‹ Œuvres de MirabeauChapitre 85 sur 168 · Tome lli · texte numérisé non relu

Tome lli

2. Les Conle? et les Douvelles ne sont à peu de chose prés que la c(tpie de difTérent;- nr)i»ctaux prinip dans le Commet va leur. Mirabeau iTa fait qu'un hav«il <ie ie\isi(in, du lesle assez (uneux, comme l«moi^nage de ses g«ùls et d ses piocédés littnanes. Eri voici vu txMuple : Diane el Endi/vno?! firovient d'un p' ëme d'Alexaiidto Tassoni, le Sceau tnlevé (Le Conserva'eur, mais 1157, p. 91 et s.). Texte du C< nse vatevr : « Las de la latigue qu'il avait essuyée pendant le jour, En<lyuiion durmait sur un lii de gazon et de fleurs. 11 dormait, et laniis que l'air et le vent le caressaient, et tempéraient pour lui l> s ardeurs de Tété, de petits amours, descendus dans le lieu où il se livrait au repos, lui avaient ôte son cor et son carquois. S« s yeux quoique ferujés, et l'éclat de son visage Us avaient trompés, et iis i royaient voir laîné df^ leurs frères, celui qui règne sur eux à Gythèie et dans Amattionte ». La copie de Miraneau n'est pas constaoïment aussi servile.

en pluie d'or sur ses joues. Les petits amours accouraient duR air empressé, pour les écarter de son beau visage, et les rassemblaient. Les fleurs qu'ils avaient cueillies près dEndymion, prenaient sous leurs doigts mille formes charmantes. C'était une couronne qu'ils faisaient pour sa tète, c'étaient des guirlandes et des bouquets pour son sein; c'étaient des chaînes pour ses pieds et ses mains d'albâtre.

Si l'on eût comparé la pivoine ou la vermeille anémone avec sa bouche amoureuse, et les lys ou la rose avec la fraîcheur de ses joues, ses joues l'auraient emporté sur le lys ou sur la rose ; la pivoine et la vermeille anémone eussent cédé au coloris de sa bouche amoureuse. Le vent faisait silence; l'onde murmurait plus doucement, aucun souffle n'agitait les fleurs dont les gazons étaient émaillés; l'air, la terre et l'eau semblaient tous dire en se taisant : Voici l'amour qui dort.

Lorsque dans les plaines du ciel, ou le grand taureau s'allume aux rayons lumineux de tant d'astres, les filles d'Atlas, les blanches Pléiades font étinceler l'or de leur chevelure; la plus grande et la plus belle de ces brillantes sœurs, fait pâlir par sa splendeur celles qui l'environnent... Tel parmi les herbes et les fleurs de la saison, Endymion paraît au milieu des amours; quand, déjà toute environnée des rayons du soleil descendus dans les bras de Thélis, la Déesse qui nous guide au milieu des ténèbres de la nuit, tirant le rideau qui couvrait la scène" du monde, regarda les campagnes muettes et solitaires. Au moment où elle répandait sur les violettes la rosée et la fraîcheur, ses yeux s'arrèlèrent sur l'endroit où dormait Endymion... un désir curieux s'empare de son àme, et elle descend du ciel...

Les amours disparaissent épouvantés à l'aspect de la Déesse; et Diane se croyant seule avec un jeune homme qui dormait, presse moins ses pas, s'arrête et regarde; le souvenir de sa virginité réprime sa hardiesse; la curiosité et la pudeur la tiennent en suspens ; déjà elle a fait un pas pour se retirer; mais la beauté d'Endymion la rappelle.

Diane sent bientôt passer de ses yeux dans son cœur un feu qui s'empare de son àme, où il fait naître le désir; elle

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s'approche peu à peu, mais tant, qu'enfin elle s'assied à côté 'lu berger. Là, des Heurs que les petits amours avaient, en -0 jouant, tressées de mille manières, Diane couronne son Iront, elle en pare son sein... Déesse, que faites-vous! c'est lin poison, c'est un feu dévorant que vous y portez!

