‹ Œuvres de Michel de Montaigne. Avec une notice biographiqueChapitre 8 sur 449 · Les mêtnes, — publiés d’après l’éditiou la plus · texte numérisé non relu

Les mêtnes, — publiés d’après l’éditiou la plus

Moktaickb.

XXXÜj

authentique par Amanry-Duval , membre de 'l'Institut. Paris , Chasseriau , 1820 à 1823, in-8«, ft vol. Portrait par Âudouin.

Cette édition fait partie d’une collection des moralistes français que devait publier le même éditeur, et dont il n’a paru que le Montaigne et le Charron.

Vie de Montaigne. Jugements et critiques de quelques auteurs connus ; extrait de l’Éloge de Montaigne, par Villemain; Notice sur les principales édifions des Essais ; dix Lettres de Montaigne ( l’éditeur a ajouté une dixième lettre aux neuf données par Coste ) ; extrait de la Théologie naturelle; la Servitude volontaire; extrait du journal du Voyage; Avis de Catherine de Médicis àcharlps IX (c’est la seule édition, jusqu’à ce jour, qui contienne cette pièce). Table des matières rédigées par M. A. D. Lourmond. Les sonnets de La Boétie ont été supprimés ; dans cette édition , on a suivi relie de Naigeon, que l’éditeur a préférée pour les raisons énoncées précédemment. En tête des chapilres on trouve des sommaires qui indiquent les matières principales qui y sont traitées. Cette addition facilite la lecture des Essais, et montre que le désordre qui existe dans cet ouvrage n’est pas aussi grand réellement qu’on serait tenté de le croire au premier coup d’œil *. I«es notes ne sont pas signées ; elles sont extraites de celles de Coste, de Naigeon, de Johanneau; M. Amaury-Du val en a joint de nouvelles qui lui sont propres, pour éclaircir les phrases obscures, donner quelques détails historiques, ou indiquer des emprunts faits par des auteurs modernes; il en a de plus ajouté un certain nombre, choisies parmi celles très nombreuses que Naigeon avait écrites en marge d’un exemplaire qu'il possède aujourd’hui dans sa bibliothèque.

Cette édition a reparu en 1827 avec de nouveaux titres.

Je ferai quelques observations an sujet de la Xe Lettre, qui pour la première fois se trouve jointe aux Essais, et dout le fac simile existe à la fin de la Notice sur Montaigne , insérée dans la Galerie française (Paris, 1821-23 in-4°, 3 vol.). Je remarque d’abord qu’une note annonce que dams cette copie on a exactement suivi l'orthographe de l’original, qui se voit d la Bibliothèque du roi. Cette assertion est inexacte : l’erreur a tenu à ce que la lettre a été copiée , non sur l’original ni même sur le fac simile, mais sur une copie qu’on trouve dans les notes de la Galerie française , et dans laquelle l’orthographe et les abréviations de la lettre de Montaigne n’ont point été conservées,

(l) le crois très bonne l'idée de ce* sommaires ; on verra à la lin de celle Notice, que je suis d'avis de leur donner plus d’extension.

r,;i. l.n meme s — uiis en français moderne , aux

a lie d’en faciliter la lecture. Ainsi Montaigne a tferit juslnnanl , seuhmant , honorablcmant, **inoçammant , |»ar un < t h la dernière syllabe, et on a partout mis un c; il lait beaucoup d abréviations, par exemple, dans les mots que je viens de citer, il écrit mqf pour nuinl, il écrit logue pour longue , mosieur pour monsieur, et la copie n’en a suivi aucune; ou verra plus loin que celte observation n’est pas sans importance. Quant à I existence de l'original de celte lettre au dépôt îles manuscrits de la Bibliothèque, j’aurais pu douter de sa réalité, car malgré, ma persévérance et les recherches faites avec une extrême complaisance par M. Paris, cette lettre n’a point été retrouvée, et les catalogues n’en font aucune mention ; mais M. Couget , qui s’est occupé avec tant de zèle et de succès de la recherche et de l imitation des autographes, et qui est auteur des fac simile de la Galerie française , ,n’a allumé avoir v«, touché et calqué lui-même la lettre originale qui fuit partie d'un volume relié intitulé Lettres françaises de dicers grands hommes. Elle lui fut indiquée par M. Méon et l’abbé Lépinc, qui lui parurent l’avoir noiivellemeut examinée. Je suis donc convaincu de l'existence de « elle pièce sans l’avoir vue, et l’examen du fac tj mile ne me laisse aucun doute sur soi» authenticité d’après la connaissance île l’écriture de Montaigne , que m'a donnée l’étude du manuscrit de ; Bordeaux *.

