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premiers : les uns et les autres ont les mêmes droits. Dépense de la magistrature, obstacle à la volonté arbitraire du roi.
Mais sous quelque point de vue qu'on envisage Tadministralion et les administrateurs ignorants ou éclairés, intègres ou corrompus, il importe infiniment à la société (|ue le droit de chaque individu soit proiégé, non par une force particulière dont l'action illégale blesse les droits de la communauté, mais par les forces réunies de cette société; c'est-à-dire en vertu du pouvoir souverain réglé par les lois, pouvoir qui, selon l'expression du sage Locke, n'est illiniitp qnp pour le hif^n public. Or, ou ne peut demander à qui que co soit, sous le prétexte du bien public, le sacrifice de sa liberté naturelle, puisque la société s'est engagée à la maintenir.
Enfin, c'est en général une maxime très fausse que celle ([ui dit : que peu importe commenl on ojièr'' le bif^n. Un auteur célèbre a écrit ces étranges paroles : Les V'-is d<^ la terre doivent êtr»' aussi retenus qu^ le loi du ciel à faire des miracles et les opérer dans la inème intention lorsquils s'y cmoient forcés [c). J'ose dire que ce principe est absurde, et cette comparaison indécente. Si le roi du ciel a jamais fait des miracles, il était certain nie ne pas se tromper dans ses vues et ses moyens : et (piel homme a cette certitude? Il n'en est point dont le génie soit assez ('tendu et les vues assez sûres pour tout prévoir. Qai s'arrogera donc le droit de s'élever au-dessus des règles consacrées par le vœu et le consentement j)ublic? Sera-ce le plus faible, le plus ignorant, le moins éclairé de tous les hommes? Celui qui est entouré d»^s passions les plus actives et les plus corrompues? Celui qui se trouve le plus éloigné de la vérité!'' iN'est-il pas évident que la cupidité des souverains et de leurs ministres ou favoris deviendra la raison d'état, et décidera de la nécessité du miragi.k? Ah! loin de nous ces applications vagues des choses célestes aux choses terrestres, qui ont créé l'Inquisition et qui ne peuvent être
'a Ayni des Hommes, t. IV. p. ',-6.
176 ŒCVRES DE MIRABEAU
utiles qu'au despotisme. Tout est réglé et fixé daus la nature, el par la loi fondamentale des sociétés humaines. La PROPHiÉTÉ décide tous les cas, borne toutes les juridictions, établit et circonscrit tous les devoirs. Nul homme n'a le droit de forcer un autre homme à faire le bien, fûtce à soi-même, pourvu qu'il ne fasse du mal à personne (a . A plus forte raison nul homme n'a-t~il le droit de contraindre un peuple à suivre d'autres lois que celles qu'il s'est faites, ou qu'il a volontairement reçues. Quand il serait possible qu'un être humain eût la certitude de l'emporter en lumières sur tous les autres; quand ses intentions seraient aussi droites, aussi incorruptibles que sou génie vaste, son jugement infaillible, et sa vue perçante, jamais cette excessive supériorité ne l'autoriserait à donner son opinion pour loi. Qu'il instruise s'il le peut; qu'il décide la velouté générale par la persuasion, ce pouvoir de tous le plus efficace, le plus légitime, et le pins flatteur; mais qu'il ne violente pas le vœu public; qu'il ne change point la législation et les formes légales à son gré, s'il ne veut être un tyran, et préparer la voie à des tyrans*