Les fleurs attirent la main, la main attire les l)aisers : Diane en imprime de brûlants sur les joues du bel Endymion, sur ses yeux, sur sa poitrine... et c'est avec une telle ardeur, ses lèvres ont tant de peine à se détacher, que le jeune berger s'éveille en sursaut. Ebloui de la majesté qui rayonne sur le visage de la Déesse, il reste tremblant de respect et de crainte; il veut se lever pour se prosterner à ses pieds ; mais la Déesse l'arrête et le relient embrassé, u Beau dormeur, dit-elle, que crains-tu? que regardes-tu? je suis Diane que l'amour, lo hasard et le destin conduisent ici. J'y viens reposer avec toi sur ce gazon. Ne te (rouble point, ù charmant mortel! assieds-toi; songe seulement à cacher dans Fombre et le silence de la nuit, lardeur que je te fais connaître, ou crains la l'olère d'une divinité puissante. »

— « 0 vous qui êtes l'œil du monde, vous sur qui s'imprime le flambeau du >oleil, belle Phœbé, lui répond Endymion, je ne suis qu'un simple berger; mais si vous daignez signaler sur moi votre puissance, et me tirer de la condition des mortels, soyez assurée de ma foi pure et sincère; je ne cesserai de brûler pour vous; et ce voile blanc, que mon père Etiio donna autrefois à ma mère Galice, vous sera un gage de ma constance ".

En disant ces paroles il détache un voile blanc brodé de perles, dont ses épaules étaient couvertes, et le présente à la belle Déesse. Toute crainte est sortie de son cœur que l'amour enflamme ; ce n'est plus une divinité qu'il voit ; c'est son amante; et comme une fleur, qui languit au premier souffle de Borée, il se laisse tomber dans les bras de la fille de Jupiter.

La vigne ne serre pas si étroitement l'ormeau son infertile mari, et le lierre tortueux n'embrasse pas le pin avec plus de vigueur, que ces amants, consumés de désirs, se pressent dans leurs bras. Leurs langues dardent des traits enflammés

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qui pénètrent leurs cœurs, mais dont l'annour adoucit la blessure; paroles, regards, baisers, soupirs, caresses, enlacements volupteux, tout les assure d'une ardeur mutuelle, et les enivre de délices que connaissent seuls les amants heureux... La Déesse lève au ciel ses beaux yeux, accuse les astres et leséléments de l'erreur où elle a étéjusqu'alors, et reo:rette ces jours trop longs qu'elle a perdus à la poursuite des bêtes sauvages, au lieu de les consacrer à l'nmour. « Insensée que j'étais, dit-elle! quelle erreur m'égara le jour oîi je pris lare et m'enfonçai dans les bois! combien d'années consumées à ce pénible exercice, qui ne renaîtront jamais pour moi !ô courses folles et inutiles! ô moments sans nombre que j'ai peidus sans fruit! qu'il eût bien mieux valu pour moi suivre l'amour, que les habitants des forêts!... maintenant hélas! je connais ma faute; je voudrais la réparer; mais le cruel Destin s'y oppose... Tavenir me reste seul ; il est du moins en ma puissance. Gardons-nous d'avoir encore à regretter une perte si précieuse ! Profitons de tous ces moments si rapides... Mais que l'air et la terre et la mer entendent ce que j'ai résolu ! Que la loi que je vais prononcer exerce son pouvoir sur moi et sur mon sexe, aussi longtemps que le soleil fournira sa carrière!.. Je veux, J'ordonne que sous le ciel qui est en ma puissance, jamais une femme douée de quelque beauté, ne consente à passer sa vie sans connaître l'amour, sans ouvrir son cœur à cette douce passion. Toutes celles qui se vanteront désormais d'être insensibles, trahiront la vérité, ou tairont les mépris dont elles seront les victimes. »

LES HOMMES DE PROMETHÉE. — 4 4^ Cokte.