(0 Une circonstance remnrqunhle Ce*i que celle heure «*t signée Mot Aies s (ne), rl louics U» signatures que j’ai vue» «lo fauteur, des Essais *»nl écrite* ainsi ; Vu de la première syllabe fiant supprimé el remplace** par un trnll qui de Pf)«e porte au sommet du T. G’cM ainsi qu'est signé le tlire de t’ Histoire de Polnu/ne, par Itcrburl de Vtttetin (Pari*, W73, iu-iw), que | Hisse de il. Ai oui- Martin , et l'actak1 de lire que Montaigne ajoutait quelquefois A ses livre» (nnjcz le cl,ap. x du liv. Il ) . et qui se rencontre à celui-ci . présente encore ce tus» (pour relui do son eb.lteau*), écrit de la même manière. On trouve cette même signature ( sans a A la première syllabe ) sur le litre du précieux exeiuplairo de» C. Julii Ca'.mri.t Caimwnlar œ ( Aiitocrpia* , 1570, iu-8", avec nombreuses notes marginales et Une page entière écrite» de la main de Montaigne ) , que possède M. Partson , de même qm* sur le Cenl» giocM tiberali t d'ingwinn dn tnnocentio Ring/iieri (Bolognn, lüttl, in-4*) , qu’on voit aussi dans la I*blinlhèquc de re savant. C’est encore cette même sigualure qu’on lit sur le Tncod. liera • pu main ; Paris, II. K tienne, UiOft, in-U" ). qui fait partie de la riche collection de M. Renouant, et ce («avant ldWlograplie m’a dit qu il croyait se rappeler que la signature de Mmitaigu* était ainsi figure»» surpk-ux ouvrages Italiens dont Fun n’est plus en sa possession, el dont l’autre, <ju’i! a cité dan* te Calalntjmde ta M Nioihéque (fun nmaieur, n'e»l pas en cc moment dans sa bibliothèque de Paris ( H Caieclnuno rti Hem. OcMno âa Skria, in Havlea, IS6I, in-JM. Enfin, M. Guilbcrl de Pixérécourt possède une signature de Montaigne, qui présente cucoro celte abréviation.

D’après «•es exemple, je crois être en.druiltde Jronclurei que l’auteur des Fusil signait toujours Mutaicm: ; et celte opinion nie parait d'autaul plus probable, que nous avons vu que la fwppresfiou de l’u lui était très familière ,*«

quels on u «jouté le Discours sur l’Esclavage ( la Servitude) volontaire, par Étienne de La Boétie , publiés par A. C.alland. Bruxelles, Voglet , 5 vol. in-8'\ avec portrait.

Je n’ai pu tue procurer cet ouvrage à Taris ; j’iguorecu conséquence complètement cc qu’il est.

Ce nVst pas le premier projet qui ait été formé de traduire Montaigne en français moderne; mais c’est ht première fois qu’il ait été suivi d’uue exécution complète. Dès 1733, un anonyme inséra dans le Mercure de France (juin, pag. 127B-1307 )

que toutes les fuis que celle lettre était suivie d’un T, il la supprim ai cl la remplaçait jwr un trait ; peut-être agbsail-H ainsi pour m; distinguer des famille» du même nom qui habitaient la Guyenne, et qu’oo voit citées dan» du Verdier el dnm de Vienne ; du moins j’ai rencontré un certain nombre de Ki^nnlum* de ces pmmiuani*, la Bibliothèque royale eu possède da président de Montaigne, tout rernmmunl )ai examine chez MM. Dcfoure une Bible qui porte celle signature, et qui n’est pas (>0110 de Michel, et dans toutes la première syllalie est écrit»* sans abréviation.

