‹ Œuvres de MirabeauChapitre 136 sur 168 · Pages 89 et suiv · texte numérisé non relu

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[JE LA BANQL'E D'ESPAGME St'J

Sans doute, les Gouvernements éclairés doivent hâter la grande révolution de la liberté du commerce, indépendamment même de tout système de réciprocité; puisque si chacun attendait son voisin pour marcher vers la raison, personne ne cesserait d'être déraisonnable. Et, d'ailleurs, croit-on que la nation qui rompra la première les fers diî commerce, fera un grand effort de générosité? N'est-il pas aisé de démontrer, quand on veut sortir du cercle étroit, où quelques hommes, qui ne voient queux dans l'univers, voudraient renfermer les administrations et les administrateurs; n'est-il pas, dis-je, aisé de démontrer <|ue cette nation deviendra la plus riche, la plus puissante, et qu'elle acquerra un degré de prospérité que les autres ne pourront jamais atteindre?

Mais il n'en est pas moins vrai, que dis-je? il n'en est que plus vrai, que tous les Gouvernements doivent veiller à conserver chez eux les capitaux nécessaires poury vivifier l'agriculture, le commerce, les arts et l'industrie, et surtout à empêcher que ces capitaux n'aillent se consumer chez l'étranger en folles entreprises, et sans échange de valeurs égales.

Les capitaux qui sortent d'un royaume, pour acheter des marchandises, ou des productions utiles à la nation, ne l'appauvrissent pas, parce qu'on lui en donne la valeur; mais les capitaux qu'on verse dans une banque étrangère, contre du papier et des espérances également illusoires, l'appauvrissent nécessairement'.

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