrrkjnant, itiflfl, |>etli In-ii. (ce «lue d’Anjou est ! (;aston, duc <f Orléans, second fils de Henri IV). j’ai acheté et ' volume a la vente de la biblioütéquc de bulaurc ; il est porto i au numéro 41C du catalogué.
SCR MONTAIGNE
1295 , et elle possède sur celle-ci , pour un certain nombre de lecteurs, l’avantage d'offrir la traduction des citations.
Je préfère les exemplaires indiques cirez f'rmrusal , parce qu'ils ont en entier le privilège du roi, dont les autres ne donnent qu'un extrait.
26. /,r» mentes. — Dernière édition, enrichie d’annotations en marge., corrigée, suivant les premières impressions. Varie, Salomon de la Forte, amr.xxxvi , in-*".
Des exemplaires portent Pierre Lamy: d’autres Guillaume Loy*on,au Palais, eu la galerie des Prisonniers , au Nom île. Jésus ; d’autres Michel Iliageart.
Titre imprimé eu ronge et en noir. — Tires. — Préface de Montaigne et petite préface de Gonrnay. Sommaire de la vie de Montaigne. — Fleurons aux lettres iniliales de la plupart des chapitres. — 1130 pages sans la table.
Edition semblable à celle de I no* , 9 , 11, etc. Voyez h 16<9
27. Les mêmes.— Edition nouvelle, corrigée suivant les premières impressions de L’Angelicr, et augmentée d’annotations en marge de toutes les matières les plus remarquables, avec la vie de l'auteur, Puris, Michel Blagcarl, rue do la Calandre, h la Fleur de Lys , près le Palais , ifiiü, in-folio.
Titre en rouge et en noir, au centre duquel est le portrait de Montaigne. — Pas le Virci.e— Pasde préface de Cournay. — Sommaire de la vie. — Table analytique. — 750 pages sans la table. — Sommaires aux marges. — Indication d’auteurs. — Pasde traduction des citations, bonne édition, dont Icscxeiuplaires, grand papier, sont très beaux.
Ou remarquera que le titre porte : v suivant les premières impressions de L’Angclier,* et qu’il y avait alors 5 ans seulement que mademoiselle de Guurnay avait donné l'édition dédiée à biebelieu ; ce qui montre qu’on arait remarqué, les altérations du texte qu’elle présente, et qu'elles n'étaient pas généralement approuvées.
J’ai retrouvé dans mes notes, sans autres détails, l'iudicatioud’unc édition in-folio, 1610. Paris, Augustin Courbé , à la Palme; c’est probablement celle-ci avec un titre différent.
tett.
S8. Lee mêmes. — Edition nouvelle, enrichie d’annotations en marge , corrigée et augmentée d’un tiers, outre les précédentes impressions, avec une table très ample des noms et des matières remarquables et signalées ; plus la vie de l’auteur, extraite
xxiij
de ses propres écrits. Jlouen , chez Jean Berthe lin , dans la court du Palais, < 641 , in-**.
Titre gravé, portant au haut un portrait de Montaigne avec allégories, signé F, Honeruogb. — Tirer.— Petite préface de Cournay.— Sommaires et indication d'auteurs aux marges. — Petits fleurons aux lettres initiales des chapitres 1130 pages. — Édition pareille à celles de 1608, Il , etc. ( V. après 1619).
Il y a des exemplaires de cette édition qui soûl indiqués ' à Houen, chez Jacques Beeongue , dans la court du Palais , sans date ( bibliothèque particulière à Saint-Quentin ).
i0. Les méinee.— Dernière édition, enrichie d'annotations ru marge , avec une table très ample des matières. Paris, Michel lllageart, au bout du Pont Neuf, au coin de la rne Dauphine, 1649, in-8".
Réimpression de l'édition in-folio du même libraire.— Titre imprimé en ronge et noir, avec l’épigraphe fautivement copiée utriueque (lie.) aequirit eundo. — Pas de préface de Gournay.— 1 1 30 pages. — Vignettes fleurdelisées en tète de lavieet des deux premiers chapitres. — Vignette différente au troisième. — Fleurons aux iuitialesdes chapitres.
30. Les même». - Edition nom elle, etc. (Le reste comme à 1641), à Envers (lie) chez Abraham Maire .sans date , in-*».
Titre gravé et portrait comme aux éditions de 1608, 1 1 , etc. — Pas de préface de Montaigne ni de mademoiselle de Gournay. — Sommaires et noms d’auteurs aux marges.— Cette édition est différente des éditions de 1608, 11 , etc., auxquelles elle ressemble d’ailleurs beaucoup.
31. J’ai rencontré un exemplaire d’une édition do Montaigne semblable à celles de 1608, Il ,41, 4» , etc. , et autre que ces éditions ; mais le frontispice manquait et je n’ai pu connaître le lieu d’impression ni le nom du libraire. — 1130 pages. — Fleurons aux initiales des chapitres ; les préfaces , le sommaire de vie , les sommaires en marge, la table analytique, sont comme aux éditions précitées; mais ce qui ne se rencontre * aucune de celles-là et qu'on trouve à celle-ci, c’est une vignette fleurdelisée en tête du livre II, et des vignettes différentes aux deux autres livres, au sommaire de la vie, aux préfaces , etc.
Toutes les éditions qui précèdent, excepté la première, sont en un seul volume ; mais parmi elles il en est plusieurs qui semblent être une succession de réimpression les unes dc9 autres. Le format en est petit in-8*; le caractère est à peu près le même pour toutes ; la plupart ont le même portrait, le même titre gravé, le même nombre de pages, c’est-à-dire onze cent trente pages ; elles se
suivent l’une l’autre page pour page et ligne pour ligne , de telle sorte que le plus grand nombre des pages et des lignes commencent et finissent par le même mot, et le chiffre des pages suit également ;
11 y a plus , c’est que souvent les mêmes fautes se rencontrent , soit qu’elles aient lieu dans le texte on dans la pagination ; quant à ces dernières , lorsque dans une édition elles n'ont pas été suivies pour une page, on est sûr de les retrouver plus loin , de telle sorte qu’après quelques feuillets les deux exemplaires marchent ensemble. Ainsi , aux éditions de 1G1 1 et de 1649, on saute de la page 005 A 608. Les éditions de 1619, 1G27 et 1636 ne présentent pas cette lacune , mais on la retrouve à la page 608 , où l’on passe brusqueineut à celle numérotée 61 1 , et ensuite tontes les éditions marchent d’accord. La ressemblance générale qui résulte des circonstances que je viens d’énumérer est telle, qu’au premier coup d’œil on serait tenté d’admettre qu'il n’y a , pour toutes ces dates diverses, que deux ou trois éditions dont les titres seulement sont différents , et il est souvent difficile de trouver quelque particularité qui puisse les différencier les unes des autres. J’ai mis tous mes soins à distinguer ces diverses éditions, et je puis affirmer que celles que j’ai décrites comme étant différentes, le sont bien en effet. Les éditions qui ont entre elles une telle ressemblance sont celles de 1602 ( les deux de Legde), 1609, 1611, 1616, 1617 (.Rouen), 1619 (les deux), 1027, 1636, 1641 , 1046, et les deux qui terminent cette série, savoir celle d’dnecrset celle dont le titre manque ( uuméro 31 ).
