‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 254 sur 433 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

' Ne servent pas de rien. La grossière et bonne Martine ne fait ici que la faute qu'on trouve dans une comédie de l'académicien Boisrobert , intitulée la Folle Gageure , et jouée en i65i , scène seconde.

Et le tems qui nous reste à demeurer ici

Ne sauroit pas mieux être employé qu'en ceci.

SUR LES FEMMES SAVANTES. £efi SCENE VIL

* Le bon sens de Chrisale est admirable dans cette scène 5 le tour qu'il y prend pour adresser à Belise, sa sœur , tout ce qu'il n'ose dire en face à sa femme , est de son caractère, et d'un comique excellent. Voilà les hommes peints d'après la vérité. C'est à de pareilles contradictions qu'on reconnoît la nature. Le ridicule de sa pusillanimité s'asr socie avec la force du jugement le plus sain.

Raisonner est l'emploi de toute ma maison ,

Dit-il ,

Et le raisonnement en bannit la raison-.

Vers étonnant pour sa précision comme pour sa force ? et qui peut servir d'épigraphe à l'histoire de notre siècle. C'est ce même Chrisale qui annonce M. Trissotin qu'il nous peint d'un seul trait.

On cherche ce qu'il dit après qu'il a parlé.

7 Un esprit composé (P a tomes plus bourgeois. On trouve dans le Carpentariana que ce trait est une imitation de ce que disoit Ne'oclès de son frère Epicure^ que lorsqu'il fut conçu , la nature rassembla dans le ventre de sa mère tous les atomes de la prudence. On n'a point fait cette remarque pour appuyer l'observation du sieur Charpentier , mais pour avertir qu'il a eu tort de mettre ce mot dans.

la bouche des précieuses , et qu'il falloit dire des femmes savantes,

Page 1