‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 130 sur 433 · ACTE IV. SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCENE III

P SIC HÉ

Seigneur , vous me désespérez.

l'amour.

Pensez-y bien ; je puis encor me taire, p s 1 c H É.

Faites- vous des sermens pour n'y point satisfaire?

l'amour.

Hé bien, je suis le Dieu le plus puissant des Dieux,

Absolu sur la terre , absolu dans les cieux ;

Dans les eaux,dansles airs, mon pouvoir est suprême:

En un mot, je suis l'Amour même , Qui de mes propres traits m'étois blessé pour vous; Et, sans la violence, hélas! que vous me faites, Et qui vient de changer mon amour en courroux,

Vous m'alliez avoir pour époux.

Vos volontés sont satisfaites;

Vous avez su qui vous aimiez ; Vous connoissez l'amant que vous charmiez ;

Psiché , voyez où vous en êtes.

Vous me forcez vous-même à vous quitter ; Vous me forcez vous-même à vous ôter

Tout l'effet de votre victoire. Peut-être vos beaux yeux ne me reverront plus. Ce palais, ces jardins, avec moi disparus, Vont faire évanouir votre naissante gloire.

Vous n'avez pas voulu m'en croire ;

Et pour tout fruit de ce doute éclairci, Le Destin, sous qui le Ciel tremble, Plus fort quemon amour,que tous les Dieux ensemble, Vous va montrer sa haine , et me chasse d'ici.

( V Amour s'envole , et le jardin s'évanouit. )

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