Dans ces éditions, les cliapitres entiers sont sans un seul alinéa , excepté ceux rendus obligatoires par les citations. Le chapitre 2 du livre II, qui dans la plupart des éditions autres que celles-ci , et dans toutes celles qui suivent, est intitulé Contre la fainéantise, est ici intitulé Contre la fantaeie. Ces éditions , dont plusieurs sont assez bien exécutées , ne sont pas très communes; elles sont généralement peu correctes, et cependant elles sont précieuses pour les lecteurs assidus des Essais; car le format in-8" du temps n’étant pas plus grand que nos in-12 d’aujourd’hui, il n’est aucune des éditions de Montaigne qui offre les Essais sous un volume aussi portatif que celles-là.
La meilleure de ces éditions est, sans contredit, celle de 1619, chez Jean Durand (numéro 22); elle est plus correcte que les autres , et assez bien imprimée. Celle de 1627. vient ensuite; puis vient celle de 1011 : les plus mal exécutées de ces éditions sont celles de 1602 (la deuxième , numéro
12 ), 1636, et surtout 1616.
Je rappelle ici une remarque que j’ai faite antérieurement à 1'occasiou de l’édition de 1593 ;
c’est que, dans un grand nombre d’exemplaires de ces éditions, le chapitre des vers de Virgile est complètement enlevé. Celte mutilation se voit surtout sur les exemplaires qui ont appartenu à des couvents. Les personnes scrupuleuses auxquelles elle est due auront sans doute pensé, contrairement à l’avis de Montaigne, que son portrait n’aurait pas souffert de n'étre pas aussi complet qu’il a voulu qu’il fût; elles auront oublié que l’auteur des Essais leur avait dit , dans la préface ,
• que s’il eût été parmi ces nations qu’on dit vivre
• encore sous la douce liberté des premières lois
• de la nature , il s’y fût très volontiers peint
• tout entier et tout nu.> Il faut convenir que si, par révérence pour sou lecteur, Montaigne ne s'est pas peint tout nu dans ce chapitre, on peut dire au moins qu'il s’y est peint en fort simple déshabillé.
32. Les me'mes. — Nouvelle édition, exactement purgée des défauts des précédentes , selon le vrai original, enrichie et augmentée aux marges du nom des auteurs qui y sont cités et de la version de leurs passages, avec des observations très importautes et nécessaires pour le soulagement du lecteur, etc. Paris , Augustin Courbé, au Palais, en la galerie des Merciers, à la Palme, 1652, in folio.
Premier litre, imprimé en rouge et en noir, avec vignette représentant un palmier , et cette legende (faisant allusion au nom du libraire ) : lleeurgo currata. Deuxième titre, gravé avec portrait, qui est celui de l’édition de 1635, sur lequel le nom de Camusat est remplacé par l’indication qui suit : Rue Saint-Jacques et au Palais, 1652; vignette fleurdelisée en tête des trois livres et de la préface de Gournay. Il y a des exemplaires qui portent le nom de Pierre Hocolet ; d’autres : veuve Sébastien Uuré, et Sébastien Iluré, rue Saint-Jacques, au Cœur-Bon. A ces exemplaires, l’emblème du palmier est remplacé par l’arbre des Etienne, avec le no fi altum sapere.
Cette édition contirnt , outre les Essais, la grande préface et la dédicace de mademoiselle de Gournay, la préface de Montaigne , un sommaire de sa vie, une table analytique, et elle présente aux marges l’indication des auteurs et la traduction des passages cités, le tout précédé d'un avis de l'imprimeur ( Henri-Etienne ) par lequel il détaille les améliorations qu’il a apportées à cette édition , notamment en plaçant les traductions en regard du texte ; c’est en effet la première fois que ce rapprochement a lieu.
Le privilège accordé à Henri Étienne est daté du 3 mai 1651 ; il est suivi d’une note qui annonce que l’imprimeur a traité de la jouissance de cette
SUR MONTAIGNE
édition seulement, avec les libraires Courbé et Le Petit. Il est probable, d'après cela, qu’il y a des exemplaires qui portent le nom de ce dernier libraire.
Je ferai observer que dans cet avis au lecteur, Henri Étienne dit que, dans les éditions de L'Angclier, « il y avait aux marges, sans aucune version, des observations très utiles et très importantes pour le soulagement du lecteur. ■ C’est une erreur complète ; aucune des éditions de L’Angelier ne présente de sommaires aux marges. La dernière est celle de 1C04 , et la première édition sur laquelle on trouve ces sommaires est celle de 1C08. Cette édition est bonne.
33. Ica mânes. — Edition nouvelle (le reste du titre comme à 1652), avec augmentation de la version française des passages italiens. Paris , Jean- Baptiste Loyson , rue Saint-Jacques, près la poste, A la Croix- Rouge. nocLvn , in-fol. , 840 pages. Des exemplaires portent : Jaeques Lanylois et Emmanuel Langlois; d’autres : Pierre Lamy, au Graud-César ; d’autres : Pierre Roeolet , imprimeur ordinaire du roi et de la Maison de Ville, an Palais , en la galerie des Prisonniers ; d’autres : la veuve Marin Dupuis , rue Saint-Jacques , A la Couronne d’Or; d’autres : Sébastien Huréet Frédéric léonard (bibliothèque de Lyon). Premier titre, imprimé en ronge et noir, emblème et légende des, Etienne ; deuxième titre, gravé; c’est celui avec portrait , de 1635 et de 1652. Au bas, il est dit seulement : Rue Saint-Jacques et au Palais. Privilège de 1051 , suivi d’une note qui fait connaître que Henri Etienne a cédé son droit pour cette édition à Le Petit et Uuré. Il est donc probable qu’il existe des exemplaires au nom du premier de ces libraires, quoique je n’en aie pas rencontré. Celle édition est une réimpression de celle qui précède ; elle coutient les mêmes pièces qu’elle, et toutes deux se suivent en plusieurs points , à la page et à la ligne ; de sorte qu’au premier coup d’œil on croirait que c’est la même, ce qui n’est pas; car, A part un certain nombre de différences, on trouve A la fin du volume ; Achevé d’imprimer pour la deuxième fois, le 1" octobre 1657.