Ju|)iter, vainqueur des Titans, était maître paisible de l'Univers, et les audacieux enfants de la Terre, consumés par b'S foudres célestes, ou enchaînés dans le Tartare, ne troublaient })lus le repos des Innnortels; le reste des Titans échappés aux Dieux, errait tristement sur la Terre affligée

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(le leur défaite. Prométhée, l'un rrentr'eiix, promenant sa vue sur le sommet du Caucase, et de là découvrant les contrées fertiles et désertes de l'Asie... a Quoi ? dit-il, parce que !ious avons voulu conquérir les Cieux, la Terre reslera-t-elle veuve et solitaire?... Osons venger son injure. Presque tous mes frères sont tombés : eh bien? n'escaladons plus le ciel, nous succomberions encore, mais devenons les rivaux des Dieux; imitons leur puissance et leurs œuvres, et donnons des habitants au monde. »

Il dit, et conçut Tidée de l'Homme. Aussitôt il prend une terre vierge, qui relient encore des semences célestes; il détrempe celte argile pure dans l'eau des fleuves, et modèle l'Homme d'après les Dieux mêmes. L'ari;iif\ docile sous ses doigts, devient compacte et solide, souple et fibreuse, selon que l'ordonne Prométhée. Les parties inflexibles composent les os; les éléments humides et terrestres s'étendent, et forment ce tissu merveilleux qui couvre et enveloppe le corps humain. L'Homme paraît. La majesté de son port, sa tête élevée vers le ciel, semblent désigner le maître de l'Univers. Près de lui l'on aperçoit la Femme, la Femme, ce chef d'œuvre admirable de grâces et de beauté. Jamais couple ne fut plus différent et plus semblable. L'un semble formé pour la méditation et le courage ; l'autre pour la douceur et les grâces; celui-là pour le travail et l'amour; celle-ci pour le plaisir et l'amour. Le regard imposant de l'un, son front majestueux, paraissent lui donner quelque supériorité. Ses cheveux semblables à l'hyacinthe, et fièrement annelés. se séparent sur son front-: la chevelure de l'autre, longue, éparse. ondoyante, tombe comme un voile jusqu'au bas de sa taille élégante et déliée.

L'ébène de ses tresses flottantes se recourbe en mille nœuds, et vient ombrager un front d'ivoire, où naissent des sourcils qui se terminent par un arc imperceplil)le; des paupières noires couronnent ses yeux qui brillent d'une humide flamme; le lait n'est pas plus blanc que sa peau délicate, où le sang reflète sa pourpre et son éclat; son sein, qui bientôt palpitera sous la main de l'amour, ressemble

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deux touffes de lys, où la rose va séchapper du bouton; Pandore est enfin le modèle de la beauté. Mais ces deuxadmirables ouvrages sont encore inanimés comme le marbre et l'airain; il faut leur donner le sentiment. le inouvement, la vie. le souHIe divin, (jui n'appartient qu'aux Dieux.

L'audacieux Prométhée ose monter jusqu'à l'Olympe, et y dérober une portion ,de ce feu céleste qui est l'àme de i'Univers. Il revient avec son précieux larcin; mais avant que d'approcher le feu divin de ces deux masses de terre, il les sépare, et les place en deux endroits différents, pour mieux jouir du spectacle qu'ils vont lui donner, en passani du néant à l'être, et surtout du moment de leur réunion.

Alors il les anime et les rend vivantes ; toute leur âme se peint sur leur visage, et leurs sensations se manifestent. Quel instant de joie et de trouble, que celui où l'Homme sent pour la première fois son existence ! Il ne sait ce qu'il est, où il est, d'où il vient. Il ouvre les yeux : la lumière, la voûte céleste, la verdure de la terre, le cristal des eaux. tout l'occupe; tout lui donne un sentiment de plaisir ; son creur nage dans la joie; il croit dabord que tout est en lui et fait partie de lui-même.