C*«l id le lieu de rapiielcr la lettre datée d’OvWaus, l»B . qui parut à la vente que lit, ou l«4, to libraire (billot do» livras «le madame do Castellanc (sous ranonymede M***),et qui lut achetée 700 franc» par M.G. de P-, el |Kiis rendue comme apocryphe A son premier propriétaire. Cette pièce por- I tait pour signature Noiaüjnc, ce qui confirme encore Ffdéc que je vicia d émettre , quelle que soit d’ailleurs l’opinion qu’on ail adoptée sur son authenticité , qu’on aurait ihi attaquer par des raison* plus puissante» (jue celtes qu’on a tirée» de l'emploi du mot passeport, qui »’y rencontre, et qu’on a dit être inconnu du temps de Montaigne, puisque Foulai* a cite uue lettre du cardinal do Lorraine, antérieure IcilM de «» ans , et dan» laquelle cette expression est employée, et qu'elle Test egalement dans l'ordonnance de Louis XI sur le» postent -KM), le dois ajouter, au sujet de cette lettre, que M. Parisou, qui l’a examinée, est d’avis »|uc c'est non copie figurée ( non calquée ) d’une lettre auUæntique qui existe nu a du exister. SvO jwlicelis est. (U» personnes qui sorakmi curé ai se» de connaître les details des d baissions qu’a soulevées celte dernière Lettre, pourront consulter lé» feu t Rotons du Journal de la Librairie (mal IK54, numéros 19 ci *!2 ) , te .l'Hirrud (Us Minus de otite époque 7 le Manuel de l'Amateur d’Auimjraphts, par M. Fontaine (Paris, 1836 , îd-8,j ) , ci la brochure du meme bibliographe, sur i utilitc îles cxiUoctions auiogrnphiqués ( Paris, 183*, in-8«).

je terminerai cette digression |Nir une rem an pie (pii u’est pas sans interet . après l 'achevé de Ure, de la main de Ion laigite, à la lin de VHIstoire de Pologne précitée , lequot est daté de 1586, on voit placé entre parenthèses un chiffre 5*. que M. Auué-Martiu n très ingriiiniscineid expliqué oit le ra|>porlnnt à l'Age qu’avait alors Monlalgnr. Pu effet, imfre auteur, né le dernier février 1535 , n’avait point encore complété sa cinquante-troisième année , bien qu’il eu fut très près ; U a donc dû se donner cinquante-deux ans. Celte explication, qui paraissait Ires probable , c»l mise hors de toute contestation par Fexamen que j’ai fait des Conuucniairesde César, cites précéderoment . pnhqtoe fàcheii* rfc lire daté de juillet iîîth, est suivi du eliifîre tifc, qui hhlique précisément l’Age de Mon- I laigne A celle C|>oque. Ainsi ci* philosophe lie se rouienlail pas d'inscrire A la lin de quelque» ouvrages ieju.emeni qu'il m uraH relire en gros, comme H dit Inf-ménie, il voul.iit encore »e raptN'ler f.ige ampKt il avait porté cr jugeinent.

SUR MONTAIGNE

le projet d’une nouvelle édition desEssAts df. Mon- j taigne, faite dans rc sens. Plus lard , le chevalier | de Plassac-Méré sollicitait M. Millon «d’Aler au style des Essais de Montakînr les défauts de sou j temps, qui suivant lui ne. sont plus supportables j dans celui-ci. - Il dit qn* Aristote prit ce soin des Œuvres d’Homère , et que toi-même a essayé ce qu’il conseille, et que la traduction du chapitre De la Vanité de* paroles ne lui a pas coûté davantage qu’à le copier1 2. Bastide, qui admettait la nécessité de cette version, n employé une gronde partie de sa vie à traduire les Essais, et à composer des Observations grammaticales et critiques sur Montaigne ou d son occasion. Ces travaux ont été le sujet de communications fréquentes faites par lui à l'Académie de Berlin. On trouve une partie de ses Observations grammaticales dans les Mémoires de cette société. Plusieurs lectures du Montaigne moderne y sont mentionnées , mais on n’en rencontre pas même un échantillon ; le peu qu’on trouve des travaux de Bastide sur Montaigne dans Jes Mémoires de Berlin , rappelle, souvent la trop longue plaisanterie du docteur Mathuuasius , et n’est pas de nature h faire regretter beaucoup l’ensemble. (Je ce travail, qui est parmi les manuscrits de La Bibliothèque du roi d. M. Cbampollion. qui en a eu connaissance, m’a dit qu’il u’ofTi'ait aucun intérêt, et M. I.abmidc.rie eu a parlé dans le même sens \

La manière dont ont été exécutées jusqu’ici les diverses tentatives de version des Essais, ne donnera pas gaiu de cause à ceux qui soutiennent