34. Les mêmes. — Nouvelle édition, enrichie et augmentée aux marges du nom des auteurs qui y sont cités , avec la version des passages grecs , latins et italiens. Paris , Christophe Journet , rue Vieille-Bouclerie, au bout du Pont-Saiut-Michel , A l’image Saint-Jean ; 1659, in-f 2, 3 vol.
A chaque volume, titre gravé, signé N. de Lar- Mohtaichk.
messin , avec portrait de Montaigne , et au-dessous les balances et le Que sais-je?— Préface île Montaigne.— Dédicace A Richelieu.— Grande préface de Gournay— Vie de Montaigne. — Aux marges existent des sommaires, l’indication des auteurs et la traduction des citations Chaque volume contient un des livres des Essais, et A chacun d’eux il y a table des chapitres et table des matières. Les sonnets de La Boè'tie ne se trouvent pas dans cette édition. Cette édition est la première, depuis celle de 1580, qui soit publiée en plusieurs volumes;elle est assez jolie, mais elle n’est pas irréprochable sous le rapport de la correction du texte.
l-a préface deMontaignc est intitulée : Avertissement de l’auteur, inséré en toutes les précédentes éditions, ce qui est inexact, puisqu’elle n’existe pas dans celle de 1595 et dans celle d'Anvers.
35 .Les mimes. — Nouvelle édition, exactement purgée des défauts des précédentes, selon le vrai original , et enrichie et augmentée aux marges du nom des auteurs qui y sont cités et de la version de leurs passages, avec des observations très importantes et nécessaires pour le soulagement du lecteur; ensemble la Vie de l’auteur, et deux tables , l’une des chapitres , et l'autre des principales [matières, de beaucoup plus ample et plus ntile que celle des dernières éditions. Bruxelles, François Fopprns , libraire et imprimeur, mdci.ix, on Amstcrdum, Antoine Michiels, libraire. Le titre, dont la copie est ci-dessus, est imprimé en rouge et en noir; il est précédé, au tome l,d'un frontispice gravé, signé P. Clouvret, au milieu duquel on voit le portrait de Montaigne, avec la Balance et le Que sais-je? Au haut il est écrit : Les Essais de Michf.i, , seigneur de Montaigne ; et au bas : Nouvelle édition, mis (tic) en 3 vol.
En outre des détails que donne le titre , cette édition renferme la dédicace A Richelieu , la grande préface de Gournay et un récit sommaire de la Vie de Montaigne. A la tin de ces pièces liminaires , on trouve deux citations deJustc-Lipseàla louange de Montaigne. On sait que cet auteur apprécia le mérite des Essais dès leur apparition, et malgré la froideur avec laquelle ils furent reçus du public ; aussi mademoiselle de Gournay dit dans sa préface : « C'est un bonheur qu’une si fameuse
• et digne main que celle de Justus Lipsius ait ou-
• vert par écrit public la porte de la louange aux
• Essais. ■
Même observation qu'a l’édition qui précède , relativement au titre de la préface de Montaigne. Au tome 111 est une table analytique générale plus commode par conséquent que les 3 tables (une p jur
xx vj NOTICE BIBLI
chaque val.), qui se trouvaient à l’édition de Paris.
Cette édition est recherchée et estimée à cause de la beauté de l'impression. Elle est en tout conforme à la précédente, dont elle paraît n'élre que la réimpression; elle est moins correcte, et elle n'a aucun mérite littéraire. Rastien dit avoir trouvé plus de six mille fautes essentielles d’ impression , de Tausses citations, et des contre-sens sans nombre occasionnés |xir une ponctuation vicieuse.
Il esl probable qu'il a été tiré des exemplaires sur différents papiers, car ils varient de 5 pouces 5 lignes à 5 pouces il lignes.
Brunet ilit à ce sujet, - qu’on n'en recherche plus guère maintenant que les exemplaires très grands de marge • , c'est-à-dire ceux qui ont de 5 pouces H lignes à 5 pouces 11 ligues. Un exemplaire de 5 pouces U ligues à été vendu 90 fr. (A. Martin);
5 pouces 8 lignes, 131 fr. (Pirmin Didol); 5 pouces 10 lignes, 150 fr. ( Renouord); 3 pouces 1 1 lignes, 281 fr. Mar. (Bl. Dent. Bérard) (magnifique exemplaire de lu plus belle conservation et avec témoins).
Cette édition a été généralement attribuée aux Elzévirs. M. Bérard partage cette opinion, qui a été Combattue par MM. Charles Nodier et Brunet, et par Bastien; M. Bérard soutient qu’elle a été exécutée dans l’imprimerie de Jean et de Daniel Elzévir; il se fonde sur un passage d’une lettre que Dcsmaresl adressait à Chapelain, et dans lequel il le félicite de s’être chargé de recueillir les éloges et les témoignages {elogia et trstimonia)des auteurs qui ont parlé de Montaigne pour en enrichir l’édition que tes Elzévirs préparent. M. Bérard ajoute d'ailleurs que les - caractères sont ceux que les Elzévirs employaient ordinairement pour l'impression île leurs livres, et que l'on y trouve les vignettes qu'ils avaient seuls l'habitude d'employer.*
M. Charles Nodier a répondu à la première assertion deM. Bérard : que l'absence des elogia et des testinwnia dans l’édition en question prouve qu’elle n’est pas celle que les Elzévirs avaient projetée; qu'il est probable que ces imprimeurs avaient préparé une édition de Montaigne, mais qu’ils ne font pas publiée; que le format grand in-12 du Montaigne fournit même une présomption nouvelle, puisqu'ils avaient adopté presque exclusivement le format petit in-12, qui est celui du Charron, avec lequel leur Montaigne aurait dfl nécessairement faire collection. Enfin M. Charles Nodier est d’avis que cette édition tout imprimée qu’elle soit avec des caractères et des fleurons elzéviriens n’est pas digne des Elzévirs, et à cet egard M. Brunet entre dans quelques détails dont je donnerai seulement la substance. Ce bibliographe établit qu’aucune des éditions qui portent le nom d'un des Elzévirs ne présente identiquement les caractères du Montaigne, tandis que ces mêmes caractères se ren-
OGB A PIIIQIJE
contrent déjà dans l’Alaric de Scudéry, bien certainement imprimé à Bruxelles par Fr. Foppcns en 1656; or, ce FopjM-ns, libraire et imprimeur, est le même dont le nom se lit sur les titres d’une partie des exemplaires du Montaigne de 1659, et ou remarque que les caractères de ces trois volumes sont un peu usés, et par conséquent moins beaux que dans l' Marie , publié trois ans auparavant. M. Brunet rappelle ensuite que le Montaigne de Foppensest annoncé comme étant de Bruxelles dans deux catalogues de Blaeii, Imprimés à Amsterdam en 1659 et 1662. Or, comme le rédacteur de ces deux catalogues a eu soin d'y marquer avec une certaine exactitude le nom des villes où ont été imprimés les livres qu'il annonce, même lorsque ces noms ne se lisent pas sur le titre, il faut bien croire que lui, qui écrivait à Amsterdam l'année même que parut le Montaigne, devait savoir à quoi s’en tenir sur le lieu de l'impression.
