‹ Œuvres de MirabeauChapitre 130 sur 168 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des promesses du prospectus de Ui Banque de Saint-Charles, relativement au Gouvernement d'Espofjne.

Mirabeau démontre que la Banque n'est pas indispensable à l'Espagne, parce que tout Étal peut rétablir son crédit directement, sans avoir recours aux intermédiaires. Il écrit :

Je ne sais par quelle fatalité la plupart des administrateurs ne peuvent se persuader qu'avec de l'économie on liquide un Ëtat endetté comme on rétablit la fortune obérée d'un particulier riche, mais mal-aisé. Comment aiment-ils mieux avoir recours au crédit des Compagnies ? Serait-ce parce que cette ressource leur épargne tout à coup une multitude de peines, parce (ju'elle est dans leurs mains, parce qu'en voyant l'argent qu'ils palpent, ils ne voient pas les maux qui en seront le prix, les sueurs, les larmes, le sang du Peuple qu'ils vendent?

En général, l'administration ne doit pas avoir recours pour payer ses dettes à un crédit intermédiaire : car, ou l'État a assez de ressources en lui-même, et c'est alors son propre crédit qu'il paie en croyant payer celui d'un tiers; ou il n'a pas de ressources, et alors il ne trouve de crédit

Page 1