‹ Œuvres de Molière. Avec des remarques grammaticales, des avertissemens et des observations sur chaque pièceChapitre 369 sur 433 · ACTE II. SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE II. SCENE VII

BÉLINE.

Si j'étois que de vous , mon fils , je ne la forcerois point à se marier; et je sais bien ce que jo ferois.

ANGÉLIQUE

Je sais , Madame , ce que vous voulez dire , et les bontés que vous avez pour moi ; mais peutêtre que vos conseils ne seront pas assez heureux pour être exécutés.

C'est que les filles bien sages et bien honnêtes , comme vous , se moquent d'être obéissantes et soumises aux volontés de leurs pères. Cela étoit bon autrefois.

ANGÉLIQUE

Le devoir d'une fille a des bornes , Madame ; et la raison et les lois ne l'étendent point à toutes sortes de choses.

BÉLINE.

C'est-à-dire , que vos pensées ne sont que pour le mariage ; mais vous voulez choisir un époux à votre fantaisie.

ANG ÉLÎQUE,

Si mon père »e veut pas me donner un mari qui me plaise , je le conjurerai , au moins, de ne me point forcer à en épouser un que je ne puisse pas aimer.

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