(Voyez sur cette question l'Essai bibliographique sur les éditions des Elzévirs par M. Bérard, Taris 1 822 ; les Mélanges tirés d'une petite bibliothèque par M. Charles Nodier, Taris 1829; et les Nouvelles recherches bibliographiques de M. Brunei, Paris 1834.)
Je n'ai pas la prétention d'appuver de mon autorité Topiuioii de MM. Cliarles Nodier et Brunet; mais je suis convaincu que l'édition du Montaigne de Hollande n'a pas été imprimée par les Elzévirs.
36. Les mêmes.— Édition nouvelle t etc. ( rumine à l'édition de Taris 1659). Paris , I Mur en i Baudet , Christophe Journet, et Robert Chevillion s m. d. clxix, iu 12, 3 volumes.
A chaque volume, titre gravé d’après celui de Taris 1659, et signé Mathrus. — Assez jolie édition qui n'est qu'une réimpression de celle de Jouruel , et qui coutieut les mêmes pièces; l’une et l'autre sont moins incorrectes que l'édition de Hollande. Meme observation qu'à celle-ci relativement à la préface de Montaigne. *
37. Les memes. — Nouvelle édition ( le reste du titre comme à l’édition de Foppcns) , Lyon , André Olyeti 1669, in-12, 3 volumes.
Des exemplaires portent : Lyon , Ant. Besson, rue Tupiu, proche l'Empereur. Au premier volume frontispice gravé signé N. Àuruux, copié sur celui de l'édition de Foppcns; deuxième titre imprimé en rouge et eu noir an premier volume, en noir aux lieux autres, portant aux exemplaires d'Otyer une vignette où l'on voit nue femme qui présente au soleil une sphère surmontée d'une croix ; aux exemplaires de Besson il n'y a ni vignettes ni date.
SUR MONTAIGNE
Édition eu (out conforme à celle de Hollande, 1 659.
38. Les mimes. — Nouvelle édition, fade sur les plus anciennes cl les plus correctes, augmentée de quelques lettres de l’auteur, et où les passages grecs, latins et italiens sont traduits plus lidèlenient et cites plus exactcmeut que dans aucune des éditions précédentes, avec de. courtes remarques et de nouveaux indices plus amples et plus utiles qne ceux qui avaicul paru jusqu’ici ; par Pierre Coste. Londres , de l'imprimerie de J. Tonsonet J. Watts. — | 724, il|-t\ 3 vol.
Préface de l’éditeur. — Sommaires aux marges. — Notes nombreuses qui douucul la traduction et l’indication des citations, des détails sur les faits historiques rappelés par Montaigne, la mtiiicatiou des erreurs qui y sont relatives , cuiiu, la paraphrase des passages dont le sens est obscur et l’explication des mots hors d’usage. A la fui du troisième volume ou trouve, pour la première, fois, des lettresde Montaigne ait nombre do sept, savoir : les cinq qui se voient daus le volume des traductions par La Boétie, une sixième adressée à Mademoiselle Pauluiier, dont l’original appartenait alors à M. Gérard Van Papciibrocli, et une septième extraite de la traduction de la théologie naturelle de R. Saboud , colin ce volume est terminé par une table analytique. La préface de mademoiselle de Gmiruay ne se trouve pas dans cette édition. Kn tète de l'ouvrage on voit un portrait de Montaigue dessiné par Genest et fort bien gravé par Clicrrau, au bas duquel sont les balances, le Que sais -je? et les armes de Montaigne copiées sur l'édition de 1633, c’est-à-dire d’uue manière toutà-lait inexacte.
Coste déclaré dans sa préface : qu’un a suivi daus cette édition celle de L’Augelier, 1595, et qu’il ne s'est servi de celles tqui ont paru depuis que pour corriger de pures fautes d’impression-, il blâme les modilications que, dans des éditions récentes, on a apportées an style de Montaigne; et il dit que s’étant fait une loi de donner le livre des Essais tel que l’auteur l’a laissé, il n’a admis aucune de ces prétendues corrections de langage.
Cette édition est une des plus belles et des meilleures que nous possédions de Montaigne ( Voir à 1125 le jugement de Bastieu.)
On doit joindre à cette édition un supplément qui parut à Londres, en 1740 (voyez à 1739) sous ce titre : hi:mtso:,M aux Essais de Micusi,, seiomeub dk Momtamne. Londres , 0- Uarres et J. brindiey , 174®, in-4".
Des exemplaires de ce dernier ouvrage ont un titre différent , savoir : Mémoires pour servir
xxvij
aex Essais de Micuei., etc. , deuxième édition ; Londres, G. Darres, C. Du Hosr et J. Brindiey, 1741. Mais c’est la même dont les titres seulement ont été changés.
Ce supplément de 96 pages comprend les additions qne lit Coste à l’édition qu’il donna des Essais en 1739. Il se compose : 1° d’un avis des imprimeurs, extrait en grande partie de l’avis de Coste inséré en tête de l’édition de 1739 ; 2* de la Vie de Montaigne, par le président Bmihier; 3" du parallèle et comparaison d’Epictèle et de Montaigne, par Pascal; 4° de la Servitude volontaire, par La Boétie-, 5’ du sonnet d’Kxpilly, inséré déjà dans l’édition de Lyon, 1595, et dans celle de Paris, 1602; et d’une Note sur Arius et son pape, expression dont Montaigne s’est servi, et dont on ignorait le sens jusqu’à ce que àl. Barbeyrac en donnât l’explication.
C’est ce. supplément qui est dédié au président Boitiller, et non l’édition de 1725, comme ledit par erreur M. Beucliot à l'article Bmihier de la Biographie universelle, d’après le Dictionnaire de Cbaudon et Delandine.
