‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 366 sur 433 · ACTE II. SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE II. SCENE VI

CLÉ AN TE

Dieux, rois, qui sous vos pieds regardez tout le monde, Pouvez-vou3 comparer votre bonheur au mien? Mais , Philis , une pensée Vient troubler ce doux transport , Un rival , un rival ....

A N GÉL I QUE.

Ah ! je le hais plus que ^a mort ; Et sa présence , ainsi qu'à vous ?

• M'est un cruel supplice.

CLÉANTE

Mais un père à ses vœux vous veut assujettir.

ANGÉLIQUE

Plutôt , plutôt mourir , Que de jamais y consentir ; Plutôt , plutôt mourir , plutôt mourir.

Et que dit le père à tout cela ?

CLÉANTE

Il ne dit rien.

Voilà un sot père que ce père-là , de souffrir toutes ces sottises-là sans rien dire !

CLÉANTE voulant continuer à chanter.

Ah ! mon amour. . . .

Non , non : en voilà assez. Cette comédie-là est de fort mauvais exemple. Le berger Tircis es*, un impertinent ; et la bergère Philis une impudente de parler de la sorte devant son père, (à Angélique.} Montrez-moi ce papier. Ah , ah ! où sont donc les paroles que vous dites? Il n'y a là que de la musique écrite.

CLÉANTE

Est-ce que vous ne savez pas, Monsieur , qu'on a trouvé , depuis peu , l'invention d'écrire les paroles avec les notes même ?

ARGA N

Fort bien. Je suis votre serviteur , Monsieur ; jusqu'au revoir. Nous nous serions bien passés de votre impertinent opéra.

CLÉANTE

J'ai cru vous divertir.

Les sottises ne divertissent point. Ah , voici ma femme !

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