(1) MsfCifiteurs de I7ï» rapportent dans lé* jngrmeiit» et rrf tiques l'extrait d’une lettre «leM.deWiwsae Méiù A M. «k* Milton «H il* l’indiquent comme étant hi JW*. J'Ipnoreoiiibont trouve cette lettre , ma U je ne l'ai pas rencontrée dans les j éditions que j'ai compilé -es d<* lettres de M. le irhevalier de jtere, l'une «le li.Hi, l’j.oln de IMW ( lien exiile une r«r «pM- je n'ai pas «mi (Mrasion d’examiner ) ,« cet auteur njiimi d'abord s**uh te nom de plaMuur fut ensuite désigné «mis relui «le chevalier «le Méré. Il appartenait du eAiê maternel 5 la maison de Bourhnn- Cotidé ; il était estimé de La nodu-foueauld. Ménage lui dédia m*s 01 t«Tv:u ions smr Injlangtie française, le père Rouhonrs fait son éloge, Pascal le«vonsullait, et Balzac avait «le l’estime pour lui. Il était de son temps /arbitre du bon air ;Hdom»a des leçons de bel-éaprit à madame de Maint chou , et on raconte que madame! «le. Usdiguicrt* lui ayant dit uu jour : « Je voudrais avoir «ie fes|irit;«» il lui réptuidii : « l.vi^z mol fai re, madame, et vous en anicz.» (Note inaiiuscnU: attribuée au marquis de Pauliuy. ) Voyez Dreux du Radier, Bibl. liiMloriqm^et crilique rfn Poitou, et les Eloges «le quelques auteurs [français, par «•Minuit Joly et Doubler , WJoo 1743 , ln-8«.

(2) Voij., sur Bastide, une note a la liste des auteurs sur Montaigne.

(X Os maïuiacrU* de Bastide sont seulement en dépôt à la Bibliothèque du roi , Jet 4 ce litre H» ne peuvent être communiqués. (.'auteur les avait légué» A cet étaljUsscmcnt à la condition qu'on les ferait imprimer. Leur étendue «t lu peu «l'in I léiéi qu'ils offrent oui détermine à refuser ce k*gs.

le principe de ces traductions dont la nécessité est «it» moins douteuse , suivant moi. Bastide prétendait qu’il fallait mettre les Essais h la portée de ceux qui ont le temps de tes lire , mais à qui le loisir manque pour les étudier. Mais dans ce système il n’y a pas de raison de s’arrêter; on commencera , comme le veut M. de Plnssac # par Oter seulement à Montaigne les défauts «le son temps , en lui laissant ceux qui lui sont propres, et «le proche en proche on arrivera à exécuter ce que voulait déjà l’anonyme de !7:i3, qui soutenait que les Essais ne sont presque plus un livre français , et que ce vieux langage est bas rl grossier. - Aussi

• dit-il, en donnant le programme de sa trnduc-

• tion , qu’elle sera extrêmement libre ; qu’il re- « tranchera ce qui lui parait contraire aux mœurs,

• et ce qui lui paraîtra peu capable de plaire ; quel- « quefois il prendra le fonds de la pensée, et il

• lui donnera un tour différent de celui dont Pan- ■ teur s’est servi ; il abrégera les histoires, et il

• les racontera à sa manière; au lien de suivre

• l’auteur dans son désordre, il essaiera de le cor-

• riger jusqu’à un certain point, de mettre un peu

• plus de suite dans ses itlées, et de les arranger

• d’une manière, sinon plus natnrdle, du moins

• pins raisonnable ; enfin , il poussera la liberté

• jusqu’à ajouter, lorsqu’il croira pouvoir le faire if agréablement et utilement pour le lecteur. » Ou pourrait penser qu’il y a exagération , si ce qui précède n’était une citation textuelle de l’auteur; et en preuve il donne la traduction faite à sa manière, des chapitres 1 , 2 et 4 du livre I, et dans ce dernier il remplace une phrase de Montaigne par six vers de Foiitcnelle !... Je le demande : où en seraient les Essais de Montaigne après une telle mutilation? La comparaison avec le vaisseau des Argonautes ne serait-elle pas audessous de la réalité? L'autorité de M. de Plassac n’est pas plus grande en celte occasion que celle de l’anonyme ; et malgré le mérite réel que lui accordent ses contemporains, on peut sans injustice mettre en doute son bon goût en cette circonstance, si on se souvient «pie le chevalier «trouvait un esprit mal fait dans Caton , et un esprit étroit dans Scipion ; qu’il faisait peu de cas des au leurs anciens, et surtout de Virgile, dont il disait que VÉnéide était ennuyeuse à périr , qu’il trouvait des choses de mauvais air dans Démosthène et dans Cicéron, et qu’Homère le rebutait souvent , etc. •