39. Les mêmes , donnés sur les plus anciennes et les plus correctes éditions, augmentés de. plusieurs lettres de l’auteur el où les passages grecs, latins et italiens sont traduits plus fidèlement, et cités plus exactement que dans aucune des précédentes, avec des notes et de nouvelles tables îles matières beaucoup plus utiles que celles qui avaient paru jusqu’ici, par l‘. Coste ; nouvelle édition, plus ample et plus correcte que la dernière de Londres. Paris, par laSocitté, uneexxv, m-l“, 3 vol., titre rouge et noir , portrait gravé par Chereau, différent de celui de 1724 , portant les balances avec le Que sais-je? et les armes véritables de Montaigne. Cette édition, faite d’après celle de Londres, contient de plus qu’elle : 1- un avis des libraires par lequel ou détaille, les améliorations qu’elle présente; 2» la préface de mademoiselle de Gournay, sa dédicace à Richelieu et le sommaire de la Vie. de Moutaiguc, pièces que Coste avait cru devoir supprimer; 3" les deux épitaphes, l’une eu prose latine, l’autre en vcrsgrecs qui se lisent sur le tombeau de. àlontaigne, et une traduction île la dernière, en vers latins ; 4* Les sonnets de La Boétie qui ne se trouvaient plus dans aucune édition depuis celle de 1 588 ; 5" deux lettres de Montaigne ajoutées aux sept données par Coste ; 6° de nouvelles notes placées à la bu du troisième volume; 7" enfin des jugements et critiques de la plupart des auteurs qui ont parlé de Montaigne. Cette dernière, addition, 'qui est la plus importante, n’est pas de Caste, comme on le voit par l’avis des
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libraires; elle est probablement l’œuvre des éditeurs qui seront nommés plus loin. On a vu précédemment (1659) que cette idée était énoncée dans la lettre de Desmarest à Chapelain.
L’Avis des libraires dit, au sujet des épitaphes de Montaigne, qu’elles n'araicnt pas encore été imprimées; c’est une erreur pour l’une d'elles, car nous avons vu que l'épitaphe latine se lisait à la lin de l’édition de Pari », t017. Il dit encore que les sonnets de La Boétie ne se trouvent que dans l’édition de L’Angelier, 1588, ce qui est inexact, car ils sont insérés dans les éditions qui avaient précédé celle-là.
Cette édition, comme on le voit, n’a pas été donnée par Coste qui, malgré cela , la comptait au nombre des siennes, et l’estimait plus que celle de t72l. M. Weiss l’attribue à Gueutlette, et M. Barbier, au n° 5850 de son Dictionnaire, dit qu’elle a été dirigée par Gueullelte et Jamet l’aîné. J’ai eu l’occasion d’examiner un exemplaire dont parle M. Barbier, et qui a appartenu à M. Jamet le jeune, et j’y ai trouvé la note suivante écrite de sa main ; elle montre qu’il n’était pas aussi certain que M. Barbier de la coopération de son frère à la publication de cette édition : • Coste préférait cette édition
• à celle de Londres, quoiqu'il n'y ait pas présidé « comme à l’autre; on nomme celle-ci le Montaigne
• des dames, je crois que Gueullette et mon frère
• prirent soin de cette édition. ■
Une autre note de Jamet le jeune fait connaître qu’il avait le projet de publier une édition de Montaigne et une Vie nouvelle de cet écrivain, conjointement avec M. ***, d'après les notes qui lui avaient été fournies par Montesquieu fils et par l’abbc Bcrtin, conseiller au parlement de Bordeaux. En effet, l’exemplaire en question est chargé de notes critiques, historiques et littéraires , et on voit par le Discours dont M. de Querlon a fait précéder le Voyage de Montaigne, que Jamet le jeune possédait un grand nombre de renseignements qui le mettaient à même de tenir sa promesse.
Quelle que soit l’opinion de Coste sur cette seconde édition, elle est moins belle et généralement moins recherchée que la première, quoiqu’elle soit aussi bonne et plus complète.
Le supplément de 1710 sc joint à cette édition comme à la précédente.
Bastien, qui n’est pas toujours iudulgcnt pour scs prédécesseurs, dit que l’édition de Londres , 1724 , et celle de Paris, 1725 , outre les défauts de celle de 1659, qui n’ont fait qu’augmenter ', sont de plus imparfaites par des membres de phrases oubliés ou supprimés , comme dans les
MO Ou bC Msivirnl qu’il lift y; avoir; trouve plu» de six mille fautes.
| chapitres 17 et 21 du second livre. Quoi qu’en dise | cet éditeur, les admirateurs de Montaigne conser- > veront toujours une grande reconnaissance pour les travaux de Coste ; ses éditions généralement bonnes, ses notes trop prolixes peut-être, mais exactes, ses traductions ont popularisé les Essais, et les ont rendus accessibles à une classe nombreuse de lecteurs ; et je me fais un devoir de rapporter une note de M. Brunet, qui apprécie avec justesse ce qu’on doit^à cet estimable et laborieux commentateur : • Aux yeux de bien des gens
• Coste a le grand tort d’avoir rajeuni l’orthographe
• de Montaigne, quoique par ce moyen il ait faci-
• lité la lecture de son auteur; il est certain aussi
■ que ses éditions sont en général moins exactes
■ que celles de 1595 et 1635; cependant il y a
• donné avec beaucoup plus de soin que le précé-
• dent éditeur les noms des auteurs cités, avec une
• traduction plus fidèle de leurs passages. Les notes
■ grammaticales et explicatives qu'il a placées au
• bas des pages ne sont pas toutes bonnes, mais il
• y en a beaucoup de curieuses, et l’on a peut-être > eu tort de les écarter des éditions modernes. •
40. Les mêmes. — 3« édition de Coste , Genève ou La Haye , P. Gosse et J. Neaulme 1727, in-12, 5 vol. ; édition conforme à la précédente. — Titre rouge et noir, préface de mademoiselle de Gournav. — Jugements et critiques dont on a retranché les articles extraits de Nicolle, Scaliger, Ménage et quelques autres. — Les sonnets de La Boétie sont aux piècesadditionnelles. Costedit de cette édition qu’elle a quelques avantages sur celle de Paris.
Fournier indique une édition de Genève, 1725, en 5 vol., format in-8". Je crois qu’il y a erreur : Coste, en 1739, rappelle les éditions qu’il a données et n’indique pas celle-là. Ce serait donc une édition autre que les siennes.
ti. Les mêmes, par P. Coste; 4’ édition augmentée de la Vie de Montaigne et de nouvelles notes qui ne se trouvent point dans les 3 dernières éditions publiées en 1724,25, 27. Londres (Trévoux), J. fimrse, 1739, in-12, 6 vol., portrait gravé d'après celui de 1724. Avis de Coste dalé de 1738, indépendamment de la préface de 1724, insérée dans les 3 édit, précédentes. Le tome VI contient la Servitude volontaire, la préface de M'Uu de Gournay, sa dédicace à Bichelieu, le sommaire de la Vie de Montaigne , ses lettres, les jugements et critiques, la table analytique. Pour la première fois on trouve la V ie de Montaigne , par le président Bon hier. etlaServitude volontaire. Ce. sont ces addi
SCR MONTAIGNE
lions qii’on a imprimées l’année suivante et qui composent le supplément in-»0.
