‹ Œuvres de MirabeauChapitre 138 sur 168 · LETTRE DU COMTE DE MIRABEAU A M. LE COUTEULX DE LA NORAYE · texte numérisé non relu

LETTRE DU COMTE DE MIRABEAU A M. LE COUTEULX DE LA NORAYE

Les deux ouvrages de Mirabeau sur l'agiotage lui attirèrent la haine violente des joueurs à la hausse dont il contrariait les desseins. L'un d'eux, Le C<»uieulx de la Noraye, banquier influent, a^'ent en' France de la Banque de Saint-Charles, en fit une âpre critique, publiquement, devant de Galonné, mettant ^n cause Thoimêteté <le Mirabeau et se«^ connaissances financières. Celui-ci lui répondit par une lettre virulente où, parmi des attaques personnelles, il renforce Targumentation de ses deux ouvrages discutés, avec de nouveaux calculs, et de nouvelles preuves tirées des événements.

Vous avez dit, monsieur, le vendredi 24 du mois de juin, chez un secrétaire d'Etat, en présence de vingt-cinq personnes et à un homme d'ailleurs très digne de foi, quon pouvait opposer un grand nombre de raisons ei de faits à mon ouvrage sur la Banque de Saint-Charles, et que les gens

1. Lettre du comte de Mirabeau ù M. le Couteulx de la Xoraye ■^ur la Banque de Saint-Charles et sur la Caisse d'escompte. A Bruxelles, 1785, in-8, p. 1 à 117. avec appendice et post- ^«•riptum.

Epigraphe :

Vos opibus Juiîclos conspirantesque lulissem ! • Claudiax.

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du métier nen seraient pas les dupes...; c'est du livre et non de la Banque que vous parliez ainsi'.

Mirabefiu énumère les difTérentes sortes de métier qup l'on peut exercer envers la Banque; vendeur d'action, agioteur, actionnaire, et demande à Le Couteulx duquel il a voulu parler.

Quant à nnoi. monsieur, j*ai fait mon livre pour l'utilité publique. Le métier que j'ai exercé en l'écrivant est celui de patriote français. C'est en cette qualité que j'ai porté mesregardssurlabanquedeSaint-Cliarles,sur son influence et sur celle de ses actions au milieu de nous. J'ai môme fait davantage, grâce aux vues personnelles de M. Cabarrus, j'ai eu le bonheur assez rare de servir l'Espagne autant que mon pays*.

Mirabeau se défend contre raccusation de troubler les rapports de la France et de l'Espagne, et c'est de la simple prévoyance que de craindie les effets de l'exportation des capitaux français\ Il dénonce le contrat qui lie la Bcinque de Le Couteulx à la Banque Saint-Charles, et les imprudentes concessions que la Caisse d'escompte a faites aux deux banques, grâce à son intluence; c'est entraîner un établissement de secours dans toutes les aventures de douteuses opérations financières. Sous couleur'de patriotisme, Le Couteulx défend les intnrêis de sa banque et de ses alliés, et tous les arguments qu'il donne de leur utilité sont faux : entrée en France des piastres espagnoles, facilité des lettres de change. Mirabeau sign ile à nouveau les datigers que l'agiotage, encouragé, soutenu par Le Couteulx et son groupe, peut faire courir à la Caisse d'escompte, et combien les complaisances de celle-ci envers la Banque Saint-Charles, et notamment ses avarices sur lettres de change, sans garantie de numéraire, peuvent nuire à sa sécurité. Il conclut, à propos des menaces dont il a été l'objet :

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