Sore!,dans la Bibliothèque française, dit, au sujet même de ces essais de traduction : • Puis-

• qu’on n’y saurait rien changer sans les rendre

• tout autre que ce qu’ils sont, il faut les laisser « dans un état qui leur a déjà acquis tant de répu-

• tation ; * et on peut appliquer à Montaigne ce que

xxxvj

disait Racine dans la préface de M ilhridate : • Je

• rapporte les paroles de Plutarque telles qu’Amyot

• les a traduites , car elles ont une grâce, dans le

■ vieux style de ce traducteur, que je ne crois point

■ pouvoir égaler dans notre langue moderue. »

On peut croire que Montaigne n’aurait pas approuvé l’excès de zèle de ses traducteurs , lui qui ordonne aux imprimeurs de suivre toujours l’ancienne orthographe (chap. 10 du liv. III).

Je crois ne pouvoir mieux terminer cette digression qu'eu citant un passage dans lequel Naigeon nie parait avoir traité cette question avec infiniment de justesse et de goût , eu reproduisant exactement des idées énoncées par Sorel : • Je ne vois

• qu’un seul moyen de rendre ce livre intelligible

• pour la plupart des lecteurs ; c’est d’y joindre

• partout un commentaire prrsque aussi long que

• le texte, ou plutôt de le traduire dans la langue

• élégante, harmonieuse et claire que Voltaire, Buf-

• fon, Diderot, d’Alembert et Rousseau ont parlée et

• écrite. On réussira sans doute à faire des Essais

• un livre agréable, peut-être même d’une utilité

• plus générale ; mais je ne crains pas d’assurer

• que eette espèce de traduction, en la supposant

• même très exacte, ce qui ne serait pas sans

• quelques difficultés, ferait très souvent perdre

• au style de Montaigne uue grande partie de sa

• précision , de son énergie , de sa hardiesse , de

• ce naturel aisé qui en fait un des principaux

• charmes, et donnerait à sou livre , qu'on ne re-

• fera pas plus que celui de Rabelais , un caractère

■ très divers , moins original et beaucoup moins

■ piquant. l.e projet de récrire dans notre langue

• les Essais ne Montaigne peut passer comme tant

• d’autres idées par la tète d’un ignorant ou d’un

■ sot, mais il n’entrera jamais dans celle d’un lec-

■ leur judicieux , instruit et d’un goût délicat et < sûr. »

On devra consulter, comme exemple de ce qu’on pourrait se permettre à l’égard du langage des Essais, les citations qu’en fait M. Labouderie dans l’ouvrage qu il a publié sur le Christianisme de Montaigne. Ce savant , à l’aide de quelques changements presque insensibles , et souvent par la seule addition d’un mot entre parenthèse, a rendu parfaitement intelligibles les passages des Essais qu’il a cités. C'est ici le lieu de rappeler que, relativement à l’orthographe de Montaigne, M. I-abouderie est d’avis que les variations qu’elle présente dans le même mot employé plusieurs fois et dans les diverses éditions autorisent à ne pas la conserver, et il dit que les raisons alléguées contre cette opinion par les derniers éditeurs n’ont pas changé sa conviction. C'est le système suivi aussi par II, Huchon dans ses éditions de Froissart.

64. Les m émet. — avec les notes de tous les commentateurs. Paris , Lefetre ( imprimé par Crapelet ), 1823, in-8.; S vol. ; portrait d’après celui de

Cette édition est une réimpression de celle de 1818, i laquelle elle est en tout conforme , si ce n’est que le titre n’annonce pas d’éditeur spécial, quoi qu’en dise M. Brunet, et qu’on n’y trouve pas l'avrrtissement que M. Johanneau avait inséré dans l’édition précitée.

Je ferai , à l’occasion de cette édition , une remarque qui sera applicable aux suivantes : c’est qu’on aurait dû, daos toutes les éditions modernes, dire avec des notes de tous les commentateurs , et non avec les notes, puisqu'il n’y a qu’un choix de chacune, et qu’aucune édition ne donne toutes les notes de tous les commentateurs.