Bonne et belle édition.
Dans l’avis particulier à cette édition, Coste rapporte lesonnetd’Expilly qu’il dit avoir trouvé dans l’édition de Paris 1602 et qui, comme je l’ai dit, avait été antérieurement inséré dans l'édition de Lyon, 1595, il ajoute à cette occasion : • l’auteur de ces vers est sans doute le même que Claude Expilly, dont on trouve un éloge historique très intéressant dans le dictionnaire de Moréri • ; Coste aurait pu vérifier l’exactitude de cette supposition en compulsaut les poèmes de mrutre Claude Expilly conseiller du roi en son conseil d’état, président an parlement de Grenoble, Grenoble, P. Verdier; 1621, in-l° : le sonnet en question se trouve à la page 190.
12. Les mêmes, par P. Coste, 5‘ (dit ion, corrigée et augmentée. Londres, Nourse, 1715, 7 vol. in-12.
Edition conforme à la précédente. L’avis de 1739 est ici modifié et daté du 19 mai 1715; il fait connaître les corrections que Coste a apportées dans cette édition. Coste dit : • celle-ci sera selon toutes les apparences la dernière que je publierai ; je l’ai revue et corrigée avec tout le soin dont je suis capable. • Il pense qu’à l’aide de ces améliorations les Essais seront dorénavant aussi aisés à entendre que la Princesse de Clèves.
Cette édition est la meilleure de celles qui ont été publiées du vivant de Coste. ( Il est mort en 1717. ) C’est sur un exemplaire de cette édition que Naigeon avait écrit de sa main un grand nombre de notes marginales ; et ce qui offre souvent un rapprochement curieux , c’est que son frère a également ajouté sur cet exemplaire des notes, qui le plus souvent sont en opposition avec celles de Naigeon. Cet exemplaire appartient aujourd’hui à M. Amaury-Duval.
C’est par erreur que M. Barbier, au n» 2083 de son Diction, des anon., dit que cette édition est en 5 vol.
13. Les mêmes.— Londres (Paris), J. Nourse et Vaillant, 1751; 10 vol. p1 in-12; réimpression de l’éditiou de 1715. Jolie édition dont il y a des exemplaires en papier de Hollande, qui . suivant Brunet, sont assez rares.
11. Les mêmes Londres ( Paris ), J. Nourse et Voillanl. 1769, 10 vol. in-12, titre encadré. Edi-
| tion assez jolie, mais peu correcte; en tout semblable aux précédentes, sauf quelques retranchements dans les jugements et critiques.
15. Les mêmes.— Londres ( Paris ), Nourse et f aillant, 1771, 10 vol in-12. Portrait d’après celui de 1725, titre encadré; réimpres. des édit, précéd.
16. Les mêmes.— Genève , Jean-Samuel Cailler, 1779; 10 vol. in-12. Titre encadré, édition conforme à la précédente , et comme elle peu correcte ; contenant de plus l’Éloge de Montaigne , par l’abbé Talbert, chanoine de Besançon. Ce discours a remporté le prix d’éloquence à l’Académie de Bordeaux eu 1771, et donne à cette édition uu avantage sur les précédentes.
17. Les mêmes. — Genève , Dur U lard fils et Nouffrr, 1780; 10 vol. p- in-12. Edition d’après celles de Coste, et conforme à celle qui précède.
18. Les mêmes.— (Titre détaillé comme à l’édition de Hollande, 1659.) Amsterdam (Lyon), aux dc- P"'S 1“ Compagnie, 1781. p' in-8», 3 vol. Portraiturée le. que sais-je?, les Balances et les Armes. —Dédicace et préface de mademoiselle de Gournay —Sommaire delà Vie de Montaigne. -Sommaires et traductions aux marges. Table analytique -
L.1 préface de Montaigne fautivement intitulée comme celle de 1659. Bonne édition. ’
19. tes même». — Paris, Jean-François Jlastien 1783 ; 3 vol. avec portrait dessiné et gravé par Noël Pruneau. Cette édition a été imprimée à «ou plaires in-8«, dont 50 sur papier de Hollande et 100 exemplaires m-l-dont 25 papier de Hollande. L article Montaigne du Dictionnaire de Feller oui contient beaucoup d’erreurs sur cet auteur, dit au sujet de cette édition, qu’elle est en 2 vol., et qu’elle
ZZr ‘Z82' D,a"S lïs exemplaires sur papier de
Hollande chaque tome est divisé eu 2 vol • le se cond est précédé seulement d’un faux titre et la pagination continue de l’un à l’autre, comme dans les exemplaires en .1 vol.
Celle éditiou, dédiée - Aux milnes de Michel de Montaigne, . contient le texte seul des Essais purgé de noies et de commentaires , comme dit l’éditeur, sans la traduction des citations. Les seules additions sont un Avis du libraire-éditeur, un précis
de la vie de Montaigne et une table analytique. En marge existenldes sommaires et l’indication des auteurs cités; au chapitre 28 du livre I, on trouve les sonnets de lai Boctic. La préface de Montaigne est intitulée : A&vertitumtnt de fauteur inséré dans toutes les précédentes éditions, ce qui n’est pas exact (vov. 1595). Édition bonne et estimée à juste titre pour la correction du texte et Pexactitndc de l'orthographe ancienne ; elle esl beaucoup plus correcte que plusieurs autres du même éditeur, et ce n’est pas sans fondement que Bastion dit dans son avis : «Je peux assurer que je donne le texte le plus pur et le plus correct qui ait paru jusqu'à présent •
50. 1,t* même* , — avec les notes de M. Costa , suivis de son Blnge; nouret/e édili on, à 6'enére et à Pari*, chez Voland, u. Dec. lxxxix. — »t. Dec. xctii. 10 vol. in-12.
Les quatre premiers volumes sont de 1789, le cinquième et le sixième volumes de 1790, le septième de 1791 , et les trois derniers de 1798. Le premier volume est sur beau papier; aux volumes suivants la qualité décroît, et il est détestable dans les derniers.
Cette édition esl généralement fort incorrecte, surtout aux derniers volumes. C’est une réimpression des éditions de Coste ; elle contient de plus l’Éloge de Montaigne, par l’abbé Talbert; mais elle n’a pas de table analytique.
