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tels hommes peuvent gouverner des années entières, n'est pas une invention bien merveilleuse. C'est tout simplement le résultat du despotisme qui régit par l'arbitraire, c'est-àdire, les passions et le caprice au hasard de tout ce qui en peut arriver. N'importe, ce grand mot de politirjup en impose toujours à l'imagination des hommes; ils pensent que tout est merveille, énigme et mystère dans cette science où il faut, croient-ils encore, s'élever sans cesse au-dessus des règles ordinaires du bon sens, de la justice et même de l'humanité, le tout pour le plus grand avantage des peuples, au moins si l'on en croit les éloquents manifestes et préambules d'édits de leurs pastetivs'.
Mirabeau démontre qu'aucune raison d'Etat ne lé;,'itime l'emprisonnemeiit d'un citoyen par lettre de cachet, que tout crime contre le gouvernement doit être jugé et puni suivant les lois, non en secret par l'administration.
Un crime, quel qu'il soit, doit être clairement déterminé par la loi, et avec d'autant plus de précision qu'il est plus grave: il doit être légalement constaté, publiquement puni. Eh ! qui donc est plus intéressé que les magistrats, chargés du soin de juger les citoyens, à défendre et venger l'autorité dont ils sont dépositaires, et par laquelle seule ils existent?
Je vais plus loin. Le souverain ne peut, sans la plus l manifeste des injustices, décider arbitrairement du sort I d'un citoyen accusé ou coupable d"un crime d'État ; car enfin, I c'est alors qu'il est vraiment son accusateur, sa partie et t son juge. On a vu plus haut que dans la saine théorie d'tin B gouvernement quelconque, toute infraction de l'ordre public, tout crime est une offense personnelle au souverain, puisque ceux qui paraissent moins des attentats envers lui qu'envers la nation, n'en doivent pas moins être regardés comme dirigés contre le magistrat suprême, qui n'est autre que le représentant visible du corps invisible appelé public. Il