‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 190 sur 433 · ACTE IL SCENE IX. 3iï · texte numérisé non relu

ACTE IL SCENE IX. 3iï

ARISTE

Allez, c'est se moquer. Votre femme, entre nous,

Est , par vos lâchetés , souveraine sur vous.

Son pouvoir n'est fondé que sur votre foiblesse ;

C'est de vous qu'elle prend le titre de maîtresse;

Vous-même à ses hauteurs vous vous abandonnez,

Et vous faites mener en bête par le nez.

Qu oi! vous ne pouvez pas, voyant comme on vous nomm e $

Vous résoudre une fois à vouloir être un homme ,

A faire condescendre une femme à vos vœux,

Et prendre assez de cœur pour dire un ,je le peux :

Vous laisserez, sans honte , immoler votre fille

Aux folles visions qui tiennent la famille ;

Et de tout votre bien revêtir un nigaud ,

Pour six mots de latins qu'il leur fait sonner haut,

Un pédant qu'à tout coup votre femme apostrophe

Du nom de bel esprit et de grand philosophe ,

D'homme qu'en vers galans jamais on n'égala,

Et qui n'est, comme on sait, rien moins que tout cela.

Allez , encore un coup, c'est une moquerie ,

Et votre lâcheté mérite qu'on en rie.

CHRIS ALE

Oui j vous avez raison, et je vois que j'ai tortj Allons, il faut enfin montrer un cœur plus fort, Mon frère.

ARtSTE,

C'est bien dit.

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