‹ Œuvres de MirabeauChapitre 55 sur 168 · Pages · texte numérisé non relu

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est incontestable que c'est là dans la spéculation la seule existence politique d'un roi ; mais il est trop vrai que plus le prince est absolu, et plus ses intérêts sont disiincts de ceux de son peuple, ou du moins lui paraissent tels. Accoutumé à n'envisager que son autorité, ses passions, Sd famille, il se regarde comme /9rop/'îe7o?''e, et non comme mandataire; ce n'est pas la société qu'il venge en punissant un crime d'État (et si c'était elle, pourquoi se méfierait-il en cette occasion des juges ordinaires ?) si ce n'est pas la société, dis-je, c'est lui-mèrae\

Le roi n'a pas le droit de jn??er en dehors des lois et les raisons d'Élat dérivent de la tyrannie et du despotisme.

L'ignorance a fait et fera à jamais les tyrans et les esclaves. Les raisons d'état ont déguisé partout et toujours les attentats contre les nations : les coups d' Etat ont été des forfaits dans tous les siècles, et d'un bout à l'antre du globe Toute administration mystérieuae a été et sera ignorante, désastreuse, corrompue, corruptrice et tyrannique : toutes les vérités sont nécessaires et utiles aux hommes : toute erreur leur est funeste. Voilà des maximes incontestablement enseignées par la raison et l'expérience, et que tout le corps de l'histoire a démontrées san^réplique; car le passé marque si clairement ce qu'on doit attendre de l'avenir, qu'il n'y a point de secrets, dit Swift, dans le cabinet ni dans l'àme des ministres eux-mêmes. Ceux qui déguisent ou répriment ces principes, méritent plutôt des reproches que la reconnaissance du peuple, sur les maux duquel ils gémiront infructueusement, tant qu'ils ne lui apprendront pas ses droits; et je doute qu'au fond ils servent mieux leur prince que leurs compatriotes. Presque tous les tronbles qui ont agité les gouvernements ont été produits par la complication des diverses branches d'autorité dont les limites ne sont jamais assignées avec précision. Les sujets et les rois ne pourraient donc que gagner à ce qu'on introduisît plus

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