51. Les memes.— Paris, J.-F. Baslien, 1793, 3 vol. in-8”. Portrait. Réimpression de l’édition de 1783, du même éditeur; mais inférieure à celle-ci pour l’impression et le papier.
52. tes memes. — Pari * , Lang loi* el Gueffier, 1796, in-8", 1 vol. Portrait d'après celui de Piquet.
Les exemplaires tirés sur papier de Hollande sont fort beaux ; mais le papier ordinaire est extrêmement mauvais.
Celte édition est faite d’après celles de Basticn ,
(I) BaMkui a raison pour celte fols, mais II avait avancé la ntf inc chose en iMo do ton Millon do Roflcnn ( a vol. In-8 , 1805 )• Il ÜU ii cctlc occasion m que pour la pureté cl l’ordre du le\tc, on la dltlingucrait de toutes celles qiH ont paru depuis la inorl.de Boileau. ■» GOpeudant, m. Bcrrial-SamM‘ri\, dans sos Notices tdldiogra phiques sur lia œuvres de Boileau , numéro dit •< que c’est la plus il. testable de toutes les éditions dont II ail en coniiai&saurc, » et U en décrit .trois cent
etaqiKMite-déU* !
auxquelles môme elle ressemble par le caractère ; elle contient exactement les mêmes pièces.
Il y a des exemplaires en papier bleu.
53. Les même*. — Édition nouvelle où ne trouvent les lettres et le Discours de ta Boétie sur la Servitude volontaire, ou le Contr’wn, avec les nol«* de M. Coste. Parti , Louf*, 1801. If» vol. in-lP.— - Portrait d’après celui de Piquet. Pour épigraphe: Nnvit if ipsum. Pas de jugements ni de critiques.
Cette édition est imprimée littéralement d’après celles de Coste. C'est fa seule qui porte pour épigraphe : Nnvil te ipsum, ce qui a donné h M. le sénateur Vernier l’étrange iffée de dire que cette épigraphe se trouvait à la première édition des Essais (158u), erreur citée sans être rectifiée dans la Biographie universelle.
5t. Les memes. — Édition stéréotypée d’après le procédé de Firmin Didot.
Paris , Pierre Didot l'aine et Firmin Didot , m. i>. cccii, 4 vol. in-8° et iu-12, avec portrait. Même composition , il n’y a de différence que dans le format j il existe des exemplaires in-8° sur papier vélin.
Édition justement estimée pour la correction du texte et l’exactitude de la ponctuation, qui a été surveillée et revue parF. A. Didot l’aîné. Elle contient le texte et la préface de Montaigne, un avertissement de l’éditeur ( Naigeon ) , une copie figurée d’un Avis à l’imprimeur, écrit de la main de Montaigne, sur un exemplaire de 1588 (Voir cette date), les lettres de Montaigne, et la Servitude volontaire de La Boétie. Les sonnets de La Boétie sont supprimés , et Naigeon dit : «qu’ils ne méritent pas d’être réimprimés , parce qu’ils ne méritent pas d’être Jus. « On trouve au bas des pages la traduction des citations et l’indication des sources, les variantes du texte de cette édition avec celles de 1588 et 1595, des notes de Naigeon et un choix de celles de Coste. II n’y a ni sommaires en marge, ni table analytique.
Cette édition a eu quatre tirages plus réceuts, 1811, 1816, 1828, 1 833, (voy. ces dates).
L’avis au lecteur n’occupe pas 12 pages, comme le dit M. Brunet, mais seulement deux, puisque c’est la préface de Montaigne. L’avertissement df l’éditeur occupe 3 pages, et la copie figurée nn nombre égal, mais on a fait commencer la pagination de ces pièces préliminaires au faux titre, et c’est de la sorte que toutes ensemble elles occupent 12 pages.
Daus uu 1res petit nombre d’exemplaires on
SUR MONTAIGNE
reucontre en outre des pièces indiquées précédemment , un avertissement de Naigeon sur te caractère et la religion de Montaigne, daté du 15 germinal au X. Cet avertissement est fort rare en papier vélin, mais il en existe plusieurs exemplaires sur papier ordinaire. (Ex. papier vélin avec l’avertissement vendu 121 fr. mar. tal>. Naigeon, et 150 fr. Bozerian, 00 fr. br. F. Didot. Un exemplaire imprimé sur vélin annoncé comme unique, quoiqu'il eu existe au moins deux autres, a été vendu «ou fr. F. Didot. Brune/.)
Ce. fameux avertissement, fruit d’une imagination ardente etd’uu esprit faux et que M. Amaucy- Duval n’hésite pas à qualiiirr de honteux écrit, avait été annoncé dès 1703 dans une des notes que Naigeon ajoutai l’article Pyrrhonisme de Diderot, inséré au tome 111 de la philosophie ancienne cl moderne de l’Encyclopédie. Il f ut dès sou apparition jugé si mauvais , et il était tellement inopportun à celle époque où paraissait le concordat , que l’auteur se trouva forcé de le supprimer. Il a été reproduit dans l’édition de Desoër, sauf quelques suppressions qui portent sur des déclamations philosophiques , ou sur des discussions relatives aux éditions principales dos Essais.
Bibliographiqueinent parlant, ce commenlairc a donné lieu à une singulière succession d'erreurs; ainsi M. Brunet, et d’après lui MM. Peignot et Johannean, annoncèrent d’abord qu’il avait 73 pages. M. Labouderie releva eeite inexactitude et dit que cet avertissement n’avait que 03 pages; dans sa dernière édition, M. Brunet adopta eette correction, qui est pourtant inexacte elle-inéme. En efTet, la dernière page de cette pièce est il est vrai numérotée Ixiij* ; mais la première porte le n” v , de sorte que réellement elle n’a que 50 pages. Ainsi , les pièces liminaires d’un exemplaire complet sont paginées comme il suit : Le faux titre j-ij , le titre iij-iv, l’avertissement de l'éditeur ( celui qui se trouve dans tous les exemplaires) , v-vij, l’avis à l’imprimeur viij-x, la préface, de Montaigne xj-xij , puis vient l’avertissement supprimé dont la première page porte leu’ t, et la dernière le n" Ixiij.
