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dans aucune Compagnie; et s'il en est une qui lui prête son crédit, c'est par des vues parliculières. Ne sait-on pas que les entrepreneurs des Compagnies, pourvu qu'ils y trouvent passagèrement quelque profit personnel, s'embarrassent peu d'exposer les actionnaires à une ruine presque certaine, et le Gouvernement à la honte de n'avoir su qu'empirer son mal?
D'ailleurs, que fait une Compagnie en s'interposant entre TÉtat et ses créanciers? Répond-elle à ces derniers de la dette de l'État? Si elle leur en répond, elle a donc contre l'État, ou par l'État, des sûretés suffisantes. Mais ces sûretés, elle ne peut jamais les avoir qu'aux dépens de ce même public à qui elle prétend garantir sa dette; car de telles sûretés ne sauraient être, sous quelque forme qu'on les envisage, qu'un véritable impôt indirect*, toujours plus onéreux qu'un impôt direct.
Ne vaudrait-il pas mieux, sans avoir recours au crédit si cher d'une Compagnie, taxer directement et momentanément le peuple, pour payer les créanciers de l'État? On aurait l'espérance alors de voir cesser l'imposition avec la dette; au lieu que la Compagnie prêteuse, intéressée à prolonger l'imposition indirecte pour prolonger son existence et ses profits, use de toules sortes de manœuvres pour retarder l'affranchissement de rEtat\
Mais, en outre de FintérêL que TÉLat a de se libérer directement, les banques ne peuvent pas tenir les promesses qu'elles contractent envers lui pour ce qui concerne la circulation et la hausse de ses billets.
1. Que produisent les entraves, mises à l'industrie générale d'une nation pour le bénéfice dune compagnie, si ce n'est moins de richesses pour la nation, et par conséquent un plus grand poid> des impôts sur elle? car le fisc veut toujours de l'argent indépen damment de toute autre considération. (Note de Mirabeau.)