65. Ers mêmes, — avec les notes de tous les commentateurs et précédés de l’Eloge de Montaigne, par M. Villemain ; Parit , Froment, 1825, in - 18 , 8 vol. ; portrait d’après celui de Fiquet.

Court avertissement ( non signé) de l’éditeur. — Notes de Coste, de Naigeon , d’Amaurj- Durai, d'Kloi Johanneau, de Lefèvre. — Éloge par Villemain. l’réea» de la vie de Montaigne. — Préface de Gournay. — 9 lettres. — Servitude volontaire. — Table analytique. Edition d’après celle deM. Lefèvre.

66. Les mêmes, — avec les notes de tous les commentateurs, édition publiée par J.-V. Leclerc. Pari», Lefèvre, , 1826, in -8“ , 5 vol. (imprimé par Jules Didol aîné); portrait dessiné et gravé par Dupont.

Belle et bonne édition, faisant partie des classiques français publiés par le même libraire. Aux notes de Naigeon, de Coste, d’Amaury-Duval, d’Ëloi Johanneau , l’éditeur en a joint qui lui sont propres, et d’autres extraites du commentaire de l’avocat général Servait sur les deux premiers livres des Essais.

Avertissement de l’éditeur. Discours sur la vie et les ouvrages de Montaigne. Notes et preuves. Epoques de la vie de Montaigne. Famille de Montaigne. Théologie naturelle. la Boétie. Montaigne h la cour. Château de Montaigne. Voyages de Montaigne. Mademoiselle de Gournay. Mort et tombeau de Montaigne. Détracteurs de Montaigne , admirateurs et imitateurs de Montaigne ( ces pièces préliminaires occupent 146 pages). 10 lettres. Extrait de la Théologie naturelle de Raymond Se bond. Notice sur le voyage de Montaigne. Servitude volontaire. Table analytique. Sonnets de La Boétie. La préface de mademoiselle de Gournay ne fait pas partie de cette édition. Il n’y a pas de sommaires

SUR MONTAIGNE

aux marges. Le discours sur la vie de Montaigne est 1 très peu de chose près celui que M. Leclerc lit imprimer en 1812 sous le titre d 'Eloge demessire Michel , seigneur de Montaigne. Les notes qui suivent cc discours contiennent des renseignements utiles aux personnes qui veulent lire avec fruit les Essais.

«7. Les mêmes. — Pari f, Rapilly , 1827, in-8". Nouveaux titres ajoutés h l'édition de Chasseriau, 1820.

68. Lesmêmes, — avec les notes de Coste, Naigeon, Amaury-Duval , Eloi Johanneau et antres commentateurs. Paris, Ménard et Detenne, 1827 , to vol. in-12 et in-18, avec portrait.

Cette édition fait partie de la Bibliothèque française publiée par les mêmes libraires.

Précis de sa vie. — Dédicace à Richelieu. — Grande préface de Gournay. — Sommaires en tête des chapitres. — 9 lettres. — Servitude volontaire. — Pas de table analytique.

69. IjCS mêmes. — Paris , H. Bossange , in-8» , 1828, 4 vol.; nouveau tirage de 1802.

70. Les mêmes , — édition selon l’orthographe de l’auteur, avec les sommaires analytiques et les notes de tous les commentateurs ; précédés de la préface de mademoiselle de Gournay et d’un précis de la vie de Montaigne. Paris , Tardieu Denesle, 1828 , in-8», 6 vol.

Les sommaires sont ceux de M. Amaury-Duval. La préface de mademoiselle de Goumay est précédée de sa dédicace à Richelieu. Les sonnets se trouvent ilans cette édition. Notes de differents commentateurs sans signatures,

Table analytique à longues lignes.

71. Les mêmes, —(édition compacte), collationnée sur les meilleurs textes. Paris, Furnt, L. Debure, 1830 , un vol. grand in-8», imprimé à deux colonnes. Des exemplaires de cette même édition portent la date de 1831.

Éloge par Villemain. Notes non signées. 9 lettres. Servitude volontaire. Table analytique. Notes différentes de celle de l'édition de Desocr . quoique Quérard dise que c’est uue réimpression de celte éditiou.

72. Les mêmes. Paris , Lebigre et Firrnin Didol , io-8», * vol. , portrait.

Nouveau tirage de l’édition de 1802.

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