Dans les ex. qui contiennent ce dernier avertissement , on • ajouté tes pages 177-82 doubles. En voici la raison ; dans tonies les éditions des Essais, au chapitre (le l'Institution des enfants, Montaigne Suppose le eus d’un disciple,, qni aime miette ouïr une fable qu'un sage pivpns, qui au son du tabou- T m qui arme la jeune ardeur de ses compaignons te destourne d une au lire qui l'appelle au jeu des basteleurs, etc. et il n'y treure aullre remède sinon qu'on le mette pastissier dans quelque bonne ville, feusl-ilfils d’un due, etc. ■ La copie de Bordeaux porte .‘Sinon que de bonne heure son gouverneur l'es-
tranglci'll est sans témoin», oh qu’on le mette postissier, etc. • A cette occasion Naigeon avait priniitivementajotiléune longue note dans laquelle on rencontre cette phrase : ■ Ce conseil, il faut l’avouer, a
• quelque chose de sévère et même de dur, comme « tous les actes de rigueur commandés dans des
• temps difficiles par la loi impérieuse dos circons-
• tances et la raison d’élat ; mais on sent d’autant
• plus la sagesse et la nécessité de cette mesure,
• qu’on a soi-même plus réfléchi, mieux observé, et
• qu’on est plus avancé dans la connaissance de
• l’homme physique et moral. • Et plus loin il «lit • qu’il pense que ce passage existait dans la eo-
• pic qu'a suivie mademoiselle dcGournay; mais
• qu’elle l’aura supprimé et que trop attentive aux
■ opinions, aux préjugés, à la voix de son siècle, ou -
• bliant la postérité, elle n’a pas osé insérer un eon-
■ seil aussi ferme, mais treséjoigné des idées reçues
• alors, et qui ue plaira pas davantage aujourd'hui « à ccs esprits vulgaires, si communs dans tous les
• temps. •
Cette note dut partager le sort de l’avertissement, et Naigeon se décida il la remplacer par une autre de la même étendue , dans laquelle il défend Sun opinion dans des termes plus mesurés. On a laissé les deux leçons dans les exemplaires complets , et c’est comme cela que les pages 177 il 182 doivent être doubles.
Je suis entré dans ces détails h cause de la rareté des exemplaires en question, cf parce qu’il m’a parti curieux de connaître l’opinion au moins très naïve de Naigeon sur ce moyen énergique d’améliorer l'espèce humaine.
Voir sur cet avertissement : les Annales littéraires et blorales, in-8”, 5« cahier, au XI. Palissot, Mêm. de littérature 1809. liait. Peignot , Répertoire des bibliographies spéciales , IKK), labouderie, Christianisme de Montaigne . Amaury- Uueul, dans l’édition de Chasscriau, 1820.
Ccltcéditiuu de 1802 est la copie exacte de l'exemplaire de la bibliothèque de Bordeaux , dont il a été parlé à 1588, et qui diflêrc eu beaucoup d’em1roils du texte publié primitivement par mademoiselle de Gouruay qu’un avait toujours suivi jusque-là. Naigeon Tait honneur îi François de Neufchllteau d’avoir découvert cet exemplaire que, suivant lui, la bibliothèque des Feuillants de Bordeaux possédait sans le savoir, et il rapporte cette circonstance Aune époque antérieure de quelques années à la révolution. Je uesais à qui appartient lapriorité de la découverte ; mais il u’élait pas possible qu'on ignorai complètement l'existence de celte copie des Essais, seulement ou u’était pas fixé sur sou plus ou moins d’importance, puisque à’apri'S M. Bcrnadau,lc nouveau dictionnaire historique l'annonçait comme, un supplément manuscrit et que M. Bernadau lui-
xxxij
mime, en faisant connaître par la voie des journaux ce précieux autographe , le considérait comme celui qui avait servi à mademoiselle de Gournay.
A l’apparition de cette édition, une controverse fort animée s’éleva entre les hommes de lettres pour savoir quelle devait être la leçon préférée. Naigeon sc fondant sur un avis à l'imprimeur , écrit de la main de Moulaiguc au verso du frontispice gravé de l’exemplaire en question, soutenait que c’était bien là celui qui devait servir de copie à la nouvelle éditiou que l’auteur projetait, et cette opinion est partagée sans restriction par M. Arnaury- Duval. Le seul moyen de décider la question, est de comparer les textes, et d’opposer l'une à l’autre, comme l’ont fait MM. Droz , Leclerc et Johauneau, les phrases qui offrent des différences. Or , il résulte manifestement de cette comparaison qu’à part un petit nombre d’exceptions, une diction plus animée, des expressions plus énergiques, des tours de phrase plus hardis se rencontrent dans l'exemplaire de 1595 ; et j’ajouterai que le choix de mademoiselle de Gournay doit être ici pris en considération. On sait qu’elle était allée en Guienne après la mort de Montaigne , et qu’elle s’était chargée de publier les Essais enrich is des Irait s de ta dernière main; peut-être avait-elle reçu quelques instructions de la famille sur la copie qu’elle devait préférer; mais dans tous les cas elle eut connaissance des deux exemplaires , puisqu’elle appelle en témoignage du soin qu’elle a apporté à l’édition de 1595 une autre copie qui reste en sa maison. La vénération qu’elle portait à la mémoire de Montaigne et l’admiration qu’elle professait pour les Essais, ne permettent pas de supposer qu’elle ait négligé de comparer les deux copies avant de choisir l’une d'elles; et sa préférence, justifiée suivant moi, est une forte présomption en faveur de la version qu’elle a suivie.
Quoi qu’il en soit, l’édition de Naigeon offre un graud intérêt pour les lecteurs de Montaigne , et c’est avec raison que M J.-V. Leclerc dit à son sujet : • L’exemplaire de Bordeaux n’est pas moins
■ précieux pour la critique ; il nous transmet fidè-
■ leincnt, dans les parties manuscrites, l’ortho-
• graphe de l’auteur, que mademoiselle de Gournay . avait trop peu respectée, et quelques heureuses
• corrections , quelques courtes phrases qui n’a- « vaientpasété transportées sur l’autre exemplaire. > Profitons de ces avantages , mais ne défigurons . pas l’ouvrage de Montaigne , pour le plaisir de
■ suivre mot à mot une copie qn’il avait lui-même » évidemment abandonnée. »
C’est ici le lieu de faire remarquer qu’à la manière dont l'indication de l’édition de 1588 est donnée uar Naigeon eu tête de l’avis à l’impri-
meur , on pourrait croire qn’elle était la sixième , tandis qu’elle est marquée cinquième , et que c’est Montaigne qui avait ajouté le premier de ces chiffres, eu égard à l’édition qu’il projetait.
— Le catalogue de la bibliothèque de M. S. Berard porte au numéro tfio un exemplaire de Montaigne. Paris , Lefèvre, 1808, petit in-8. 5 vol. Il y a probablement erreur, et c’est 1818 qui est la date véritable, car je ne connais pas d’édition des Essais publiée parM. Lefevrc avant 1818.