‹ Œuvres de MirabeauChapitre 93 sur 168 · Texte en note marginale · texte numérisé non relu

Texte en note marginale

des législations, ne fùt-elle pas vraie, peu importerait encore la diversité des maximes spéculatives de chaque citoyen, pourvu que dans la pratique il fût soumis- aux institutions de la société dont il est membre. Eh! quel homme ne suit pas tous les jours des coutumes peu d'accord avec ses opinions et ses principes pour se conformer aux usages reçus, sans que cette contradiction entre ses démarches et sa façon de penser trouble lui-même ou les autres?

[Suivant les auteurs les plus orthodoxes ', la loi et la raison sont 'les grâes suffisantes pour produire les vertus des plus sages du paganisme. Quel souverain pent exiger ou même désirer davantage de ses sujets I Quelque prince ambitionne-t-il une puissance plus grande que celle des Romains? Malheur à celui qui voudrait seulement l'égaler! Espère-t-il commander à des hommes plus justes qu'Aristide? plus sages que Socrate? plus dévoués à leur pays que Caton? Les mœurs des anciens étaient-elles moins pures que les nôtres? leur patriotisme moins sincère et moins ardent ! qu'on compare leurs beaux jours à nos beaux jours, leur corruption à la nôtre, Ton trouvera les mêmes révolutions produites par des événements tout semblables, les mêmes causes suivies des mêmes effets. On trouvera de plus que la religion n'y a qu'un rapport éloigné. Cest la sagesse du gouvernement ou sa démence qui décide des Etats et des peuples, c'est à la morale, c'est aux mœurs, c'est aux lois qu'il faut rapporter la prospérité ou les désordres de la société humaine ".]

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