ACTE I. SCENE IX. Z
Vous pouvez encore contracter un grand nombre d'obligations , non suspectes , au profit de divers créanciers qui prêteront leur nom à votre femme , et entre les mains de laquelle ils mettront leur déclaration , que ce qu'ils en ont fait n'a été que pour lui faire plaisir. Vous pouvez aussi , pendant que vous êtes en vie , mettre entre ses mains de l'argent comptant , ou des billets que vous pouvez avoir payables au porteur.
BÉLINE.
Mon Dieu ! il ne faut pas vous tourmenter de tout cela ! S'il vient faute de vous , mon fils , je ne veux plus rester au monde.
AR g A N.
Ma mie.
BÉLINE.
Oui , mon ami , si je suis assez malheureuse pour vous perdre. . .
AR G A N
Ma chère femme.
BÉLINE.
La vie ne me sera plus de rien.
ARG AN
Mamour.
Et je suivrai vos pas pour vous faire connoître la tendresse que j'ai pour vous.
ARG A N
Ma mie , vous me fendez le cœur. Consolezvous , je vous en prie.
M. de bonnefoi à Béllne.
Ces larmes sont hors de saison , et les choses n'en sont point encore là.