ACTE II. SCENE III. i
Cette gloire étoit sans seconde ; L'éclat s'en répandoit jusqu'aux deux bouts du monde; Tout ce qu'il a de rois sembloient faits pour m'aimer; Tous leurs sujets me prenant pour Déesse,
Commençoient à m'accoutumer
Aux encens qu'ils m'offroient sans cesse. Leurs soupirs me suivoient,sans qu'il m'en coûtât rien; Mon ame restoit libre en captivant tant d'ames ;
Et j'étois, parmi tant de flammes, Reine de tous les cœurs , et maîtresse du mien.
O ciel! m'auriez- vous fait un crime
De cette insensibilité?
Déployez-vous sur moi tant de sévérité , Pour n'avoir à leurs vœux rendu que de l'estime;
Si vous m'imposiez cette loi , Qu'il fallût Haire un cboix pour ne pas vous déplaire ,
Puisque je ne pouvois le faire ,
Que ne le faisiez- vous pour moi?
Que ne m'inspiriez-vous ce qu'inspire à tant d'autres Le mérite, l'amour, et Mais que vois-je ici ?
184 PSICHÉ