ACTE IL SCENE IL
Ou vous accompagner jusques au monument.
Que peut-on se promettre après un tel oracle ?
Un oracle jamais n'est sans obscurité ,
On l'entend d'autant moins,que mieux on croit l'entendre,
Et peut-être, après tout, n'en devez-vous attendre
Que gloire et que félicité.
Laissez-nous voir, ma sœur, par une digne issue, Cette frayeur mortelle heureusement déçue,
Ou mourir du moins avec vous, Si le ciel à nos vœux ne se montre plus doux.
Ma sœur, écoutez mieux la voix de la nature , Qui vous appelle auprès du Roi.
Vous m'aimez trop, le devoir en murmure,
Vous en savez l'indispensable loi.
Un père vous doit être encor plus cher que moi. Rendez-vous toutes deux l'appui de sa vieillesse ; Vous lui devez chacune un gendre et des neveux ; Mille rois , à l'envi , vous gardent leur tendresse ; Mille rois, à l'envi, vous offriront leurs vœux. L'Oracle me veut seule , et seule aussi je veux
Mourir, si je puis, sans foiblesse , Ou ne vous avoir pas pour témoins toutes deux, De ce que, malgré moi , la nature m'en laisse.
ifoa PSICHE.
AGLAURE
Partager vos malheurs, c'est vous importuner.
J'ose dire un peu plus, ma sœur, c'est vous déplaire,
Non. Mais , enfin , c'est me gêner , Et peut-être du ciel redoubler la colère.
AGLAURE
Vous le voulez , et nous partons.
Daigne ce même ciel , plus juste et moins sévère, Vous envoyer le sort que nous vous souhaitons ,
Et que notre amitié sincère , En dépit de l'Oracle et malgré vous , espère.
Adieu. C'est un espoir, ma sœur, et des souhaits Qu'aucun des Dieux ne remplira jamais.