L'Homme tourne ses regards vers l'astre du jour ; son éclat le blesse ; il ferme involontairement la paupière; une légère douleur se fait sentir daiis ce moment d'obscurité; il croit avoir perdu presque tout son être.

Aflligé. frappé de terreur et de surprise, l'Homme entend lout-à-coup des sons ; le chant des oiseaux, le murmure des airs, forment un concert, dont la douce impression le remue jusqu'au fond de l'àme; il écoule longtemps, et se persuade que cette harmonie est en lui. Occupé tout entier de cette nouvelle existence, il oubliait déjà la lumière, lorsqu'il rouvrit les yeux. Quelle joie de se retrouver en possession de cette autre partie de son être ! Il fixe ses regards sur mille objets divers quil peut d<''truire et reproduire à son gré. en ouvrant ou fermant la paupière. Un air léger dont il sent la fraîcheur, lui apporte des parfums délicieux. Agité par tant de sensations, pressé par le plaisir d'une si grande

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existence, il se lève toul-à-coup, et se sent transporté par une force inconnue.

L'Homme ne fait qu'un pas, et sa surprise est extrême; il croit que son existence le fuit. Le mouvement qu'il a fait ;i confondu tous les objets ; il s'imagine que tout est en <lésordre. Il porte la main sur sa tête, touche son front, ses yeux, et parcourt son corps. Sa main, qui lui donne des sensations distinctes et complètes, lui paraît alors le principal organe de son existence ; il s'aperçoit que celte faculté de sentir est répandue dans toutes les parties de son être; il s'examine longtemps, se regarde avec plaisir, suit sa main de l'œil, observe tous ses mouvements.

En marchant, la tête levée vers le ciel, il se heurte contre un palmier; saisi delîroi, il porte la main sur ce corps étranger, il s'en détourne avec une espèce d'horreur, et connaît pour la première fois, (pi'il y a (juelque chose hors de lui. Alors il aperçoitdescrcaturesqui vivent, qui marchent, qui volent; il voit des niontagnes, des vallées, des bois épais, des ruisseaux (jui fuient en murmurant, il est transporté d'un si beau spectacle.

Tant d'expériences qui le conduisent de surprise en surprise, tant d'incertitudes, de sensations et de mouvernenls, le fatiguent; ses genoux fléchissent, il s'assied. Cet état de tranquillité donne de nouvelles forces à ses sens. Il se reposait à l'ombre d'un bel arbre; des fruits d'une couleur vermeille descendent en forme de grappe à la hauteur de sa main; il s'en saisit : une odeur délicieuse l'engage à les approcher de ses yeux pour les observer mieux; le fruit se trouve près de ses lèvres; il goûte à longs traits les plaisirs de l'odorat; sa bouche s'ouvre pour exhaler cet air t'uibaumé dont il est intérieurement rempli; elle se rouvre pour en reprendre. L'Homme sent qu'il possède un odorat intérieur plus fin, plus délicat que le premier; enfin il ;^^oùte. Quelle saveur ! quelle nouveauté de* sensations !" Jusque-là l'Homme n'avait eu que des plaisirs, le goût lui donne le sentiment de lu volupté ; il croit que la substance de ce fruit est devenue la sienne, et qu'il est le maître de transformer les élres. Il cueille un second, un troisième

fruit, ef ne se lasse pas d'exercer sa main ponr satisfaire son fjoùl ; mais une langueur agréable s'emparant peu-à-peu de tous S(*s sens, appesantit ses membres, et suspend l'activité de t-on àme. Ses y(^ux se ferment; sa tête penche pour trouver un appui sur le gazon; tout s'efface, tout disparaît; la trace de ses pensées est interrompue; il perd ie sentiment de son existence; il dort... '.

Cependant que faisait la belle Pandore?

