SCENE IV
4 C'est à cette scène que commence le développement du caractère admirable de Chrisale. La sotte fatuité d'un mari , qui , dans l'absence de sa femme , veut qu'on la croye soumise à son autorité , et qui devient , en sa présence , foible , tremblant et pusillanime , étoit un des tableaux les plus heureux et les plus vrais qu'on pût ofïrir sur la scène comique. Plus d'un des successeurs de Molière en ont offert la contre-épreuve avec succès. Une des dernières est celle de Géronte dans le Méchant , aussi petit devant sa sœur que Chrisale devant sa femme.
Le spectateur ne tarde guère à s'appercevoir que le bonhomme s'est vanté , en disant qu'il répondoit de sa femme pour le choix du mari de sa fille f lorsqu'il le voit , à la scène sixième du même acte , ne pouvoir soutenir sa servante chassée par cette même femme , dont l'oreille a été blessée par l'impropriété cPun mot sauvage et bas.