ACTE II. SCENE VII
BÉLINE.
Si j'étois que de vous , mon fils , je ne la forcerois point à se marier; et je sais bien ce que jo ferois.
ANGÉLIQUE
Je sais , Madame , ce que vous voulez dire , et les bontés que vous avez pour moi ; mais peutêtre que vos conseils ne seront pas assez heureux pour être exécutés.
C'est que les filles bien sages et bien honnêtes , comme vous , se moquent d'être obéissantes et soumises aux volontés de leurs pères. Cela étoit bon autrefois.
ANGÉLIQUE
Le devoir d'une fille a des bornes , Madame ; et la raison et les lois ne l'étendent point à toutes sortes de choses.
BÉLINE.
C'est-à-dire , que vos pensées ne sont que pour le mariage ; mais vous voulez choisir un époux à votre fantaisie.
ANG ÉLÎQUE,
Si mon père »e veut pas me donner un mari qui me plaise , je le conjurerai , au moins, de ne me point forcer à en épouser un que je ne puisse pas aimer.