La douce lumière vient, pour la première fois, ouvrir ses j^eux étonnés; elle se trouve mollement couchée sur un tapis de verdure, émaillé de fleurs, à l'ombre d'un bostjuet. Elle ignore qui elle est, où elle se trouve, comment elle existe ; elle entend le murmure d'un ruisseau qui sortait dune grotte voisine; son onde répandue formait une plaine limpide, et sa tranquille surface représentait la pureté des cif'ux... Ce lut là que Pandore porta ses premiers pas ; elle s'incline sur ces rives ondoyantes, et se regarde dans ce cristal qui semble un ai.tre ciel. En se penchant, elle aperçoit une figure qui se penche aussi vers elle; Pandore r<cule en tressaillant, cette figure tressaille et recule; un charme secret la rapproche, le même charme l'attire. Fie bel (jbjet qui n'était que son image, laurait retenue plus louiitemps, si l'Homme sorti de son sommeil, n'avait jiorté s«'S pas vers elle. P;indore l'aperçoit; il lui semble beau et majestueux, mais d une beauté moins douce et moins nltrajîinteque celle de limage tugitive qu'elle avait vue dans les ondes. Un léger saisissement la fait reculer à sa vue*. L'Homme qui voit une forme semblable à la sienne, la prend pour un autre lui-même... Quelle surprise ! loin d'axoir rien p^rdii pt-ndant qu'il a cessé d'être, il croit s'être doublé; mais non, ce n'est pas lui ; c'est plus que lui ; c'est mieux que lui; il se trouve tout en elle ; ses regards inspirent à son cœur

1. Celte histoire succii.cte des premiers mouvements, des premièies sensations, des premiers jugements duo homme qui, doué d'oigaii.s parfaitement actievés, s'eveiHeiait tout neur pour luimiiie et |.i.ur tout ce qui l'environne, est extraite du célèbre et iinmottel Butïon. Nou« n'y avons fait que les chanf/ements uécessaires p.. r .'adapter à notre situation. (Noie de Mirabeau.)

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un sentiment inconnu ; il croit que son existence va changer <le lif'u, et passer tout entière à celte seconde rnoilié Je lui-même; il l'appelle; il la suit; « arrête, belle Pandore, ah! que crains-tu! De joindre un antre toi-même? » Sa main saisit tendrement la main de Pandore, qui s'écrie à son tour : « Quels sons ont frappé mon oreille, et pénétré mon cœur? Où suis-je? Qui suis-je? 0 toi, que je vois seul ici semblable à moi, toi qui doubles le sentiment de mon existence, n>s-tu pas une partie de moi? »

Elle dit, et l'incarnat de son teint elTace les plus vives couleurs de Taurore. L'Homme enflammé d'amour, la presse dans ses bras, il s Hit Pandore s'animer sous sa fnain; il la voit prendre de la pensée dans ses yeux; il puise dans les siens un»' nouvelle source de vie; il aurait voulu lui donner tout son être; et cette volonté vive et brûlante achève son existence; THomme sent naître un sixième sens; il la conduit au berceau nuptial. La voûte est un tissu de lanrieis, de niyrtlies et d'arbrisseaux odorants, dnnt le lenillage tonne un couvert épais. De tous côtés l'acanthe et mille buissons embaumés palissadenl le mur verdoyant. Les branches, l'iris nnancé (le superbes couleurs, les roses, le jasmin et mille autres fleurs élèvent leurs têtes euibaumées Sons les pieds, le salran, les pensées, les violettes, rasphcxlèle et fhyacinthe émaillent la terre et leur servent de couche; la terre tressaille; les oiseaux redoublent leurs concerts; les zéphirs nnirmurent plus tendrement, et secouent de leurs ailes légères les roses, et les parfums des ai-hris-eaux! Dans cet instant Taslre du jour sur la fin de sa fourbe éteignait son flambeau ; le couple heureux s'a|»erçiit à peine qu'il perdait le sens de la vie; il existait trop pour craindre de cesser d'être '.

1. Ces contes parurent dabor.l en 1"80, pir les soins d»- Roiir her. Recueil de Conies^ deux partie-^, Londres, 1180, in-8. Epig aplie : -Vec sil cjuid •lim lusil Anacreon Delevit aelas.

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