Addition marginale
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aux philosophes des invectives mille fois répétées; mais en vérité Ton croit assez généralement que leurs suggestions ont plus souvent égaré du sentier de la juslice, qu'ils n'y ont conduit '.]
Que si l'on répond que les hommes s'écartent souvent de leurs principes et qu'ils font le mal, sachant bien qu'ils le font, cette objection tournera contre ceux-là même qui la proposent; car il est certain que la religion ne possède pas une force tellement réprimante que la société n'ait pas encore besoin des lois pour le maintien du bon ordre, jusqu'ici les choses restent donc égales; je prouverai bientôt qu'elles le sont moins que l'on ne pense, et que l'avantage est du côté des sectateurs de la morale naturelle; il me suffit maintenant de tirer de ce qui précède celte conséquence incontestable en faveur de la tolérance.
Si l'hypothèse de l'existence d'une première puissance qui est le fondement commun de toutes les religions, peut être suppléée par le sentiment naturel, l'instruction et les lois, à combien plus forte raison est-il indifférent que les citoyens suivent tels ou tels» cultes, puisque ces cultes portent tous sur un dogme qui n'est pas nécessaire à l'organisation de la société?
Et de ce corollaire si évident et si simple qu'il se prouve par sa propre exposition naît cette autre conséquence qui n'est ni moins vraie ni moins frappante : si la tolérance est sans inconvénient pour des religions dilîérentes, à combien plus forte raison pour les différentes sectes d'une religion?
Je ne sais par quels sophismes on obscurcirait la vérité de cette assertion : qu'il ne peut être nuisible à la tranquillité publique que chacun suive son jugement en matière de doctrine, pourvu que sa conduite soit parfaitement subordonnée aux lois. Je n'ai rien ajouté à la force de ce principe en observant que tous les hommes ont la même morale, au moins dans les points essentiels à l'ordre public ; car cette opinion, sur laquelle est fondée la justice et la force