P. llo et
d'exactitude et de bonne foi dans les recherches relatives à ces objets de première importance. Le véritable but de tout gouvernement étant de réprimer les désordres particulierset de maintenir la tran^iuillité publique, l'unique base de l'autorité est l'opinion ; mais c'est à cause de cela même que ses droits et ses devoirs doivent être déterminés avec plus de soin. Cela se peut sans rien diminuer du respect que le peuple lui doit; car c'est à l'autorité légitime, tutélaire et bienfaisante qu'il la doit, et la doctrine de la résistance ne peut regarder que Taulorité évidemment usurpatrice ou tyrannique. En politique comme en religion, je ne vois pas ce qu'on gagne h dire croyez tout; car un seul point rejeté fait rejeter tout le reste. Le meilleur moyen de consolider l'obéissance ne sei ait-il donc pas de fixer les cas où elle cesse d'être un devoir? Car les esclaves n'obéissent pas; ils endurent : ce sont des êtres purement passifs. Si dans une convulsion de douleur ils deviennent actifs, c'est pour tout renverser, c'est pour s'enivrer du sang de leurs oppresseurs, et retomber dans la léthargie de la servitude. Quand toutes les âmes sont avilies et les cœurs aliénés, il peut y avoir une vaine et illusoire autorité; mais il n'y a nulle puissance réelle. Il ne faut donc attendre de la subordination que des hommes libres; mais ceux-ci ne peuvent douter qu'il n'y ait certaines circonstances où l'obéissance serait un crime; tM il est bon qu'ils ne chancellent pas dans cette recherche délicate. La doctrine de l'obéissance, sans réserve et sans exceptions, a donc cet inconvénient, pour ceux-là nième qu'elle favorise, qu'elle est absurde. Le voile a cela de danuereux pour les souverains qui l'interposent entre eux et les ppuples, que ceux-ci peuvent se méfier de tout ce qu'il couvre. Que de frivoles scrupules n'arrêtent donc jamais la plume ou la voix des philosophes, des magistrats, des citoyens Posons les maximes du droit naturel, de la justice éternelle et immuable, sans ménagement et sans réticences. Nul ne peut dans aui:un cas être légitimement condamné que par les lois, et les lois revêtues de tous les caractères d'équité et d'authenticité qui seuls les rendent obligatoires. Nul ^E peut qans aucun cas être légitimement condamné
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que par les magistrats préposés pour comparer sa conduite aux lois*.
Le chapitre VI est terminé par trois pages sur la licence et le despotisme.